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Débat

Les chasseurs « représentants de la ruralité » ? Un argument rejeté… par les ruraux !

De plus en plus de Français rejettent les abus de la chasse, y compris dans les zones rurales. /©Adobe Stock - shocky

Après s’être autoproclamés « premiers écolos de France » dans une campagne de communication, les représentants des chasseurs de France s’auto-désignent à présent comme les « défenseurs de la ruralité ». Une définition qui ne satisfait pas bon nombre de nos concitoyens… dont de très nombreux ruraux ! 30millionsdamis.fr fait le point.

Les chasseurs, défenseurs de la ruralité ! Voilà ce qui semble être le nouvel axe de communication de la Fédération nationale de la chasse par la voix de son président, Willy Schraen, et de certains chasseurs. Mais rien ne prouve que le monde rural soutient le million de chasseurs pratiquants en France.

77% des soutiens au RIP Animaux viennent des zones rurales

Ce serait même plutôt le contraire ! Les sondages successifs démontrent un ras-le-bol des Français, y compris dans les zones rurales, face au sentiment d’impunité des chasseurs. Récemment, un sondage Ifop * (15/07/2020) a même révélé que parmi les 73% de Français soutenant le Référendum d’initiative partagée (RIP) pour les animaux (dont la fin de la chasse à courre et du déterrage de renards et de blaireaux est l'une des 6 propositions), 77% viennent des zones rurales

« Suivant les sources et le placement de la frontière entre nos deux mondes, nous les ruraux, représentons entre 20 et 23 % de la population française, avance l’agronome haut-viennois Christophe Gatineau dans Le Goupil, magazine de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages). Alors, les chasseurs représenteraient 6 % (de ces 23 %, NDLR) de nous s’ils étaient tous de vrais ruraux. Mais si l’on retranche les dormeurs et les citadins, le chiffre tombe probablement à 4 % voire moins. C’est ce que l’on appelle une minorité non représentative. »

Sur le terrain, une véritable lassitude s’installe face à ce qui est perçu comme des « privilèges » réservés aux chasseurs. La Fondation 30 Millions d’Amis reçoit régulièrement les messages et les appels de riverains s’indignant des abus de la chasse près de chez eux. Défenseurs de la cause animale ou non, certains ont accepté de témoigner pour 30millionsdamis.fr.

« Une véritable imposture »

A Valaire, petite commune du Loir-et-Cher, la maire Catherine Le Troquier avait pris un arrêté pour interdire le déterrage de blaireaux avant de subir le courroux des lobbys cynégétiques et agricoles (13/9/2019). L’arrêté a, depuis, été suspendu puis annulé mais l’élue continue de dénoncer les arguments de certains chasseurs : « La chasse n’a rien à voir avec la ruralité, balaye l’édile. C’est une véritable imposture. Tout le monde sait que beaucoup de chasseurs ne sont même pas ruraux ! Chez nous, en Sologne, une majorité vient de la région parisienne pour s’adonner à leur loisir en enclos. »

 

Il faut arrêter de faire croire que les habitants des zones rurales sont pro-chasse, c’est le contraire ! 

Catherine Le Troquier - maire de Valaire (41)

Dans sa commune, Catherine Le Troquier a d’ailleurs pris une décision saluée par ses administrés : rendre le bois à ses habitants. « Les gens sont heureux de pouvoir se promener sans craindre de prendre une balle perdue, souligne la première magistrate de la commune. Il faut arrêter de faire croire que les habitants des zones rurales sont pro-chasse, c’est le contraire ! » Comme la maire de Valaire, de nombreux responsables politiques n’hésitent plus à pointer du doigt l’argumentaire fallacieux des chasseurs.

« Il y a 13 millions de ruraux en France, 1 million de chasseurs, et parmi eux une grande partie sont des urbains, qui ont une résidence secondaire et un permis de chasse, a critiqué le député européen écologiste Pascal Canfin sur France Inter (18/8/2020). En aucun cas on ne peut considérer que la chasse serait représentative de la ruralité dans son ensemble. »

Accidents, insécurité, nuisances… Le ras-le-bol des habitants en zone rurale

Autre problème, la majorité des (trop) nombreux accidents liés à la chasse ont lieu en zone rurale. Avec souvent des conséquences dramatiques. Un chat éventré par un piège de chasse à Divion (62), un chasseur tirant sur un Pinscher en laisse devant son maître dévasté à Bompas (66), un berger suisse revenu chez lui avec plus de 50 plombs au niveau de la tête à Sigalens (33) ou encore un berger allemand tué avec une arme de chasse à Saint-Nazaire (30)…

 

Nous avons déjà eu des tirs sous nos fenêtres à 7 heures du matin. Ce n’est pas normal !

