<![CDATA[30 Millions d'Amis - Dernières News]]> fr <![CDATA[30 Millions d'Amis - Dernières News]]> Thu, 16 Aug 2018 11:51:24 +0200 <![CDATA[Plan Biodiversité : pourquoi on est (encore) loin du compte ? ]]>

Un symbole fort... mais insuffisant. Alors que l'Assemblée nationale doit décider de l'inscription de l'enjeu environnemental dans l'article 1er de la Constitution, la mention proposée par Nicolas Hulot fait débat, à l'instar de son plan Biodiversité et ses 90 mesures.

Une mention purement symbolique

« La République agit pour la préservation de l'environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. » Telle est la déclaration que le ministre d'État, numéro 2 du gouvernement, propose d'inscrire dans la Constitution. Présentée comme un pas en avant car elle est hissée de l'article 34 à l'article 1er, cette mention en laisse bon nombre sur leur faim : « C'est bidon, tranche Paul Cassia, professeur des universités en droit public. Qu'elle soit dans l'article 34 ou 1er, cela aurait la même valeur juridique. C'est d'autant plus risible que cette phrase ne fait que répéter ce qui existe déjà dans l'article 2 de la Charte de l'environnement de 2004. Ce dernier a même plus de poids. »

 

Cette mention dans l'article 1er, c’est de la pure com’! Paul Cassia, professeur des universités en droit public

Cet article, qui a valeur constitutionnelle depuis 2005, explique que « toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement ». Autant dire que l'efficacité juridique de cette inscription paraît très faible. « C'est de la pure com', condamne Paul Cassia. S'il voulait vraiment faire avancer la cause de la biodiversité, [N. Hulot] aurait inscrit une jurisprudence plus sévère ». Pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, l'ajout de cette mention reste pourtant « fondamental ». Selon lui, « c'est hautement symbolique, mais cela peut permettre d'éveiller les consciences. Comme ce fût le cas pour la reconnaissance de l'animal comme être sensible dans le Code civil », réforme portée et obtenue par la Fondation 30 Millions d'Amis en 2015 et dont on mesure aujourd'hui toute la portée.

Extinction des espèces : un plan ambitieux mais fragile

Selon Nicolas Hulot, « entre 40 et 50% du vivant pourrait avoir disparu de la surface du globe au milieu du siècle ». L'alerte du ministre de la Transition écologique et solidaire traduit le danger qui pèse sur notre biodiversité, à l'échelle mondiale et nationale. Si le plan Biodiversité fait des propositions concrètes – comme la création de 20 réserves en France d'ici 2022, un décret pour protéger des habitats naturels à la fin de l'année, voire des plans nationaux multi-espèces d'ici 2020 – l'inquiétude demeure sur sa véritable concrétisation.

« J'ai peur que nous n'assistions qu'à une déclaration de bonnes intentions, s'inquiète Allain Bougrain-Dubourg. Qu'il y ait de l'ambition, c'est important ; les associations sont prêtes à accompagner la démarche. Mais ce plan comporte des lacunes. Cela me sidère qu'il n'y ait pas un mot sur la chasse. De même, il serait bien d'impliquer les agriculteurs car l'on sait que l'agriculture intensive est responsable de l'extinction de certaines espèces. Encore faudra-t-il que le monde agricole joue le jeu. Nous verrons à l'usage. »

Le budget ne suit pas...

600 millions d'euros de crédits d'Etat supplémentaires sont prévus sur quatre ans par le gouvernement. « Pour protéger au mieux la biodiversité, il faut deux choses : du courage politique et des moyens financiers, rappelle Allain Bougrain-Dubourg. Quand nous voyons que le Plan climat se jauge en milliards d'euros et que celui sur la biodiversité n'alloue que 600 millions d'euros sur 4 ans, il y a un énorme décalage. »

 

Pour protéger la biodiversité, il faut du courage politique et des moyens financiers. Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO.

La répartition du budget total prévoit 150 millions d'euros pour rémunérer les agriculteurs qui contribueront au « suivi de la biodiversité » ; 200 millions d'euros alloués au développement du bio tandis que les 250 millions d'euros restants devraient servir à la restauration de milieux naturels. Un total insuffisant qui n'est pas en adéquation avec l'ambition du projet selon les associations. « Les 150 millions d’euros annuels par ce plan ne sont pas à l’échelle de ce qu’on demandait, regrette Pascal Canfin, directeur de la WWF France. Une partie de ces sommes sera prise sur les budgets des agences de l’eau ou ont déjà été annoncées. »

Un plan qui dépend aussi de l'Europe

L'autre point faible de ce plan Biodiversité : il ne dépend pas que de la France. C'est notamment le cas pour l'agriculture où le dernier mot sera donné par l'Europe et sa politique agricole commune. « Avec l'Allemagne, nous sommes les deux pays moteurs de l'Europe, estime Allain Bougrain-Dubourg. Il y a beaucoup d'échanges pour obtenir de bons accords. Mais quand j'apprends que chez nous, les représentants des agriculteurs vont s'abstenir de voter une saisine pour la nature en ville*, cela m'inquiète profondément. Nous ne sommes jamais loin du double discours. » En résumé, si l’existence d’un Plan Biodiversité est en soi une avancée majeure, le manque de moyen et le poids des lobbys devraient malheureusement mettre à mal son efficacité.

