<![CDATA[30 Millions d'Amis - Dernières News]]> fr <![CDATA[30 Millions d'Amis - Dernières News]]> Tue, 17 Jul 2018 14:14:25 +0200 <![CDATA[A.-J. Bouglione : « Un lionceau vaut moins cher qu’un chien ! »]]>

30millionsdamis.fr : Quels retours avez-vous depuis la sortie de votre livre, véritable plaidoyer pour un cirque sans animaux ?

André-Joseph Bouglione : Il y a beaucoup de messages positifs ! Bien sûr, il y en a qui critiquent ma démarche. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde. Le fait de dire ce que l’on pense attire forcément certaines critiques.

Connaissez-vous d’autres circassiens prêts à suivre votre démarche ?

Il ne faut pas sous-estimer la puissance de l’inertie. Le train qui pèse lourd peut mettre des années à s’arrêter. J’ai eu une discussion avec un confrère, dont on peut dire qu’il est l’un de ceux qui fait bien son boulot. Au début, il voulait me faire la guerre. J’essayais de lui expliquer que ses vrais ennemis, ce sont les cirques voyous ! Ce sont eux qui provoquent l’amalgame.

Quelle est la dernière information sur les cirques qui vous a choqué ?

La mort de cette éléphante lors d’un accident de la route en Espagne m’a soulevé le cœur ! C’est dramatique et pathétique à la fois. Cela résume tous les risques que cela comporte d’avoir un animal sauvage en son sein.

Comment les cirques se procurent ces animaux sauvages ?

On n’achète plus d’éléphant dans les cirques aujourd’hui. Ils sont nés en captivité. Pour les fauves, c’est différent. Il y a beaucoup de naissances et les cirques peuvent se les acheter entre eux. Certains vont même trop loin et croisent des tigres avec des lions afin de faire monter les enchères…

Combien coûte un fauve en France ?

Un jeune lionceau vaut moins cher qu’un chien ! Cela peut aller de 500 à 1 000 euros. Passé un certain âge, il devient compliqué de ne faire autre chose que les garder. Aucun zoo n’en veut, aucun refuge… J’invite les cirques à faire les démarches avec les sanctuaires pour accompagner au mieux l’animal…

Vous, vous avez gardé vos fauves jusqu’au bout ?

C’est une histoire qui me fend le cœur… J’avais une tigresse, Dina et un tigre, Madras. C’était des animaux exceptionnels. Je les ai gardés jusqu’à la fin. Un jour, Madras s’est brisé la hanche. On a dû l’opérer, lui en mettre une artificielle. Ça allait mieux, il n’avait aucune séquelle. A 16 ans, il commençait à vieillir. C’est un âge très avancé pour un tigre qui n’évolue pas dans son milieu naturel. Sa hanche s’est brisée à nouveau. Un jour, la musique du cirque s’enclenche. Tous les animaux sortent et Madras essaie de se lever péniblement et… Il n’y arrivait pas. C’est horrible ! (Il s’interrompt, ne pouvant contenir ses larmes). J’ai eu un choc qui me marquera à vie… [A la suite de cette question, André-Joseph Bouglione nous demande de le rappeler, le temps pour lui de se remettre de ses émotions.]

La Fondation 30 Millions d’Amis a réalisé un reportage chez un particulier qui pratiquait l’hivernage. A quel point cela est-il courant dans le milieu ?

Ce sont surtout les petits cirques qui ont recours à l’hivernage. Comme ils n’ont pas de représentation toute l’année, ils laissent pendant la saison creuse leurs animaux en pension.Si cette pratique est légale, la question est plutôt morale. On peut dire que les circassiens traditionalistes sont dans le déni avec les animaux, ils sont de mauvaise foi. L’excuse du public qui veut voir des animaux ne tient plus, Pinder est d’ailleurs dans l’obligation d’annuler des dates pour faire des économies. Au lieu de nous intimider, ils feraient mieux fait de nous écouter : les animaux n’ont plus leur place dans les spectacles !

>> Découvrez notre vidéo : "cirques : l'envers du décor"

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<![CDATA[A.-J. Bouglione : "Tous les cirques qui maltraitent leurs animaux en ont toujours en dépit des contrôles"]]>

30millionsdamis.fr : Dans quelques jours paraitra « Contre l’exploitation animale » (Ed. Tchou). Pourquoi était-ce important pour vous d’écrire un livre ?

