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Politique

Bien-être animal : où en sont les promesses d’Emmanuel Macron à mi-mandat ?

Entre ce qu'il a promis aux associations de protection animale et ce qu'il a réalisé, Emmanuel Macron (ici à l'Elysée avec son chien Némo) est encore loin du compte... /©Flickr-Jacques Paquier

Consulté par le collectif AnimalPolitique – dont fait partie la Fondation 30 Millions d’Amis, avec 25 autres ONG de protection animale – le candidat à l’élection présidentielle de 2017 Emmanuel Macron avait pris plusieurs engagements en faveur des animaux. A mi-mandat, le Président élu est loin d’avoir tenu ses promesses. État des lieux.

« Qui promet à la légère tient rarement sa parole... », rappelle l’adage populaire. Alors que 76% des Français considèrent qu’Emmanuel Macron ne prend pas suffisamment en compte la protection animale dans sa politique (Baromètre 2020/Fondation 30 Millions d’Amis – Ifop), le Président de la République se voit rattraper par ses promesses de candidat en matière de bien-être animal. Fin de l’élevage des poules pondeuses en batterie, interdiction de la cession d’animaux par les particuliers sur les sites d’annonces, réforme de la chasse pour mieux protéger la faune sauvage, renforcement de la la protection des lanceurs d’alerte… En 2017, les prises de positions du candidat Macron au Manifeste du collectif AnimalPolitique, avaient fière allure. Deux ans et demi plus tard, c’est la douche froide !

Promesses (presque) tenues

S’il avait promis de « mettre fin aux pratiques d’élevages douloureuses », Emmanuel Macron a partiellement répondu aux attentes. Son ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a bien annoncé l’interdiction de la castration à vif et du broyage des poussins mâles d’ici fin 2021 même si cela se limite toujours à une simple annonce sans réel cadre juridique. Rien n’a en outre été annoncé pour l’écornage ou le gavage. Quant au « conditionnement des financements de la politique agricole commune (PAC) pour les investissements dans les bâtiments d’élevage au respect de normes en matière de bien-être animal », les négociations sont en cours à l’échelle européenne.

On attend toujours

Si le Président de la République s’était engagé à « interdire à la vente les œufs de poules en batterie » pour 2022, rien n’a encore été réellement tenu. En octobre 2018, la loi Egalim a eu beau interdire tout « bâtiment nouveau ou réaménagé d’élevages de poules en cages », le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a reculé un an plus tard. Ce dernier a circonscrit cette décision aux « bâtiments qui augmentent leur surface de production en cages. » Autrement dit, une cage existante pourra être rénovée à l'identique et continuer à être utilisée.

De même, l’ex-candidat de La République en Marche avait promis « l’interdiction de la cession par les particuliers sur les sites marchands, d’annonces gratuites et les réseaux sociaux ». Si l’intention était louable, l’ordonnance du 8 octobre 2015 n’est toujours pas pleinement appliquée et les trafics illégaux d’animaux de compagnie continuent de prospérer en France. Didier Guillaume se contente pour le moment de vouloir interdire les ventes dans les véhicules et d’encadrer les ventes dans les foires et expositions. Beaucoup d’espoirs reposent désormais sur la mission gouvernementale sur les animaux de compagnie confiée au député Loïc Dombreval (LaRem) qui prendra fin dans six mois.

Le Président de la République entendait également « légitimer les politiques de protection animale en instituant un organe autonome dédié aux animaux et indépendant du ministère de l’Agriculture et donner une place significative aux associations compétentes dans les organes décisionnaires ». Outre le fait que l’idée de créer un organe dédié aux animaux indépendant au sein du ministère de l’Agriculture n’a toujours pas été abordée à mi-mandat, la Fondation 30 Millions d’Amis regrette régulièrement l’absence de la prise en compte des associations de protection animale dans les décisions gouvernementales. Les dernières annonces du ministre de l’Agriculture se sont faites sans concertation (28/01/2020). Un reproche qui ne peut pas être fait à la ministre de la Transition écologique et solidaire, qui s’est inscrite dans les pas de son prédécesseur François de Rugy et continue de consulter régulièrement les associations de protection animale.

On est très loin du compte !

Emmanuel Macron avait assuré qu’il ferait une « réforme de la chasse pour mieux protéger la faune sauvage et favoriser le retour naturel des grands prédateurs ». Réforme de la chasse, il y a bien eu, mais…  en faveur des chasseurs eux-mêmes et au détriment de la faune sauvage et des grands prédateurs (rallongement de la chasse aux oies cendrées, prix du permis de chasse national divisé par deux, chasse au courlis cendré...) ! Le Président a par ailleurs affirmé aux éleveurs qu’il n’y aurait plus de réintroduction de l’ours. Quant au loup, il est devenu une cible suite aux prises de position du gouvernement. Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, aurait même ironisé en présence de ses collaborateurs : « Oui, on dit régulation, parce que buter du loup, ça ne va pas ».

Le candidat Macron s’était pourtant dit favorable à la reconnaissance de tout animal sauvage sous le statut d’être vivant doué de sensibilité. Or aujourd’hui, sa politique va à contre-sens de sa promesse d’interdire « les pratiques barbares infligées aux animaux sauvages pour des buts autres que la protection ou la conservation ». Chasse à courre, chasse à la glu ont toujours cours…

Quant au « renforcement de la protection des objecteurs de conscience et lanceurs d’alerte », autant le dire, c’est peine perdue ! Avec la cellule Demeter mise en place par le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner fin 2019, les lanceurs d’alerte infiltrant les élevages industriels pour sensibiliser sur les maltraitances animales seront désormais condamnables.

Sur les 18 engagements pris par Emmanuel Macron auprès du collectif AnimalPolitique, seuls 3 sont en passe d’être concrétisés… Triste bilan. Le collectif AnimalPolitique avait déjà alerté le chef de l'Etat via une lettre ouverte (22/02/2019). Nonobstant, si l’on tient à rester optimiste, il est toujours possible de se consoler en se disant que sur la fin du quinquennat, cela ne peut que s’améliorer.