*Le Conseil économique social et environnemental a voté une saisine (11/07/2018) pour « La nature en ville : comment accélérer la dynamique ? »

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<![CDATA[Polémique autour de la captivité d’un ours polaire au Marineland d’Antibes]]> « Un ours polaire n’a rien à faire en captivité ! » Alors qu’une vidéo de l’association C’est Assez ! montrant l’ours Raspoutine en train de baver au sein du Marineland d’Antibes (Alpes-Maritimes) provoque la colère sur les réseaux sociaux, le débat autour de la présence de l’animal loin de sa banquise naturelle fait rage. Face à l’ampleur de la polémique, le parc azuréen du Marineland d’Antibes - qui n’en est pas à sa première controverse - affirme que le comportement du plantigrade représente « des signes de rut des mâles lorsqu’ils sont en saison de reproduction et en présence d’une femelle en chaleur » ; avant d’ajouter que sa mission « est de conserver et de protéger les espèces menacées... et non l’inverse. »

Les images de Raspoutine ont choqué les visiteurs du Marineland d'Antibes et les internautes.

« Un ours n’a rien à faire à Antibes »

Des arguments que Rémy Marion, éminent spécialiste de l’animal et auteur de plusieurs ouvrages, dont Géopolitique de l’ours polaire (Edition Hesse, 2015), réfute. « Pour moi, ce n’est plus un ours polaire, tranche le chercheur. Quand ils sont en captivité, ils deviennent névrotiques. De dire que c’est pour protéger l’espèce face au réchauffement climatique est un argument fallacieux. S’il naît en captivité, il n’aura plus aucun contact avec son milieu naturel. Un ours n’a rien à faire à Antibes ! » Un milieu artificiel non adapté à son espèce : « Quand il fait chaud, dans la nature il peut se glisser dans l’eau glacée ou dans une tanière creusée dans le permafrost » rapporte-t-il. Rien de tout cela n’est évidemment possible sur la Côte d’Azur... 

Un point de vue partagé par le spécialiste Nicolas Dubreuil qui a observé plus de 300 ours polaires en liberté : « C’est vraiment une hérésie d’avoir des ours polaires en captivité, qui plus est dans nos régions, lâche-t-il. Il est important de comprendre qu’en captivité, les animaux peuvent changer de comportement. »

« Un état de frustration extrême »

La bave qui écume de la gueule de l’ours polaire peut être une conséquence de la chaleur, de la nourriture ou effectivement un signe qu’il est en rut ; même si la période des amours tombe davantage au début du printemps qu’à l’amorce de l’été. Si tel devait toutefois être le cas pour Raspoutine à Antibes, son comportement n’en est pas moins inquiétant. « Le fait que la femelle Flocke ne puisse pas s’enfuir ou éviter le mâle en rut peut amener un stress immense aux deux animaux, explique Rémy Marion. Dans leur milieu naturel, la femelle peut décourager un mâle si elle est indisposée et se déplacer sur la banquise. Le mâle et la femelle ont besoin de se jauger. Il doit y avoir comme un jeu de séduction. En captivité, ils se trouvent dans un état de frustration extrême, et peu importe l’espace que le parc met à leur disposition. »

L’ours polaire, une manne pour les zoos

Si l’animal est tant prisé par les parcs zoologiques, c’est qu’il représente un véritable intérêt économique. Celui à en avoir fait les frais, c’est l’ours Knut, utilisé par le zoo de Berlin comme attraction commerciale... jusqu’à sa mort à 4 ans sous les yeux des visiteurs, en 2011. La manne des produits dérivés à son effigie ont rapidement donné envie à d’autres zoos de suivre cette voie. Dans son texte Pour que l’ours polaire ne soit plus la vache à lait des zoos, paru sur Le Huffington Post en 2015, Rémy Marion rappelle que « les femelles ne retrouvent leurs jeunes qu’à l’âge de 3 mois. Lorsque les oursons sont exposés au grand jour, c’est un déferlement médiatique, au point que de grands médias nationaux se font l’écho d’un événement purement commercial, comme pour l’arrivée d’un nouveau produit sur le marché. Quand l’ours a grandi, il est échangé ou vendu à une autre structure qui cherche à développer son activité ou renforcer son attractivité. »

Selon les derniers chiffres de 2017, la population mondiale de l’ours se situe entre « 25 000 et 27 000 individus », d'après Rémy Marion. Ils sont « 306 » à être exposés dans les parcs animaliers dans le monde comme Raspoutine et Flocke. La pétition de C'est Assez ! pour transférer en Suède les ours polaires maintenus en captivité est en ligne et a déjà obtenu plus de 66 000 signatures. 