André-Joseph Bouglione :
J’ai conscience que le discours que je tiens fait polémique. Or il est difficile de le résumer en quelques phrases ; c’est pour cela que j’avais besoin d’un support qui puisse diffuser mon propos de façon exhaustive, sans que cela ne passe par un filtre.

A qui dédiez-vous ce livre ?

Aux animaux.

Qu’attendez-vous de sa publication ?

Qu’il diffuse, auprès d’une population qui a une vision erronée de ce métier, la vérité tout simplement. Je pense qu’aujourd’hui le cirque (les petits comme les grands établissements) doit se remettre en question. Il doit se regarder en face et sans concession, sans aucun compromis, se réinventer.
On ne peut plus continuer « comme d’habitude », à faire le même métier de la même manière que dans les années 50. Nous sommes en 2018, nous avons des enfants, il faut penser à eux. Il faut arrêter de dire « c’est la faute des autres », des médias, des villes, des politiques, de la concurrence, des militants anti-cirques avec animaux. Ceux qui se plaignent donnent l’impression d’être persécutés de tous les côtés. C’est faux, nous ne sommes pas Cosette dans Les Misérables, nous n’avons pas les Thénardier sur notre dos. On a tous le choix. J’ai fait le mien librement.

VERBATIM 1

 

Le cirque doit se regarder en face, sans concession et se réinventer.
A.-J. Bouglione

Ce choix vous a valu de nombreuses critiques…

Il est incroyable de constater l’hypocrisie de tous ceux qui m’attaquent. Ce qui est formidable, c’est que depuis 6 mois, ces personnes n’ont pas évolué de discours. Ils prétendent que mes animaux étaient malheureux chez moi, ou encore que je les ai vendus à des équarrisseurs ou des abattoirs pour la viande. Tout est calomnie, tout est rumeur. En revanche, aucun ne répond sur les arguments de fond que j’ai exprimé. A part tenter de décrédibiliser ma personne, il n’y a rien.

Le nombre des villes qui refusent les cirques avec animaux sauvages augmente. Mais les circassiens semblent ne pas saisir l’amplification de ce mouvement. Que leur répondez-vous ?

En quelques mois, le nombre de ces communes a doublé. Sans compter toutes les villes qui ne se sont pas encore prononcées, mais qui s’interrogent. Ce chiffre a augmenté alors même que les élus sont conscients des risques qu’ils prennent en révélant officiellement leur position. Cela peut paraître minime, mais c’est tout le contraire : c’est encore plus fort, plus symbolique, que des villes continuent à prendre ces arrêtés, en étant indifférentes aux prédications des préfectures, du ministère.

André-Joseph Bouglione avec des fauves :
un spectacle révolu. © DR

Aux accusations de maltraitance, les cirques avec animaux opposent l’amour qu’ils portent à leurs bêtes…

Le vrai problème c’est que la profession est fâchée avec son public. Et la cause de cette rupture, c’est précisément les animaux… parce que la captivité animale est perçue comme une injustice. Surtout lorsque l’on voit que les espèces les plus utilisées par les cirques, les tigres, les lions, les éléphants, sont des espèces en danger menacées de disparaître dans les dix prochaines années à l’état sauvage. Le problème est moral : aujourd’hui il n’est plus possible de détenir de pareilles espèces en captivité pour du divertissement.

Les cirques avec animaux séduisent-ils encore ?

Un détail me frappe : dans les années 50, environ 30 millions de Français allaient au cirque (avec animaux, NDLR). Aujourd’hui, on estime la fréquentation à près de 14 millions… En 30 ans, nous avons donc perdu ¾ de notre public si l’on tient compte de l’accroissement de la population. Mais ce n’est pas le pire : nous avons aussi perdu son regard positif et bienveillant. Certains me confient être allés accompagnés de leurs enfants voir des représentations avec animaux, parce que ça les faisait rêver eux-mêmes lorsqu’ils étaient petits. Eh bien ils le regrettent ! Subitement, ils ont été confrontés à la captivité des animaux pour leur propre divertissement et se sentent mal face à leurs enfants. Les mentalités évoluent et nous devons évoluer avec !

