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Débat

Le danger de la pollution plastique sur la faune sauvage n’est pas un cliché !

Le premier contact dans la vie de ce bébé tortue : une bouteille en plastique usagée qui met son existence en péril. ©Sergio Izquierdo

La pollution plastique tue chaque année des milliers d’animaux. Depuis le début de la crise sanitaire, la prolifération des masques jetables a accéléré cette pollution, aux dépens de la faune sauvage toujours plus vulnérable. Pour alerter et sensibiliser contre ce fléau, 30millionsdamis.fr partage les clichés engagés de photographes animaliers.

Des déchets plastiques dans le bec d’oiseaux, un nid fait de masques chirurgicaux… Par leurs clichés symboliques, des photographes animaliers tentent de sensibiliser contre les effets catastrophiques de la pollution plastique sur les animaux sauvages.

Le plastique : le 6ème continent

Une quantité telle que l’on parle du « 6ème continent » : chaque année, près de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans. Un écosystème qui recouvre plus de 70% de la surface de la terre et qui fournit 70% de notre oxygène. Les animaux marins (poissons, mammifères marins, tortues de mer) en sont les principales victimes : plus d’un million d’entre eux succombent annuellement aux blessures, mutilations et étouffements que provoquent ces détritus. Pour ne citer qu’un exemple – et non des moindres – selon une étude du Laboratoire maritime de Plymouth (Royaume-Uni) de 2020, 100% des tortues marines ont déjà intégré des déchets plastiques. Récemment, en France, le centre de réhabilitation de la faune sauvage d’Antibes a recueilli une jeune tortue qui avait été retrouvée piégée dans un sac plastique (10/06/2022).

Le plastique : un piège olfactif

Ce Macareux Moine devra savourer le poisson qu'il vient de pêcher... à la mode plastique. ©Aurelien Fayolle

Les oiseaux de mer sont, eux-aussi, gravement touchés. « Ils choisissent leur nourriture grâce à leur odorat ; or, le plastique peut être pris pour de la nourriture à cause des algues et des bactéries qui émettent une forte odeur de soufre, explique le réseau intergouvernemental MedWet qui œuvre pour la protection des zones humides méditerranéennes. Les oiseaux de mer associent cette odeur à de la nourriture et tombent dans des "pièges olfactifs" qui les amènent à manger du plastique à la place de leurs proies ».

En témoignent de multiples images particulièrement poignantes. Sur un cliché d’Aurélien Fayolle, un Macareux Moine ingurgite un gros morceau de déchet plastique : « Derrière de belles images, se cache aussi une triste réalité qu’il ne faut pas éluder, s’émeut le photographe animalier. Quand le plastique s’en mêle… » Selon un rapport de WWF publié en 2018, 90% des oiseaux de mer dans le monde ont des fragments de plastique dans l’estomac (« Pollution plastique en Méditerranée. Sortons du piège »). Un taux considérable qui pourrait atteindre 99% en 2050 si les pouvoirs publics n’adoptent pas de mesures drastiques pour y remédier.

Le plastique : en ville aussi !

Exit le baluchon. Triste signe des temps au troisième millénaire, les cigognes n'auront pas d'autre choix que d'apporter les bébés dans des sacs plastiques. ©La Minute Sauvage

Sans oublier les déchets qui inondent les villes ! « Photographier la faune sauvage en milieu urbain, c’est aussi être témoin de scènes particulièrement délicates : à Bruxelles, j’ai observé un groupe de cigognes blanches qui venaient se nourrir dans une centrale de tri de déchets en pleine ville, se rappelle le photographe Thomas Jean, joint par 30millionsdamis.fr.  Après avoir photographié plusieurs cigognes en plein nourrissage, j'ai vu arriver cet individu entravé par un sac plastique estampillé du logo universel du recyclage. Les anses du sac entouraient son cou ainsi que l'une de ses pattes. Cependant, elle était encore capable de voler et de se mouvoir au sol ».

Malgré ses efforts, le photographe ne parvient malheureusement pas à attraper la pauvre cigogne pour la libérer de cette entrave. Lui vient alors l’idée d’immortaliser cette scène pour sensibiliser le grand public. « Est-ce qu'envisager le problème du sac plastique sous le seul angle de sa composition, tout en appliquant un logo "vert", suffit à résoudre la problématique, interroge T. Jean. Cette photo répond toute seule à la question : notre consommation et l'utilisation que l'on fait du sac plastique débouchent malheureusement sur de véritables pièges pour la faune sauvage. »

Le plastique : un fléau aggravé par la crise sanitaire

Si elle est désormais connue et condamnée, la pollution pastique ne cesse pourtant d’augmenter. En cause : la crise sanitaire liée à la Covid-19. Les masques chirurgicaux censés protéger contre la pandémie sont eux-mêmes composés de fibres plastiques et contiennent pour la plupart du polypropylène, un thermoplastique utilisé pour la fabrication des bouchons de bouteille et qui peut être fatal pour la faune sauvage.

 

Plus besoin d'apprendre au vieux singe à faire des grimaces... elles seront désormais dissimulées derrière un masque. ©Mohd Rasfan

Une étude néerlandaise publiée en mars 2021 dans la revue "Animal Biology" alerte contre ces protections à usage unique, responsables de la mort de nombreux animaux. Piégés dans ces objets abandonnés, épuisés, certains n’ont pas survécu. D’autres ont succombé après avoir ingéré ces déchets, à l’instar d’un pauvre manchot de Magellan retrouvé mort sur une plage du Brésil en pleine pandémie, un masque facial dans l’estomac. Quelques images, devenues tristement célèbres, parlent d’elles-mêmes. En janvier 2021, le photographe Mohd Rasfan a immortalisé des macaques en train de mâcher les élastiques de masques usagés sur les hauteurs de Kuala Lumpur, en Malaisie.

Le plastique : agissons vite !

Ce fléau continue malgré l’assouplissement des restrictions sanitaires. Début juin 2022, à l’occasion du Festival écologique de photographie de nature à Cusset (03), le photographe Frederic Tiller a fait une fâcheuse découverte. Alors qu’il observe les Choucas des Tours qui nichent dans les grands arbres de la ville – où l’espèce est devenue aussi commune que le Pigeon Biset – il aperçoit des masques chirurgicaux jetables au milieu des branches qui forment un nid dans le creux d’un platane. « Un signe que l’espèce n’hésite pas à tester de nouveaux matériaux, ce qui n’est pas sans risque pour leur progéniture », déplore le photographe animalier.

Désormais, le Chouca doit considérer le nid "douillet" au sens propre... en utilisant du plastique paramédical. ©Frederic Tillier

À nous tous, citoyens et « consommacteurs » d’opter pour des emballages éco-responsables. Et aux Etats d’adopter les mesures nécessaires pour réduire le flux de plastique en mer et sur terre.