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<![CDATA[Consternant ! Un musée itinérant de la tauromachie... vise à attirer les enfants ]]> Des taureaux massacrés, des toreros encornés, un spectacle sanguinaire affiché… Des images d’une violence rare ! Voilà ce à quoi sont soumis à voir des enfants lors de l’exposition itinérante des tauromachies universelles et à Nîmes du 4 au 5 mai prochain. A Montblanc, dans l'Hérault, c'est la projection d'un film qui sera proposée le 27 avril.
Et contrairement à Bordeaux et Béziers peu avant, la préfecture gardoise n’apposera pas d’affichettes d’avertissement à l’attention des familles et des plus jeunes. 400 élèves ont même été invités à déambuler dans l’exposition. Une décision consternante dans un contexte où la société rejette en masse l’ignominie de la corrida. « Le fait qu’ils ne posent pas d’avertissement n’est guère surprenant, regrette Thiery Hély, président de la FLAC. Ce serait un désaveu pour le bastion de la corrida en France. Mais même chez les taurins, tout le monde n’est pas d’accord avec cela ! Beaucoup ne comprennent pas cette perte de temps et d’argent. » Toutes les villes n'acceptent pas cette exposition puisqu'en février, une visite d'élèves à l'exposition taurine avait été interdite par le maire d'Hagetmau, dans les Landes.
 

On assiste à un prosélytisme traumatisant sans aucune mise en garde ! Quelle irresponsabilité !

Reha Hutin

« Alors qu’à la télévision et au cinéma, ajoute Reha Hutin Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, on prend d’immenses précautions pour que les plus jeunes ne soient pas exposés à des images violentes à travers des campagnes de sensibilisation et des avertissements, on assiste ici à un prosélytisme traumatisant sans aucune mise en garde ! Quelle irresponsabilité ! »

Drague de la jeunesse

La corrida pâtit d’un désintérêt croissant en France et dans ses villes emblématiques - comme Nîmes - ce qui pousse les organisateurs à mettre pour draguer la jeunesse, sous peine de disparaître. « Pour les jeunes, la corrida est un spectacle ringard, confirme Thierry Hély. Il suffit de regarder vers l’Espagne où les adolescents s’y désintéressent totalement. Chez nous, c’est la même chose. Essayer de recruter par ce musée itinérant, c’est un coup d’épée dans l’eau. » Outre cette tentative, l'Union des Villes Taurines Françaises et l'ONCT émettent même l'intention de remettre à tous les parlementaires et des établissements scolaires, un catalogue extrait de cette exposition... 

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Traumatisant pour des enfants

Or, exhiber des images violentes à des collégiens peut s'avérer très perturbant pour eux. « C’est scandaleux sur le plan humain et de la morale, tacle Hubert Montagner, spécialiste de la relation homme-animal et auteur de L’enfant et l’animal (Odile Jacob). C’est même une faute ! Les enfants, de tout âge, baignent dans une quantité d’images violentes. Mais ils sont particulièrement sensibles aux images de violence réelle. Les plus fragiles réagissent par la sidération ou la détresse dès lors qu’ils voient un animal en souffrance. Un enfant a des réactions exacerbées par rapport aux êtres sans défense. » 

Bientôt une loi interdisant la corrida aux moins de 14 ans ?

Le 21 mars 2018, une proposition de loi pour interdire la corrida aux moins de 14 ans a justement été déposée à l’Assemblée nationale. « Il y a clairement des risques de traumatisme ou d’accoutumance à la violence pour les enfants, expliquait Michel Larive, le député ariégeois (FI) à l’initiative de la proposition dont la question est restée sans réponse du gouvernement. Plusieurs études le confirment. Quand j’apprends que des enfants font des sorties dans le musée des cultures taurines, à Nîmes, ça me choque. Il s’agit d’un conditionnement de l’enfant vers la violence. Mettre des affichettes, cela relève du bon sens. » 

74 % des Français réclament l’interdiction de la corrida. Un résultat en forte hausse de 8 point par rapport à 2010.

Cette position s’est considérablement renforcé suite aux recommandations du Comité des droits de l’enfant de l’ONU à l’Espagne pour interdire l’accès aux corridas aux mineurs. « Une interdiction aux mineurs serait une catastrophe pour les responsables des spectacles taurins, qui tentent par tous les moyens de miser sur la jeunesse, analyse Thierry Hély. » Selon un sondage réalisé pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’Ifop*, 74 % des Français réclament l’interdiction de la corrida. Un résultat en forte hausse de 8 point par rapport à 2010.

* Étude menée pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’IFOP du 6 au 7 février 2018 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas.


