Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Débat

Des chasseurs autorisés à nourrir les sangliers pendant le confinement en dépit d’une circulaire ministérielle !

Le préfet de l'Aisne a autorisé les chasseurs à nourrir les sangliers dans le département, nonobstant l'interdiction ministérielle. ©AdobeStock

Dans l’Aisne, la préfecture a autorisé les chasseurs à recourir à l’agrainage du gibier. Pourtant, la ministre de la Transition écologique et solidaire l’avait expressément proscrite au début du confinement ! La Fondation 30 Millions d’Amis demande au préfet de ce département de se conformer aux recommandations ministérielles et d’interdire cette pratique.

521 chasseurs du département de l’Aisne continuent de nourrir les sangliers… en plein confinement ! Ces actions, révélées par l’Œil du 20h (France 2, 18/11/2020), ont été autorisées par la préfecture de l’Aisne. Elles n’en sont pas moins contraires à la circulaire prise par le ministère de la Transition écologique au début du confinement.

Interrogée par BFM TV, la Présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis, Reha Hutin, évoque la pratique de l'agrainage.

Un arrêté pris en totale contradiction avec la circulaire ministérielle

Par un arrêté du 5 novembre 2020, le préfet de l’Aisne a suspendu l’agrainage pendant la période de confinement, tout en admettant des dérogations ! Celles-ci sont délivrées « sur demande des détenteurs de plan de chasse » et subordonnées à « la rédaction d’une attestation de déplacement dérogatoire »… fondée sur la participation à des missions d’intérêt général !

Or, quelques jours plus tôt, une circulaire ministérielle du 31 octobre 2020 interdisait la pratique d’agrainage du gibier pendant le confinement. Une interdiction justifiée par « l’absence de forte sensibilité vis-à-vis des cultures », laquelle ne justifierait, en tout état de cause, une quelconque dérogation au confinement. Autrement dit, en plein hiver, les cultures n’étant pas menacées, il est inutile de nourrir les sangliers.

L’agrainage, une pratique qui favorise la prolifération des sangliers

 

Agrainer les sangliers pour justifier de l’utilité de les tuer ou de les « réguler », c’est la stratégie du pompier pyromane.

M. Rubin - ASPAS

Interdire l’agrainage d’hiver - pratique controversée qui consiste à nourrir le gibier - est d’autant plus indispensable qu’il favorise la prolifération des sangliers : « Il peut contribuer à l’augmentation de leur population, confirme Gérard Bedarida, président de l’Association nationale des chasseurs de grand gibier, au micro de France 2C’est pour cela qu’il a été interdit cette année ».

Et pour cause, « En 1975, il y avait 50 000 sangliers abattus, contre 700 000 aujourd’hui : leur présence s’est accrue. Les chasseurs se présentent comme ceux qui vont résoudre le problème ; or, avec l’agrainage consistant à nourrir les sangliers pour les détourner des champs, ils en multiplient le nombre, déclarait Benoît Thomé, Président d’Animal Cross, sur 30millionsdamis.fr, à l’occasion de la sortie d’un rapport dénonçant les exactions de la chasse. Cette technique leur sert à entretenir ce qu’ils appellent un « capital gibier » : un stock d’animaux à tuer ». « Agrainer les sangliers pour justifier de l’utilité de les tuer ou de les « réguler », c’est clairement la stratégie du pompier pyromane, fustige de son côté Madline Rubin, directrice de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Il est urgent de faire cesser cette mascarade ! »

Interpellée sur l’arrêté du préfet de l’Aisne par L’œil du 20h, la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, Bérangère Abba, a indiqué que celui-ci devrait apporter un correctif. La Fondation 30 Millions d’Amis enjoint la ministre à faire cesser cette pratique au plus vite.