Julie - Habitante d'Éguilles (13)

« Il y a un vrai sentiment d’insécurité quand on se promène, peste Julie, habitante d’Éguilles (13) dont le chat Cookie est rentré avec 7 plombs et l’œil droit touché. Certains chasseurs s’approprient les territoires. Ils peuvent même chasser près des habitations sans être inquiétés. Tous nos voisins ont peur de laisser leur enfant dehors. Nous avons déjà eu des tirs sous nos fenêtres à 7 heures du matin. Ce n’est pas normal ! » Si Cookie a eu la chance de s’en sortir, l’affaire a été classée sans suite et la Fédération de chasse n’a pas pris la peine de présenter des excuses à la famille…

Au-delà des accidents ou des actes de cruauté sur des animaux de compagnie, le sentiment d’insécurité est partagé par de nombreux Français vivant dans les campagnes. C’est notamment le cas à Pont-Sainte-Maxence, dans l’Oise, où la pratique cruelle de la chasse à courre dérange les habitants chaque week-end… « C’est insupportable, s’énerve Dominique, une riveraine*. Tous les voisins en ont marre. A chaque chasse à courre, ils bloquent la rue, ils font risquer des accidents. Sans parler de ces pauvres animaux qui viennent se réfugier dans des jardins ! On a l’impression qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent. »

Pour le photographe animalier Adrien Favre, qui vit dans un petit village du Doubs (25), les simples promenades comme les escapades photographiques sont même devenues compliquées. « En période de chasse, c'est vraiment difficile d'être serein, raconte ce spécialiste des animaux sauvages. Rien que la semaine passée (22/11/2020), il y avait des chasseurs partout, ça criait. Je reçois de nombreux messages de personnes qui subissent des désagréments liés à cette activité. La plupart des abus de la chasse sont dans les zones rurales. Alors dire que la chasse représente la ruralité, c'est absurde. »

Un argument marketing et politique

 

Désormais, l'usage de la ruralité n'est plus le monopole des chasseurs.

Allain Bougrain-Dubourg - Président de la LPO

En réalité, l’analogie entre chasse et ruralité tiendrait davantage de la rhétorique politique… que de la réalité. En brandissant cet argument, Willy Schraen induit que les chasseurs ont une influence électorale non négligeable, ce qui lui garantirait la sympathie du pouvoir, du président de la République Emmanuel Macron à celui du Sénat, Gérard Larcher. « Constatant que c'est le président de la République qui gère les questions cynégétiques, ce dernier semble avoir la conviction qu'avec de telles décisions, il gagne le soutien de la ruralité, s’étonne Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue protectrice des oiseaux (LPO) dans une interview accordée à 30millionsdamis.fr (14/9/2020). Or, notre pays compte 13 millions de ruraux pour un million de chasseurs, dont l'écrasante majorité vit en ville, se rendant à la campagne pour chasser. Les "néo-ruraux", eux, sont des gens qui quittent la ville, le plus souvent pour trouver une meilleure qualité de vie. Ces gens-là n'ont pas l'obsession du fusil ! Désormais, l'usage de la ruralité n'est plus le monopole des chasseurs. La nature appartient à tout le monde : randonneurs, vététistes, cueilleurs de champignons et bien d'autres encore… »

L’approche des chasseurs semble d’autant plus fantaisiste qu’à longueur des sondages, les Français, dans leur ensemble, condamnent les abus de la chasse. Plus de 8 Français sur 10 (82%) demandent a minima que le dimanche devienne un jour non chassé, un souhait en augmentation de 28 points en dix ans (Baromètre 2020 - Fondation 30 Millions d’Amis-IFOP) ! 79% des habitants de communes rurales émettent le même souhait. 

Quant à la chasse à courre, elle est condamnée par 76% des sondés qui se prononcent pour son interdiction, dont 71% dans les communes rurales. Et ce ne sont pas les récents scandales autour des dérogations au confinement (nourrissage de sangliers en dépit d’une circulaire ministérielle, régulation se terminant par un repas collectif…) qui arrangeront l’image de la chasse et de ceux qui la pratiquent aux yeux des Français, citadins ou ruraux !

* Étude Ifop pour Caniprof réalisée par questionnaire auto administré en ligne du 15 au 16 juillet 2020 auprès d'un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine.
Avertissement : l'Ifop rappelle que les résultats de cette enquête doivent être interprétés comme une indication significative de l'état des rapports de force actuels dans la perspective d'un hypothétique scrutin référendaire. En aucun cas, ils ne constituent un élément prédictif des résultats le jour du vote.

*Ce nom a été modifié pour préserver l'anonymat de la personne interrogée.

Commenter

  1. amabicho 04/12/2020 à 16:33:42

    Je crois que maintenant il faut faire du ”prefet bashing” sur ceux qui annulent les décisions des maires qui prennent des interdictions de chasse sur leur commune.