 

Les mentalités évoluent, le cirque doit évoluer avec !
A.-J. Bouglione

Dans votre ouvrage, vous remettez en cause les contrôles des services vétérinaires dans les cirques.

Des contrôles ? Il n’y en jamais. Moi j’en avais tous les deux ans et encore... Quand les services vétérinaires venaient, c’était une formalité. Ils ne regardaient pas l’état des animaux, les litières... Ils s’en moquent. Les cirques qui affirment qu’ils sont contrôlés dans toutes les villes sont des menteurs ! C’est d’ailleurs simple à vérifier : qu’ils montrent l’attestation remise par les services vétérinaires. La preuve ultime que ces contrôles ne sont qu’une illusion, c’est que tous les cirques qui maltraitent leurs animaux en ont toujours actuellement.

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Un patron de cirque a récemment réduit ses fauves à des êtres dont « [les] besoins se limitent à manger, boire et dormir ». Comprenez-vous cette vision ?

Le jour où les humains traiteront mieux les animaux, ils se traiteront mieux entre eux par voie de conséquence. Je pense que si l’humanité veut devenir réellement humaniste, il faut d’abord qu’elle devienne animaliste. Il faut qu’elle comprenne que le rapport d’amour entre les Hommes, n’est pas possible sans amour envers le règne animal. Tant que l’on n’aura pas compris cela, on continuera à scier la branche sur laquelle nous sommes assis confortablement. Pour moi, il faut que l’on considère la faune sauvage avec respect : c’est une question de survie à long-terme.

Contre l'exploitation animale
André-Joseph Bouglione
Editions TCHOU
15 €
Voir la fiche de lecture

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<![CDATA[Laëtitia Milot : « Les animaux m’ont appris à aimer »]]>

30millionsdamis.fr : Votre dernier ouvrage traite de complicité avec les animaux…

Laetitia Milot :
Liés pour la vie a pour personnage principal Lucie, qui est passionnée d’équitation et rêve de participer aux Jeux Olympiques. Tout bascule le jour où elle est victime d’un grave accident de voiture. Alors que le conducteur prend la fuite, elle se retrouve hémiplégique. C’est alors une descente aux enfers… suivie d’une remontée exemplaire ! C’est la force de la relation qu’elle a avec son cheval Saphir qui va l’aider à se relever, elle va finalement se passionner pour les Paralympiques. Cette partie de l'histoire est directement inspirée de Céline et Sophie, deux jeunes femmes non-valides qui font partie de l’équipe de France des Paralympiques. Lors de notre rencontre, j’ai pu constater leur force et leur formidable combativité. La relation fusionnelle qu’elles entretiennent avec leur cheval respectif est absolument spectaculaire. Ce qu’un cheval peut faire pour son cavalier force l’admiration.

Était-ce important pour vous d’écrire sur ce thème ?

J’avais fait, il y a quelques années, une immersion à la Garde républicaine. C’est là que je me suis rendue compte de ce qu’un cavalier et son cheval vivent. J’ai assisté à l’entraînement et je suis tombée amoureuse de cette relation fusionnelle. Il était important pour moi de montrer à quel point un cheval est intelligent et va s’adapter à son cavalier, contrairement à certaines idées reçues. Je voulais raconter la façon dont le cheval s’adapte au handicap : il fait vraiment en fonction de la personne et ressent tout de ses émotions. J’ai déjà entendu parler de chevaux qui développaient des ulcères… comme leur cavalière !

Vous pratiquez l’équitation ?

Je ne suis pas une grande cavalière mais j’aime bien me promener à cheval et passer du temps avec eux.

 

Notre fille sera élevée dans le respect des animaux.
Laëtitia Milot

Comme Lucie votre héroïne, croyez-vous que les animaux nous aident à guérir et participent à notre bien-être ?