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<![CDATA[Campagne contre le harcèlement sexuel : l’animal n'a pas à tenir le mauvais rôle !]]> « A côté de la plaque ! » « Il s’agit d’une conception traditionnelle de l’animal comme étant le réservoir de tous les mauvais penchants de l’Homme, explique la philosophe Florence Burgat qui juge très sévèrement cette campagne publicitaire. Dans l’imaginaire, le loup ou le requin, par exemple, représentent des figures extrêmes. Le loup, c’est le méchant aux longues dents qui attaque les brebis des bergers. Des bergers qui, au passage, envoient ces mêmes brebis à l’abattoir. Il y a une manière d’escamoter le véritable coupable visé par cette campagne : le harceleur. C’est une conception erronée. C’est pourquoi cette campagne est à côté de la plaque ! » 

Des animaux devenus « nos » proies

Ces animaux à qui l’on prête les mauvais penchants de l’Homme subissent de plein fouet un discours négatif ancré dans la société. « Nous avons tendance à considérer les animaux comme les ennemis de l’Homme, note le sociologue Michel Fize. Il s’agit d’une représentation négative voire stigmatisante. » Partagez cette actu sur Twitter, Facebook et Google+ Dans une tribune pour Le Nouveau Magazine littéraire, l’écrivain Vincent Message rappelle fort justement que « si ces animaux sont (…) de grands prédateurs dans leurs écosystèmes, ils sont surtout devenus des proies. Nos proies. À l’échelle mondiale, les requins attaquent 80 personnes par an et en tuent entre 5 et 10. Les hommes, eux, tuent 100 millions de requins par an. Les loups ont été exterminés en France entre la fin du XVIIIe siècle et 1940. Les ours ont été chassés depuis des millénaires pour leur peau, leur graisse, leur bile, pour leurs griffes et leurs dents ».
Le loup assimilé à un prédateur sexuel, la fausse bonne idée du réseau de transports franciliens ©Région Île-de-France

« Nous n’assumons pas nos travers »

Le groupe RATP affirme que « la campagne fait simplement appel à la symbolique du prédateur, via des animaux. » Une position assumée par Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France : « Si les harceleurs sont tous des prédateurs, en revanche, tous les hommes n’en sont pas. Nous avons donc décidé plutôt que de représenter le harceleur sous les traits d’un homme, de le représenter par un animal, un prédateur. » 

« C’est une conception malheureusement véhiculée par des siècles et des siècles de pensée, explique la philosophe F. Burgat. Ce qui ne va pas de soi. Cette grande coupure entre l’Homme et l’animal se retrouve même dans de nombreux écrits philosophiques. Cela s’est traduit dans le droit par la qualification de l’animal comme étant une chose. Cela permet de justifier le fait qu’on les maltraite. » 

Faire « porter le chapeau » aux animaux n’est pas nouveau

Récemment, le mouvement #balancetonporc stigmatisait, là aussi, l’animal afin de qualifier un pervers sexuel. « Ce n’est pas adéquat car le porc n’a pas tous les défauts qu’on lui prête, défend Michel Fize. C’est un animal doté d’une grande intelligence et avec une conscience. Il est très malvenu de l’assimiler de telle manière. Là-encore, il s’agit d’une représentation négative et stigmatisante. »

En 2007, c’est la marque Orangina qui exhortait ses clients à « sortir la part animale en eux » en mettant en scène des images d’animaux dans des positions érotiques. Déjà pour sa précédente campagne contre les incivilités, la RATP s’était servie du rhinocéros, du paresseux, de la poule… Pour Florence Burgat ce recours à l’animal est tout simplement la preuve que « nous n’assumons pas nos travers ».

Une utilisation « contre-nature » préjudiciable à l’animal

Orangina avait suscité la polémique en 2007 en exhibant des animaux avec des postures érotiques ©Orangina

Cette utilisation « contre-nature » des animaux leur est éminemment préjudiciable car elle contribue à les avilir.  « Le changement interviendra en produisant un contre-discours, estime Michel Fize. Il faut dénoncer un vocabulaire inadéquat et en proposer un nouveau. De même, il faut effectuer un travail d’éducation du respect animal dès l’enfance. Il faut mieux apprendre ce qu’est l’animal. » Heureusement, les prises de conscience se multiplient : « Nous constatons depuis quelques années que nous avons fait un pas considérable pour la cause animale, affirme le sociologue. Mais nous devons faire beaucoup plus. C’est essentiel. »

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<![CDATA[La corrida à l’agonie]]> La corrida est en crise ! Les taurins eux-mêmes le concèdent face à une fréquentation en berne. Et même si huit pays au monde – dont la France – continuent d’organiser des spectacles taurins, la tendance est clairement au déclin. 