    Et utiliser l'argument électoral auprès des députés  de l ' Assemblée  Nationale. Il manque encore des signatures d'élus  au Referendum pour les animaux, dans tous les partis. Les Marcheurs, sIls veulent conserver leur siège, et les Verts, qui en veulent d'avantage, seraient bien avisés d'y réfléchir.

  2. kenzoamour 03/12/2020 à 23:44:50

    Abolition de toutes les chasses !!! les animaux sont aussi des êtres vivants et sensibles !!

  3. gavroche69 03/12/2020 à 08:07:20

    @ POUGUY :

    Ça c'est une excuse souvent évoquée par les chasseurs, mais là où ça coince c'est qu'il y a pas mal d'élevages de sangliers pour que les "gentils chasseurs" puissent se faire plaisir.

    Pas mal de ces sangliers d'élevage sont relâchés directement dans la nature (souvent de façon parfaitement illégale). Cela ne concerne d'ailleurs pas que des sangliers, il y a plein d'autres animaux (notamment des volatiles) qui sont élevés juste pour que les flingueurs puissent flinguer à leur aise.

    Alors désolé mais l'excuse de la soi-disant régulation c'est bien souvent une belle fumisterie.

    Voir cet article parmi tant d'autres sur ce sujet :

    www.leparisien.fr/societe/le-terrible-elevage-des-animaux-sauvages-28-11-2018-7955652.php

  4. murgod@outlook.com 02/12/2020 à 20:08:03

    Tous les prétextes sont bons pour aller tuer. STOP THAT. [***]

  5. Bandy86 02/12/2020 à 17:52:30

    Tant que certains charognards de chasseurs ne respecteront rien je demanderai d'interdire toutes sortes de chasse.

    Le fait de chasser n'est pas de réguler la nature c'est un acte de cruauté, il y a d'autres moyens pour ça.

    La chasse de maintenant me dégoutte de plus en plus et pourtant je viens d'une famille de chasseur.

  6. nous pour eux 02/12/2020 à 13:55:32

    Ca me répugne et je préfère ne pas commenter !

  7. camisha 02/12/2020 à 13:04:04

    Les chasseurs et le gouvernement une belle arnaque. Ras le bol des c******s et de leurs fusils.

    Mais ne parlons pas des écolos, une belle arnaque aussi!!!!

    Vivement les élections. 

  8. pouguy 02/12/2020 à 11:50:22

    attention, un chasseur n'est pas unique pour tuer les animaux, ils les régulent aussi, ça beaucoup de gens ne le savent pas, car certaines personnes ralent à propos de la chasse aux sangliers, mais quand ces animaux viennent détruire leur pelouse, là ils sont bien content de trouver les chasseurs en leur disant qu'ils ne font pas leur travail. c'est comme tout le reste comme les policiers par exemple en ce moment pas mettre tout  le monde dans le meme panier

  9. gavroche69 30/11/2020 à 10:55:49

    @ CHERI-BIBI :

    Il faut lire ce qui est mentionné...

    Ici il est question de chasses très particulières telles la chasse à courre, le déterrage des blaireaux et renards et autres joyeusetés du même genre. Beaucoup voudraient aussi l'interdiction de la chasse le dimanche, histoire d'avoir plus de chances de cueillir des champignons plutôt que de se prendre des plombs dans la tronche.

    Il n'est donc pas question d'interdire complètement la chasse.

    Personnellement je serais totalement pour tant cette tradition n'a plus aucun sens dans un pays comme le nôtre où il n'est nul besoin de chasser pour survivre.

    Il m'est arrivé une fois de croiser un chevreuil lors d'une balade, il s'est arrêté quelques secondes, on était à quelques mètres l'un de l'autre, il m'a regardé et il a tranquillement continué son chemin.

    Je ne comprendrais jamais que l'on puisse tuer un tel animal (ou n'importe quel autre) juste pour le plaisir de tuer.

    Car oui, c'est bien uniquement le plaisir de tuer qui motive les chasseurs dans un pays comme le nôtre, tout le reste n'est que du blabla à la schraen et à la dupont moretti, ces gus qui considèrent que les anti-chasse et les anti-corrida sont des fascistes...

  10. Cheri-Bibi 28/11/2020 à 21:06:28

     


    Le journal le  Point  a fait le 22 août 2020  un Sondage toujours accessible en ligne :

    A La question posée : Faut il interdire la chasse oui ou Non ?

    Un total de 151 177 internautes ont exprimés leur opinion .

    -90 214 Internautes ont répondu : Non .
    Soit 59,7 pour cent des réponses exprimées .

    - 60963 internautes ont répondu : Oui .
    Soit 40 ,3 pour cent des réponses données .

    Avez vous un tel sondage récent pour étayer vos propos? Et pour infomation , je vis juste dans la Nature 

    depuis ma naissance et suis un Rural .