Complètement ! Cela a été prouvé ; notamment avec les chevaux et les dauphins qui aident certains enfants autistes ou non-valides. Mais je le vois aussi tous les jours avec mes toutous et mon chat : ils ne me procurent que du bonheur ! Ils nous donnent de l’amour, quoi que l’on fasse. Si vous rentrez chez vous et que vous êtes de mauvaise humeur ou malade, vous constaterez vite qu’ils sont toujours présents et fidèles. Je me rappellerai toujours d’un souvenir très particulier : lorsque je me suis faite opérer pour la première fois en 2012, j’étais très angoissée. J’avais encore ma chienne Cali et elle avait tout ressenti : elle était sans cesse à mes côtés, à essuyer mes larmes. Elle ne voulait pas me lâcher, sa tête contre la mienne… Cela a été un moment intense où j’ai vraiment réalisé qu’elle ressentait tout de mes émotions ! Par ailleurs, en ce moment-même, je suis enceinte, et mes animaux le ressentent. J’ai des câlins d’enfer ; c’est fou de voir à quel point ils absorbent nos émotions et nos humeurs…

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Jaï et Naïa ont un cousin, Yoki, adopté à la CDA de Cabriès dont Laëtitia Milot est la marraine. © DR

Justement, combien d’animaux font partie de votre petite tribu à la maison ?

Au quotidien, j’ai Jaï, un Berger Allemand, et Naïa, un Cavalier King Charles et mon chat Satin.

Vous attendez votre 1er enfant : comptez-vous lui transmettre votre engagement pour la cause animale ?

Depuis toute petite, j’ai toujours grandi avec des animaux. J’ai toujours eu des chiens et mon premier chat à 8 ans. Je me rappelle tout particulièrement de Polka, une femelle Berger Allemand, avec qui j’ai de très bons souvenirs. Je la considérais presque comme une « petite sœur ». En effet, j’étais la petite dernière et j’ai grandi avec deux frères qui restaient très souvent entre eux : j’ai donc développé une très grande complicité avec elle.
Aujourd’hui, notre fille va elle-aussi grandir avec des animaux car mon compagnon et moi les aimons, et j’espère qu’elle recevra autant d’amour de leur part que nous ! En tout cas, nous ferons tout pour lui transmettre le respect de l’animal.

En 2015, Laetitia Milot recevait les caméras de 30 Millions d'Amis chez elle en compagnie de sa chienne Cali.

Selon vous, quels sont les bienfaits de grandir avec des animaux ?

Mes parents ont toujours eu des animaux que nous allions chercher au refuge près de chez nous. Nous avons même plusieurs fois adopté un animal en fin de vie. J’ai l’impression que cela m’a forgé aussi. Ça m’a appris à aimer, à être sociable. Aujourd’hui, je n’aime pas me prendre la tête et je suis quelqu’un qui aime avancer. Je suis très positive et j’essaie de croquer la vie à pleine dents, de sourire à la vie ! Ça je le dois aux animaux, qui nous donnent cette force.

Liés pour la vie
Laëtitia Milot
Editions Plon
17,90 €

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<![CDATA[Allain Bougrain Dubourg : « L’agression à l’égard des animaux s’apparente à un crime contre l’humanité »]]> 30millionsdamis.fr : Pourquoi écrire à la place des animaux ? Allain Bougrain Dubourg : Depuis longtemps et par bonheur il y a eu de très belles plumes qui se sont exprimées en faveur des animaux et qui ont tenté de les défendre. Je me suis dit qu’il était singulier, nouveau et peut-être davantage constructif, de donner la parole aux animaux pour qu’eux-mêmes plaident leur propre cause à l’égard de ce qui les touche : le taureau au torero, l’ortolan au braconnier, le cochon à l’éleveur… Alors évidemment, cela conduit à flirter avec l’anthropomorphisme, c’est-à-dire à prêter des sentiments humains aux animaux, puisqu’ils doivent prendre la parole pour finalement se faire entendre des humains. Cela me gênait un peu au départ… mais quand on progresse dans la démarche, on se rend compte que plus on avance dans l’éthologie, plus les comportements des animaux se rapprochent des comportements humains. C’est d’ailleurs toute l’affaire de la sensibilité : on voit que les animaux sont capables de s’accoupler pour le plaisir et pas pour pérenniser l’espèce, de tricher, de mentir, d’aimer, d’être solidaires, d’avoir de la compassion, de rire… toutes choses qui étaient jusqu’à présent censées être réservées aux hommes. A qui dédiez-vous ce livre ? Les premiers intéressés sont d’abord les éleveurs en batterie, les toréros et autres braconniers… Mais je m’adresse aussi et surtout aux concitoyens qui, me semble-t-il, ont plus de pouvoir aujourd’hui avec leur mode de consommation qu’avec leur bulletin de vote. Je prends l’exemple des œufs en batterie : on voit bien qu’ils vont être interdits, non pas par la volonté du gouvernement ou des ministres successifs mais justement parce que les ventes s’effondrent par la volonté des consommateurs qui refusent d’être complices d’un élevage inacceptable et contre-nature. Quel est l’animal dont le sort vous émeut le plus dans cet ouvrage ? Très honnêtement, ils me bouleversent tous. Ce qui me touche le plus peut-être c’est cette souffrance qui s’installe pour les animaux, avec un détachement et une forme de mépris de notre part. Pour moi, l’agression à l’égard du vivant s’apparente à un crime contre l’humanité. Et c’est d’autant plus inacceptable qu’on pourrait mettre un terme immédiatement à certaines de leurs souffrances. Il est évident que la tauromachie et la chasse à courre peuvent être arrêtées. C’est plus difficile lorsque cela demande des transitions pour les modes d’élevage par exemple.
Lettre des animaux à ceux qui les prennent
pour des bêtes (éditions Les Echappés).

