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Maltraitance

Les challenges avec animaux sur les réseaux sociaux : une forme de maltraitance animale

Les réseaux sociaux sont malheureusement encore le théâtre de maltraitances envers les animaux. Capture d'écran youtube.

Les réseaux sociaux mettent de plus en plus en avant des vidéos dans lesquelles des animaux sont mis en scène, sans considération pour leur bien-être ou leur dignité. Sans relever d’actes de cruauté au sens propre, ces ‘’challenges’’ sont cependant facteurs de souffrance pour les animaux visés. Il est possible de lutter contre en ne donnant pas de visibilité à ces contenus. La Fondation 30 millions d’amis appelle donc à la vigilance et aux bonnes pratiques.

Côté pile et côté face… Certes, les réseaux sociaux permettent parfois les belles histoires. Ou donnent l’occasion à des maîtres aimants de montrer le lien qui les unit à leurs animaux. La Fondation 30 millions d’amis s’en fait régulièrement l’écho.

Malheureusement, ils participent également à une course au buzz. Des selfies pris avec la faune sauvage captive, souvent maltraitée à la diffusion d’actes de cruauté, la liste est longue des conséquences sur les animaux de la popularité de ces réseaux. Au point d’ailleurs que certaines plateformes concernées sont intervenues. Le législateur a même dû agir pour réprimer spécifiquement l’enregistrement et la diffusion de sévices sur des animaux.

Des vidéos faussement amusantes

 

Ces vidéos cachent en réalité une vraie souffrance animale.

Sarah Jeannin, docteure en éthologie.

Plus récemment, un nouveau phénomène a fait son apparition, notamment sur le réseau social « tiktok ». Il s’agit de mettre en scène son animal dans une séquence vidéo censée « amuser ». Cela peut être en lui faisant peur par des moyens incongrus (poser un concombre au sol pour effrayer son chat ; émettre des sons inhabituels pour apeurer son chien, etc.) ; poser une tranche de fromage à tartiner sur la gueule d’un chat, ce qui lui fera adopter une expression « désopilante » ; rouler son petit félin dans un tapis ; affubler son chien ou son chat de divers accoutrements…

Si elles peuvent paraitre innocentes, ces pratiques s’analysent en réalité comme de la maltraitance, même s’il est probable que les individus qui les mettent en scène et les diffusent n’ont généralement pas conscience de l’impact sur l’animal ‘’victime’’. Dans une interview pour le site Konbini, l’éthologue Sarah Jeannin affirme que si ces vidéos peuvent faire "rire, sourire, elles cachent en réalité une vraie souffrance animale". Elle explique en effet que dans ce type de contenus, le langage corporel des animaux soumis à ces situations exprime un stress intense. Ainsi, des chats tétanisés par la fameuse tranche de fromage, ou qui partent paniqués face à un concombre…

 

Certains animaux développent une attitude résignée.

Sarah Jeannin, docteure en éthologie.

Elle ajoute que si ces interactions entre un humain et son animal se répètent trop souvent, le stress peut devenir chronique, de sorte que l’animal sera profondément traumatisé, et même « méfiant vis-à-vis de son maître, voire des humains en général ». La chercheuse souligne d’ailleurs que dans certaines de ces images, on peut voir des animaux « qui prennent sur eux, développant ce qu’on appelle une impuissance apprise, qui explique leur attitude résignée » ce qui est un signe manifeste de traumatisme. « Le Parisien », qui a consacré un article sur la question, rappelle de son côté que de ces stress répétés peuvent naître anxiété chronique et dépression.

Le diktat de l’algorithme

Des vidéos qui atteignent malheureusement parfois des sommets en termes de vues (dans une fourchette comprise entre un et plusieurs millions de vues), encouragées par le fonctionnement des algorithmes des plateformes concernées : chaque ‘’vue’’ leur permettant d’être mieux référencées. Par ailleurs, il s’agit souvent de ‘’challenges’’, c’est-à-dire de séquences appelant ceux qui les visionnent à les reproduire chez eux pour les poster à leur tour sur leurs réseaux. Autrement dit, tout est fait pour encourager les créateurs de ces contenus à continuer, comme sont encouragés ceux qui les regardent à les imiter. C’est ce que l’on appelle un cercle vicieux. Alors même qu’associer ces pratiques à des mauvais traitements n’est pas forcément évident de prime abord.

Il est donc essentiel de ne pas offrir de visibilité à ce type d’images en les partageant ou en les commentant. Mieux, ne pas les visionner. Mieux encore, les signaler, et ‘’concurrencer’’ ces vidéos en en proposant d’autres, centrées sur le lien affectif qui unit l’homme à l’animal. Plus ce contenu sera mis en avant, moins les séquences néfastes pour les animaux auront d’audience, car les vidéos ‘’feel good’’ les remplaceront dans les tendances (‘’ trends’’) favorisées par le fameux algorithme.