Interdiction aux mineurs en France… 

En France métropolitaine, seuls 10 départements sur 96 autorisent encore la corrida : l’Aude, les Bouches-du-Rhône, le Gard, le Gers, la Gironde, l’Hérault, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Orientales. A l’Assemblée nationale, si l’interdiction définitive de cette pratique barbare n’est pas (encore) à l’ordre du jour, le débat porte sur la protection des mineurs. « Il y a clairement des risques de traumatisme ou d’accoutumance à la violence pour les enfants, explique Michel Larive, député ariégeois (FI) à l’initiative d’une proposition de loi visant l’interdiction de l’accès aux arènes aux moins de 14 ans. Plusieurs études le confirment. Quand j’apprends que des enfants font des sorties dans le musée des cultures taurines, à Nîmes, ça me choque. Il s’agit d’un conditionnement de l’enfant vers la violence. » 
S’il sait que le chemin législatif est parsemé d’embûches, le député a bon espoir qu’un débat national ait lieu prochainement. « Il n’y a que la loi qui peut en finir avec toute cette violence et cette maltraitance animale, tranche-t-il. L’apport de l’opinion publique est évidemment important. Nous sentons aujourd’hui une vraie mobilisation en faveur du bien-être animal. Le contexte n’a jamais été aussi favorable. » Une vision que partage Thierry Hély, président de la Fédération des luttes pour l'abolition des corridas. « L’interdiction aux mineurs est un enjeu très important, estime ce fervent défenseur des droits des animaux. Le monde de la tauromachie pâtit d’un vieillissement de ses aficionados. Du coup, les responsables tentent par tous les moyens de miser sur la jeunesse. La corrida n’a jamais connu un tel déclin en France. Les taurins sont très inquiets. Une interdiction aux mineurs serait une catastrophe pour eux. »
 

Aujourd’hui, la balle est dans le camp des politiques.
Constanza Moreno

… et en Espagne ?

Nos voisins espagnols y ont également été invités sérieusement par l’Organisation des Nations Unies. « Empêcher les effets nocifs de la tauromachie sur les enfants » : telle est la recommandation de l’ONU, qui demande à l’Espagne d’interdire l’accès aux corridas pour les moins de 18 ans (février 2018). Si le gouvernement de Mariano Rajoy n’a pas répondu à la recommandation onusienne, le mouvement anti-corrida se réjouit. 

« Qu’une institution du poids de l’ONU fasse une telle recommandation, c’est assurément positif, réagit Laura Duarte, la porte-parole du Parti animaliste contre la maltraitance animale en Espagne. Nous le demandons depuis de nombreuses années. Qu’en Espagne, ce soit permis, ce n’est pas tolérable. »

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Une fréquentation en berne 

Si la corrida n’est pas encore interdite, elle séduit de moins en moins et le public déserte les arènes. C’est peut-être ce qui inquiète le plus les organisateurs de ces « spectacles » d’un autre temps. Ce désintérêt croissant touche de plein fouet des villes taurines emblématiques comme Nîmes et Bayonne, qui ont respectivement organisé deux corridas de moins en 2015 et trois de moins en 2016 qu’à l’accoutumée. Béziers accuse elle aussi une baisse de 6 % de ventes en 2017. 

En Colombie, l’un des pays latino-américains les plus symboliques en termes de spectacles taurins, est aussi frappé par cette crise de fréquentation. Selon des chiffres de l’Institut des loisirs et des sports du district de Bogotá, 28 000 billets ont été vendus dans la capitale en 2017 contre 50 000 et 70 000 dans la décennie précédente : une réduction en moyenne de 50 % ! « Cela fait plusieurs années que les protecteurs des animaux se battent pour mettre fin à cette pratique, explique Constanza Moreno, de la Fédération d’entité de défense des animaux (FEDAMCO). Aujourd’hui, la balle est dans le camp des politiques mais à travers la coalition d’une Colombie sans tauromachie, il y a déjà tout un travail de fait pour qu’un projet de loi aboutisse à l’abolition des corridas dans tout le pays. »

Au Mexique, la ville de San Rafael, dans l’Etat du Veracruz particulièrement réputée pour sa corrida, vient purement et simplement de bannir « tout événement impliquant des mauvais traitements, des souffrances ou la mort des animaux. » Un signal fort.

Un désintérêt croissant 

Les places vides constatées dans les arènes espagnoles témoignent aussi du désintérêt de la population envers cette « tradition ». Outre-Pyrénées, les « fêtes » taurines connaissent des baisses successives de 7,1 %, entre 2014 et 2015 et de 7,9 % entre 2015 et 2016, selon le Ministère de l’Education, de la Culture et des Sports. En 2011, 2 290 corridas étaient « célébrées ». Elles n’étaient plus que 1 598 cinq ans plus tard. En Andalousie, il suffit de constater la baisse impressionnante de la fréquentation pour confirmer ce déclin. Près de 100 000 personnes ont déserté les arènes andalouses et le nombre de spectacles a chuté de 47 % en 2017 ! Signe de cette désaffection, la ville de Marbella a complètement cessé d’utiliser son arène pour ce spectacle morbide. 

« Quand on analyse l’évolution des célébrations taurines en Espagne, nous constatons un effritement très net, note Juan Ignacio Codina, vice-président de l’Observatoire de justice et de défense animale. Aujourd’hui, les chiffres nous confirment que la corrida subit de plein fouet une chute. »

Un fossé entre opinion publique et (in)action politique

 

Face à la nouvelle sensibilité en faveur des animaux, les politiques vont devoir s’adapter.
Reha Hutin

Les générations passent et les jeunes Espagnols semblent à présent se désintéresser de cette pratique ancestrale. « Chaque année, le nombre de célébrations taurines est en baisse, explique Laura Duarte du Parti animaliste contre la maltraitance animale en Espagne. Aujourd’hui, seule 8 % de la population a assisté à au moins une corrida. Peu de gens veulent payer pour aller en voir. »