Dans vos lettres, il y a un juste équilibre entre les sentiments exprimés par les animaux que vous retranscrivez et des informations très concrètes. Était-ce voulu de ne pas vous placer uniquement sur le registre de l’émotion ?

Il y avait deux choses qui me paraissaient importantes car en donnant la parole aux animaux, il fallait être extrêmement prudent des interprétations possibles. C’est d’abord d’offrir une littérature documentée : les propos que j’avance au nom des animaux ne sont pas simplement des émotions cumulées mais des faits qui sont actés. Le deuxième point, c’est de montrer qu’on peut – notamment par la conscience et les possibilités d’actions des concitoyens – changer les choses !

À la fin de chaque lettre, vous adressez des demandes aux citoyens. Pour vous, il vaut mieux sensibiliser qu’avoir un discours choc ?

Je crois qu’il faut les deux. Mais pour m’être beaucoup battu, et ce n’est pas terminé, je sais qu’il vaut mieux convaincre que vaincre. C’est plus durable. Il ne faut jamais lâcher prise, toujours être en action voire en réaction et en même temps sensibiliser progressivement.

Après toutes ces années à combattre la maltraitance animale, qu’est-ce qui vous choque toujours autant ?

C’est l’indifférence et le poids des lobbies. On a la capacité, à bien des égards, de changer les choses et on ne le fait pas. Prenons l’exemple des états généraux de l’alimentation : même s’ils ont augmenté les peines pour maltraitance, on est en retrait par rapport au projet initial. Je pense notamment au député Olivier Fallorni qui avait obtenu à l’Assemblée nationale la possibilité de placer des caméras dans les abattoirs. Cela a été rejeté et c’est extrêmement grave. Cela me choque. Il y a des doubles langages : d’un côté on nous dit « oui, on ne peut pas en rester là » puis de l’autre, on a beaucoup de mal à bouger.

Êtes-vous plutôt résigné ou plein d’espoir concernant la situation des animaux ?

Ce que je ressens, c’est que l’on a avec l’animal un rendez-vous historique perpétuellement raté. Tout commence avec les philosophes grecs qui nous invitent déjà à avoir de la compassion. Très peu évoquent les animaux.
Il y a les religions monothéistes où l’on aurait pu penser qu’on intégrerait nos voisins de planète les animaux dans une même compassion et un même esprit de solidarité. Malheureusement, dans les 3 religions, on voit bien que les animaux restent à côté du piédestal sur lequel s’est installé l’Homme.

 

Pour m’être beaucoup battu, je sais qu’il vaut mieux convaincre que vaincre.

Il y a des gens comme Montaigne qui vont écrire des pages admirables au 16e siècle sur la capacité des animaux à percevoir les émotions. Il y a le siècle des Lumières au 18e, où l’on pense sortir de l’obscurantisme avec les scientifiques qui vont nous éclairer mais on fait davantage de classification que de sensibilisation.
Même en mai 68 où l’ambiance est au « Peace and Love » et au retour à la nature, on aurait pu penser que tout à coup, on ouvre notre cœur au monde animal et qu’on refuse la maltraitance.

