Fondation 30 Millions d'Amis

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Interview

Reha Hutin : « Le droit animalier est une discipline universitaire incontournable »

Reha Hutin évoque les avancées du droit animalier. © Christian Malette

L’université de Limoges a été la 1ère en France à mettre en place un DU* de droit animalier, en partenariat avec la Fondation 30 Millions d’Amis. Le succès de la session 2016 a conduit à la mise en place d’une session supplémentaire du 16 au 27 janvier 2017. Reha Hutin, présidente de la Fondation, revient sur cette initiative.

30millionsdamis.fr : La Fondation 30 Millions d'Amis est partenaire du premier DU français en droit animalier de la faculté de Limoges. Pourquoi ?
Reha Hutin : La Fondation 30 Millions d’Amis travaille sur cette thématique depuis de nombreuses années. Pour mémoire, lorsque nous avons lancé 30 Millions d’Amis à la fin des années 70, nous parlions du magazine des « droits de l’animal et des devoirs de l’Homme ». C’est vous dire que ces notions sont au cœur de nos préoccupations depuis l’origine. Notre société est ainsi faite que l’amélioration du bien-être des animaux passe – en partie – par l’évolution du droit animalier. L’actualité nous en donne des exemples tous les jours. Les grandes victoires de la Fondation 30 Millions d’Amis en matière de protection animale l’ont été par des avancées législatives significatives. Il était donc primordial que ce pan du Droit soit enseigné en France et je me réjouis qu’il le soit en partenariat avec la Fondation 30 Millions d’Amis. C’est à la fois logique et symbolique.

Depuis, d’autres universités ont emboîté le pas : Strasbourg, Aix-en-Provence…
RH : Rien de surprenant ! Et je me félicite de ces initiatives, en espérant que très rapidement l’ensemble des universités proposent cet enseignement. Le droit animalier est incontestablement devenu une discipline universitaire d’avenir incontournable.

 

La cause des animaux n’est en rien une sous-cause !

Quel est l'apport du Droit par rapport aux débats de société ou philosophiques en matière de respect des animaux ?
RH : Je crois que les uns et les autres sont interdépendants. Lorsque la Fondation 30 Millions d’Amis a travaillé à la modification du régime juridique de l’animal dans le Code civil, nous avons vu à quel point l’appui des intellectuels a été crucial. Aujourd’hui, la demande sociétale concernant le respect des animaux est très forte. C’est à nous, organismes de protection animale, de nous en faire l’écho et le relais. Mais le Droit est primordial. Car s’il ne peut changer à lui seul les réalités les plus sordides, il est le moyen le plus adapté pour les faire évoluer durablement dans une direction plus respectueuse des animaux.

Le statut des animaux dans le droit français est-il satisfaisant ?
RH : Ce qui est certain c’est que depuis que la Fondation 30 Millions d’Amis est parvenue à faire modifier leur statut juridique dans le Code civil en 2015, ils ne peuvent plus être assimilés de près ou de loin à des meubles ! Cette réforme est absolument capitale et tout défenseur sincère des animaux ne peut que s’en réjouir. Mais que l’on se comprenne bien : ce que nous avons obtenu n’est en rien un point d’arrivée victorieux, mais au contraire, un point de départ ambitieux. Le débat juridique a été déverrouillé et c’est une excellente chose ! Je suis persuadée que dans un futur plus ou moins proche, les animaux bénéficieront d’une catégorie « sui generis ».

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Aujourd’hui, certains pensent qu’il n’y a pas lieu de s’occuper des animaux tant il y a matière à s’occuper des Hommes…
RH : Je ne m’inscris absolument pas dans cette dichotomie dans laquelle d’aucun voudrait nous enfermer. Il faut que chacun prenne conscience qu’à travers les animaux nous nous occupons aussi des hommes ; nous partageons cette terre et nos destins sont liés. Améliorer le sort des uns ne se fait pas au détriment des autres donc quel reproche pourrait-on bien nous faire ? Sur ce point, relisons nos écrivains comme Hugo, Voltaire ou Zola… Notre cause n’est en rien une sous-cause ou une cause annexe ! Par ailleurs, la Fondation 30 Millions d’Amis n’a jamais opposé l’homme à l’animal, bien au contraire. Quand nous créons avec l’Ordre de Malte une péniche qui accueille les sans-abri avec leur animal de compagnie, quand nous favorisons l’intégration des animaux auprès des personnes âgées dans les maisons de retraites ou auprès des malades en milieu hospitalier, j’ai sentiment que nous œuvrons dans le bons sens.
 
Du point de vue des lois de protection animale, comment se situe notre pays ?
RH : Beaucoup a été fait en France. Je suis fière du travail accompli en 40 ans. Mais je sais aussi que beaucoup reste à faire, sur le plan législatif notamment : faire interdire l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, imposer le recours aux méthodes substitutives pour en finir avec l’expérimentation animale, obtenir la fermeture des élevages d’animaux pour la fourrure sur notre territoire… Sur certains points, d’autres pays sont en avance il faut le reconnaître. Mais je note avec satisfaction que sur le statut juridique de l’animal, le Québec s’est récemment inspiré de la France et de l’action de la Fondation 30 Millions d’Amis. Et la Belgique pourrait suivre d’ici peu

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  1. emmanuelle.sejourne@yahoo.fr0 25/01/2017 à 22:06:38

    Une étape essentielle qui n'aboutira à des évolutions concrètes que si le respect des animaux est enseigné aux enfants et imposé aux lobbys de l'exploitation animale