En France, le fossé entre opinion publique et action politique est le même. Un sondage réalisé par l’Ifop* pour la Fondation 30 Millions d’Amis est sans appel : 74 % de nos concitoyens réclament l’interdiction de la corrida. Un résultat supérieur de 8 point par rapport à 2010 ! Une hypothèque de poids pour l’avenir de cette barbarie. Or les prises de position au plus haut sommet de l’État restent timides, voire décevante. « Le lobby de la corrida est toujours puissant notamment dans les départements où elle se pratique, constate le député Michel Larive. C’est pourquoi elle reste ancrée. » 

Une inertie de l’(in)action publique qui ne pourra perdurer analyse Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis : « Face à la nouvelle sensibilité – toujours plus forte – de la société en faveur des animaux, les politiques vont devoir s’adapter et la loi évoluer. Comment, au 21ème siècle, peut-on accepter une telle cruauté contre un animal dans une société qui se prétend "moderne". Et comment tolérer qu’une telle pratique soit autorisée à Arles alors même qu’elle serait condamnée en plein Paris ? »

Pour l'abolition des corridas en France >>

* Étude menée pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’IFOP du 6 au 7 février 2018 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas.

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<![CDATA[Trump fait volte-face sur l’importation de trophées d’éléphants et de lions]]> Partagez cette actu sur Twitter, Facebook et Google + C’est dans une note d’une agence gouvernementale s’occupant de la gestion et la préservation de la faune aux Etats-Unis, l’US Fish and Wildlife Service (FWS), que l’importation de parties de pachydermes, de lions, mais aussi d’antilope a été rouverte « au cas par cas » en fonction de « critères de conservation des espèces. »

Une photo gênante

Cette décision intervient quatre mois après que le président des Etats-Unis a gelé l’autorisation d’importation de trophées de chasse à l’éléphant tués en Zambie et au Zimbabwe, suite à la publication d’une photo de son fils aîné posant avec une queue d’éléphant. Le cliché avait provoqué l’indignation de l’opinion publique et contraint le successeur de Barack Obama à reculer.

Inquiétude concernant le braconnage

Entre 2013 et 2017, et ce malgré l’entrée en vigueur de l’interdiction sous Obama, les parties de 1 261 éléphants ont été importées aux Etats-Unis, soit 252 par an en moyenne, d’après les chiffres de Humane Society International (HSI). Des trophées correspondant à 2 526 lions et 317 « blesboks » (des antilopes) ont également été importés. Les associations de protection animale américaines craignent que la réouverture partielle de la chasse aux trophées vienne renforcer ces chiffres alarmants et le braconnage de ces espèces menacées.

Plus d’éléphants d’Afrique dans 15 ans ?

Aujourd’hui, on estime qu’entre 25 000 et 30 000 éléphants d’Afrique sont abattus chaque année (Source IFAW). La population restante des éléphants d’Afrique est estimée à 500 000, selon l’association Save the Elephants. Autrement dit, si rien n’est fait, les éléphants d’Afrique pourraient disparaître d’ici une quinzaine d’années ! ]]>
<![CDATA[Cirques avec animaux : tensions dans les communes qui les refusent ]]> Saint-Denis, en région parisienne. Sur la place du 8 mai 45 on peut apercevoir des tigres enfermés dans des cages minuscules (7/3/2018). Pourtant, le 21 décembre 2017, le Conseil municipal de la ville s’est prononcé contre la tenue de spectacles itinérants avec animaux sauvages sur la commune. Mais le cirque Europa a décidé d’aller à l’encontre de cette volonté... 

La mairie de Saint-Denis s'estime trompée

« Ils nous ont contacté en janvier pour demander une occupation de voierie en nous assurant par écrit ne pas posséder d’animaux sauvages, confie la Mairie dionysienne à 30millionsdamis.fr. Mais depuis leur installation, des habitants nous ont alerté sur la présence de fauves. Nous avons pris un arrêté leur demandant de ne plus occuper le terrain mais ils refusent de partir. Nous nous apprêtons donc à contacter la police nationale. Les choses devraient s’accélérer dans les prochaines heures... » Outre quatre tigres, des chameaux et des poneys sont également présents sur le site. 

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L’impuissance de la mairie de Paris

Deux semaines plus tôt, c’est la capitale qui a été prise de court par l’installation forcée du cirque Crone, Porte de Pantin dans le 19e arrondissement. Ou plutôt du cirque Olympique, ou Olympia… Car l’établissement a récemment opéré un curieux changement de nom. « Ces modifications de nom sont courants, rapporte l’association Code Animal, spécialiste des cirques. Cela leur permet de renforcer une certaine opacité. Ainsi, ils sont plus difficilement suivis par les militants de la cause animale et les services vétérinaires. Cela rend certaines enquêtes impossibles. » 

Deux affiches, deux noms, mais un cirque et une même représentation. / DR

Une information confirmée par l’association Paris Animaux Zoopolis : « Ces changements rendent notre travail compliqué et posent des problèmes de transparence. De plus en plus de municipalités refusent les cirques avec animaux sauvages ; du coup, ces derniers jouent sur le flou pour ne pas être suivis. »

Les élus de la capitale ont pourtant voté à l’unanimité le vœu de la maire de Paris, Anne Hidalgo, de bannir les cirques utilisant des animaux sauvages (13/12/2017). Un vote qui n’a toutefois qu’une valeur symbolique dans la mesure où il n'était assorti d'aucune échéance, A. Hidalgo ayant renvoyé à Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, la responsabilité d'une interdiction nationale.