Je crois qu’on arrive enfin, au début du 21e siècle, à une hypothèse de cohabitation. Auparavant, il y avait une sorte de couvercle sur la marmite : on n’a pas voulu voir les élevages industriels ou on s’accommodait de la tauromachie ou autre. Aujourd’hui, notamment avec les images véhiculées par la Fondation 30 Millions d’Amis, L214 et d’autres associations, on ne peut plus échapper à cette réalité.

Si vous étiez un animal, lequel seriez-vous ?

J’ai toujours eu un faible pour les rapaces. Donc je serais un aigle évidemment.

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<![CDATA[Delphine Wespiser : ses conseils pour bien vivre avec son chien]]>

Elue Miss France en 2012, Delphine Wespiser a toujours soutenu la cause animale. A 25 ans, elle est végétarienne et aime s’entourer d’animaux : chevaux, chats, chiens... Avec un plaisir évident, elle a accepté d’accueillir les équipes de 30 Millions d’Amis chez elle à Mulhouse, dans son Alsace natale, pour nous parler de son engagement et de son amour pour nos 30 millions d’amis.

Delphine et Haïco, inséparables

Aux côtés de son golden retriever de 5 ans, elle en profite aussi pour donner quelques conseils pour vivre en harmonie avec ses compagnons à quatre pattes ! Comment éduquer son toutou ? Comment le soigner ? Comment le rendre heureux ? Elle témoigne de son expérience avec Haïco.

En effet, le duo est inséparable et la jeune femme fait toujours son possible pour qu’il l’accompagne partout : au travail comme dans ses loisirs !

Ambassadrice de la cause animale

Devant les caméras de 30 Millions d’Amis, Delphine Wespiser n’a pas hésité à réaffirmer sa volonté de défendre les animaux. Grâce à sa popularité, elle est devenue une véritable ambassadrice de la cause animale en France.

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<![CDATA[Reha Hutin : « Le droit animalier est une discipline universitaire incontournable »]]> 30millionsdamis.fr : La Fondation 30 Millions d'Amis est partenaire du premier DU français en droit animalier de la faculté de Limoges. Pourquoi ?
Reha Hutin : La Fondation 30 Millions d’Amis travaille sur cette thématique depuis de nombreuses années. Pour mémoire, lorsque nous avons lancé 30 Millions d’Amis à la fin des années 70, nous parlions du magazine des « droits de l’animal et des devoirs de l’Homme ». C’est vous dire que ces notions sont au cœur de nos préoccupations depuis l’origine. Notre société est ainsi faite que l’amélioration du bien-être des animaux passe – en partie – par l’évolution du droit animalier. L’actualité nous en donne des exemples tous les jours. Les grandes victoires de la Fondation 30 Millions d’Amis en matière de protection animale l’ont été par des avancées législatives significatives. Il était donc primordial que ce pan du Droit soit enseigné en France et je me réjouis qu’il le soit en partenariat avec la Fondation 30 Millions d’Amis. C’est à la fois logique et symbolique.

Depuis, d’autres universités ont emboîté le pas : Strasbourg, Aix-en-Provence…
RH : Rien de surprenant ! Et je me félicite de ces initiatives, en espérant que très rapidement l’ensemble des universités proposent cet enseignement. Le droit animalier est incontestablement devenu une discipline universitaire d’avenir incontournable.
 

La cause des animaux n’est en rien une sous-cause !

Quel est l'apport du Droit par rapport aux débats de société ou philosophiques en matière de respect des animaux ?
RH : Je crois que les uns et les autres sont interdépendants. Lorsque la Fondation 30 Millions d’Amis a travaillé à la modification du régime juridique de l’animal dans le Code civil, nous avons vu à quel point l’appui des intellectuels a été crucial. Aujourd’hui, la demande sociétale concernant le respect des animaux est très forte. C’est à nous, organismes de protection animale, de nous en faire l’écho et le relais. Mais le Droit est primordial. Car s’il ne peut changer à lui seul les réalités les plus sordides, il est le moyen le plus adapté pour les faire évoluer durablement dans une direction plus respectueuse des animaux.

Le statut des animaux dans le droit français est-il satisfaisant ?
RH : Ce qui est certain c’est que depuis que la Fondation 30 Millions d’Amis est parvenue à faire modifier leur statut juridique dans le Code civil en 2015, ils ne peuvent plus être assimilés de près ou de loin à des meubles ! Cette réforme est absolument capitale et tout défenseur sincère des animaux ne peut que s’en réjouir. Mais que l’on se comprenne bien : ce que nous avons obtenu n’est en rien un point d’arrivée victorieux, mais au contraire, un point de départ ambitieux. Le débat juridique a été déverrouillé et c’est une excellente chose ! Je suis persuadée que dans un futur plus ou moins proche, les animaux bénéficieront d’une catégorie « sui generis ».

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Aujourd’hui, certains pensent qu’il n’y a pas lieu de s’occuper des animaux tant il y a matière à s’occuper des Hommes…
RH : Je ne m’inscris absolument pas dans cette dichotomie dans laquelle d’aucun voudrait nous enfermer. Il faut que chacun prenne conscience qu’à travers les animaux nous nous occupons aussi des hommes ; nous partageons cette terre et nos destins sont liés. Améliorer le sort des uns ne se fait pas au détriment des autres donc quel reproche pourrait-on bien nous faire ? Sur ce point, relisons nos écrivains comme Hugo, Voltaire ou Zola… Notre cause n’est en rien une sous-cause ou une cause annexe ! Par ailleurs, la Fondation 30 Millions d’Amis n’a jamais opposé l’homme à l’animal, bien au contraire. Quand nous créons avec l’Ordre de Malte une péniche qui accueille les sans-abri avec leur animal de compagnie, quand nous favorisons l’intégration des animaux auprès des personnes âgées dans les maisons de retraites ou auprès des malades en milieu hospitalier, j’ai sentiment que nous œuvrons dans le bons sens.
 
Du point de vue des lois de protection animale, comment se situe notre pays ?
RH : Beaucoup a été fait en France. Je suis fière du travail accompli en 40 ans. Mais je sais aussi que beaucoup reste à faire, sur le plan législatif notamment : faire interdire l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques, imposer le recours aux méthodes substitutives pour en finir avec l’expérimentation animale, obtenir la fermeture des élevages d’animaux pour la fourrure sur notre territoire… Sur certains points, d’autres pays sont en avance il faut le reconnaître. Mais je note avec satisfaction que sur le statut juridique de l’animal, le Québec s’est récemment inspiré de la France et de l’action de la Fondation 30 Millions d’Amis. Et la Belgique pourrait suivre d’ici peu

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<![CDATA[Corine Pelluchon : « La cause animale est aussi la cause de l’humanité »]]> 30millionsdamis.fr : Vous dressez un état des lieux assez sombre sur le traitement réservé aux animaux dans notre société…
Corine Pelluchon : Cette violence faite aux animaux est le miroir d’une société violente et d’un modèle de développement essoufflé, générateur d’injustices et de désastres sociaux et environnementaux. Effectivement c’est un tableau sombre, car on est arrivé à une extrémité dans la violence envers les animaux et même envers les humains. Les individus ont perdu le sens de ce qui les relie aux autres et ne s’éprouvent que comme des producteurs ou des consommateurs. Leur vide intérieur et leur peur panique de tout ce qui échappe à leur contrôle expliquent leur besoin de dominer les autres, en particulier les êtres les plus vulnérables, dont la vie leur est confiée. L'intérêt de mon livre est de montrer que la cause animale est aussi la cause de l'humanité.

Le livre est assez court (100 pages). Est-ce une volonté de rendre la protection animale plus accessible ?  
CP : Je ne suis pas une femme politique et je ne sauve pas quotidiennement des animaux comme le fait la Fondation 30 Millions d’Amis. Comme philosophe politique, mon rôle est d’éclairer l’action et la pensée en donnant d’abord quelques repères pédagogiques et théoriques. C’est pour cela qu’il y a un glossaire avec une vingtaine de termes importants qui sont définis, comme « sentience », « antispécisme », « éthologie »... Je souhaite aussi montrer que l’« animalisme » n’est pas seulement ni essentiellement l’apologie du mode de vie végane, mais que ce qui est en jeu dans la maltraitance animale, c’est tout un modèle de développement. Enfin, j’ai voulu aider les personnes perplexes à « traverser le miroir », celles qui se posent beaucoup de questions en voyant des vidéos qui montrent la façon dont les animaux sont élevés et abattus. Il fallait leur dire qu’un mouvement solide et structuré existe.