Et au sommet de l'Etat, silence le plus absolu sur la question... Des atermoiements qui profitent aux cirques.

Des bras de fer dans toute la France

Dans d’autres villes de France, le bras de fer s’installe avec les circassiens. Comme à Fécamp où, début mars 2018 le cirque Arena s’est installé malgré l’arrêté de la ville contre « la mise en spectacle d’animaux ». 

A Ajaccio ou à Bastia, les promoteurs de cirques avec animaux sauvages ont mis la ville en demeure afin qu’elle revienne sur sa décision de les interdire. Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à Rennes (3/03/18), devant le cirque Bouglione, afin de protester « contre l’exploitation des animaux dans les cirques » appuyant ainsi le conseil municipal qui a voté à l’unanimité contre « la présence d’animaux sauvages dans les cirques » en décembre 2017. A Le Luc (Var), le maire doit se battre depuis que son arrêté interdisant les cirques avec animaux sauvages sur la commune a été annulé par le tribunal administratif. Même situation à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), où le cirque Muller s’était installé de force sans dire que des animaux en captivité étaient présents. 

Dans un sondage de la Fondation 30 Millions d'Amis* , les Français expriment sans ambiguïté leur refus de voir des animaux sauvages dans les cirques : ils sont près de 7 sur 10 à plaider clairement pour son interdiction. Par ailleurs, plus de 240 000 personnes ont déjà signé la pétition de la Fondation 30 Millions d’Amis. 

* Étude menée pour la Fondation 30 Millions d’Amis par l’IFOP du 6 au 7 février 2018 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Représentativité de l’échantillon assurée par la méthode des quotas.

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<![CDATA[Alain Delon peut-il faire mourir son chien avec lui ?]]> Si je meurs avant lui, je demanderais au vétérinaire qu'on parte ensemble. Il le piquera afin qu'il meure dans mes bras. Je préfère ça plutôt que de savoir qu'il se laissera mourir sur ma tombe avec tant de souffrance » (20/01/2018). Au-delà de la polémique suscitée par ces propos, peut-on réellement euthanasier un animal en pleine santé sur demande de son maître ? Un vétérinaire a-t-il le droit d’accéder à une telle demande ?

La décision vétérinaire souveraine

Si cette disposition est moralement choquante pour les amoureux des animaux, malheureusement, rien… ne l’interdirait formellement. « Il n'y a pas de texte qui traite spécifiquement de l'euthanasie dans le code de déontologie des vétérinaires », explique Faustine Canonge-Verez, Secrétaire Générale de l’Ordre National des Vétérinaires. Autrement dit chaque cas est laissé à l’appréciation du praticien, comme en dispose l’article R242-33 du Code rural et de la pêche maritime : « L'exercice de l'art vétérinaire est personnel et chaque vétérinaire est responsable de ses décisions et de ses actes ».

Un cas isolé

Toutefois, le Code rural impose, avant de prendre toute décision vétérinaire, de procéder au rassemblement des commémoratifs nécessaires (document regroupant données administratives et cliniques, NDLR) et examens indispensables. « Le critère le plus souvent retenu pour procéder à une euthanasie est celui du bien-être et de la qualité de vie de l'animal », note Faustine Canonge-Verez. >> Partagez sur Facebook, Twitter et Google +. Heureusement, « ce type de demande est exceptionnel et les vétérinaires qui ont fait le choix de consacrer leur vie à soigner les animaux sont peu enclins à y accéder », précise la Secrétaire Générale de l’Ordre National des Vétérinaires. Et d’ajouter, qu’« un grand nombre d'entre eux passe beaucoup de temps à rechercher, et heureusement souvent à trouver, une solution alternative ».

Reha Hutin rassure Alain Delon

Quant à Alain Delon, « qu’il se tranquillise, rassure Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. S’il devait s’en aller avant Loubo, son fidèle malinois, et que personne – ce dont je doute – n’était en mesure d’en prendre soin, la Fondation 30 Millions d’Amis se chargerait bien évidemment de trouver quelqu’un digne de confiance pour assurer son bien-être ».]]>
<![CDATA[Une « milice armée » auprès des gendarmes de l’Oise ? La Fondation 30 Millions d’Amis saisira la juridiction compétente]]> son article révélant l’existence de l’opération « Chasseurs vigilants », la Fondation 30 Millions d’Amis a reçu de très nombreux messages via les réseaux sociaux, par courriel ou téléphone, de personnes offusquées du rapprochement gendarmes/chasseurs à la faveur d’une convention signée entre la préfecture de l’Oise et la fédération des chasseurs du département. Cet accord donnerait notamment pour mission à 200 chasseurs volontaires d’observer et alerter la gendarmerie de tout fait suspect. Ils pourront aussi sensibiliser les promeneurs au respect de la nature…

Une forte opposition

« Cette décision "malheureuse’’ porte atteinte à la crédibilité de la gendarmerie, créé un réel risque pour la sécurité dans les territoires qui seront contrôlés par les chasseurs et privatise encore davantage les zones de chasse avec la connivence de l’état », s’alarme @Eliottthefox sur Twitter. « Des chasseurs observateurs et moralisateurs sur la sécurité non mais je rêve la... (..) » renchérit Anne sur Facebook. La Fondation 30 Millions d’Amis s’insurge que de telles prérogatives de sécurité et de pédagogie soient confiées à des personnes armées non assermentées. Selon l’ONCFS, 143 accidents dont 18 mortels ont mis en cause des chasseurs sur la saison 2016/2017. Depuis l’ouverture de la chasse en septembre dernier, une vingtaine d’accidents sont à déplorer et ont déjà fait au moins 5 morts.

La Fondation 30 Millions d’Amis rappelle également aux gendarmes, que face à ces 8000 hommes armés dont le loisir est surtout d’abattre le gibier, il y a dans l’Oise des centaines de milliers de promeneurs amoureux de la nature tout aussi qualifiés pour la « surveiller » et qu’il serait plus judicieux de confier cette mission de « vigilance » aux associations ou clubs de randonneurs.

Examen de légalité

Pour éviter que le dispositif « Chasseurs vigilants » ne s’étende à d’autres départements et permettre – le cas échéant – qu’il puisse être interdit dans l’Oise, la Fondation 30 Millions d’Amis a décidé de saisir la juridiction compétente pour examiner la légalité de cet accord et a d’ores-et-déjà adressé un courrier au préfet.

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<![CDATA[Mauvaise idée : quand 200 chasseurs vont aider la gendarmerie dans l’Oise]]> observer, alerter et sensibiliser », décrit Eric Lecacheur, officier adjoint prévention partenariat pour la gendarmerie de l’Oise. Avec cette convention, les chasseurs s’engagent donc à signaler tout fait suspect à la gendarmerie (si c’est urgent en composant le 17) et pourront aussi sensibiliser au respect de la nature (sic !) en distribuant par exemple des flyers aux ramasseurs de champignons ! Eric Lecacheur ajoute que, ces chasseurs n’auront aucun « droit » (ni contrôle de papiers, ni interrogatoire…)  mais plutôt des « devoirs » : ceux d’être attentifs et d’informer la gendarmerie.  Toutefois, leur parole ne vaudra pas plus que celle d’un autre citoyen : « ils n’ont pas fait de prestation de serment » assure l’officier.

Une prérogative de plus

La Fondation 30 Millions d’Amis s’étonne que les chasseurs se voient confier une telle mission de sécurité qui aurait pu être remplie par des citoyens lambda (des clubs de randonneurs par exemple) : « Cette idée vient de la gendarmerie car les territoires sont très grands et les chasseurs sont 8000 dans l’Oise à arpenter les forêts et les coins isolés. Ainsi, cela nous permet d’avoir un maillage sur tout le territoire », justifie-t-il. Il serait bon de rappeler aux gendarmes que face à ces 8000 hommes armés dont le loisir est surtout d’abattre le gibier, il y a dans l’Oise des centaines de milliers de promeneurs amoureux de la nature tout aussi qualifiés pour la « surveiller ». Pour la Fondation 30 Millions d’Amis, c’est la goutte de trop ! Comment confier une mission d’observation et de sécurité à des individus qui sont responsables de plus de 140 accidents chaque année (dont 18 mortels en 2016/2017, selon l’ONCFS) ? Pourquoi distinguer et favoriser des individus dont la pratique est de plus en plus décriée par les Français (84 % des Français sont opposés à la chasse à courre et 82 % des Français se prononcent en faveur du dimanche comme journée non chassée selon un récent sondage Ifop) ?

Un pouvoir exorbitant

Pour la Fondation, il s’agit d’un privilège de plus accordé à cette caste… En plus d’avoir le droit d’abattre un animal jusque sur une propriété privée (comme ce cerf dans l’Oise) ou encore de s’approprier des forêts et d’y faire interdire les promeneurs tous les dimanches (c’est le cas à Is-sur-Tille, en Côte d’Or), ou tout simplement de terroriser familles et enfants avec leurs coups de feu, ils pourront désormais, avec ces nouveaux privilèges, épier leurs concitoyens et signaler tout fait qui les importune… Ces derniers disposent déjà d’un pouvoir exorbitant sur la nature, il est à regretter qu’il leur soit confié un rôle de plus, celui d’une véritable « milice » armée qui dissuaderait définitivement les promeneurs qui osaient encore s’aventurer en forêt en période de chasse... >> Partagez cette actu sur Facebook, Twitter et Google +.]]>