Pour arriver à ce changement de société, vous faites des propositions concrètes.
CP : L’une de mes stratégies est la reconversion. Certains changements ne se décrètent pas ; il faut des aides logistiques et financières pour remplacer, dans un premier temps, l’élevage intensif par l’élevage extensif.
Parler de transition suppose que l’on sait où l’on va ; on sait quel est l’objectif, mais on reconnaît que cela peut prendre du temps et surtout on a une méthode. Au lieu de considérer les personnes qui exploitent les animaux comme des ennemies, on va travailler de concert avec elles, y compris quand on propose, ce que je fais, la suppression des spectacles de dauphins, d’orques, des cirques avec animaux... Celles et ceux qui travaillent dans un delphinarium, comme dresseurs ou scientifiques, pourraient, par exemple, être très utiles dans le cadre de programmes de réintroduction des cétacés dans leur milieu naturel, quand cela est possible.

 

L’amélioration de la condition animale passe par un volontarisme politique.

Vous proposez une politique de long terme et des solutions applicables immédiatement pour améliorer le sort des animaux.
CP : J’ai expliqué pourquoi certaines pratiques pourraient être supprimées immédiatement. Comme la fin de la fourrure, du foie gras, de la captivité des animaux sauvages et de la corrida. Cela pourrait faire l’objet d’un large consensus. S’agissant de la captivité des animaux sauvages, dès que les gens savent à quel point les animaux souffrent, ils ne vont plus voir des spectacles de dauphins ni de cirques avec animaux. Demander la fin de la captivité des animaux sauvages et de leur exploitation, c’est une mesure phare. La beauté sauvage on ne se l’accapare pas, on la respecte. Quant à la corrida, c’est la quintessence de la domination et sa disparition est programmée. On ne peut pas conserver ces spectacles violents et encourager le respect et la compassion envers les autres. Faire de la domination d’un animal magnifique un art et se réjouir de son supplice, c’est moralement très problématique.

Malgré les actions de sensibilisation des associations de protection animale, malgré une énorme mobilisation citoyenne, on a l’impression que les réponses politiques tardent à venir…
CP : Il faut de la patience. Dans le passé de grands combats ont été portés durant des décennies, voire des siècles, par la société civile afin d’être gagnés sur le plan politique. Pensez au combat pour l’abolition de l’esclavage ou à l’égalité entre les hommes et les femmes. Il a fallu du temps, de l’énergie, de l’intelligence aussi et de la stratégie.
J’ai écrit ce livre pour aider l’animalisme à entrer en politique. Il semble que les candidat-e-s à l’élection présidentielle réduisent encore le mouvement animaliste à la seule protection animale. Or, il va au-delà de l’amour pour les animaux et de leur défense ; il implique une certaine idée de l’humain, de la civilisation et de la justice et, comme je l’écris, « nous avons un monde à y gagner ».
Si de plus en plus de personnes se disent concernées par la question animale et si le mouvement grossit, les candidat-e-s à l’élection présidentielle seront obligé-e-s de les écouter au risque d’être dans un déni de démocratie.

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L’émission 30 Millions d’Amis soulignait l’importance du lien entre humains et animaux.

De quand date votre engagement pour la cause animale ?

CP : Je suis née à la campagne ; il y avait près de chez mes parents des vaches qui vivaient 15 ans et avaient chacune un prénom. J’ai vu la transformation des exploitations en fermes-usines. J’ai ouvert les yeux tardivement, vers 35 ans. Le vrai moteur des changements personnels et collectifs, ce n’est pas l’argumentation, mais les affects. La raison sert à justifier ses décisions, la science fonde en raison ce qu’on a déjà reconnu. Je pense que nous avons minimisé le poids des affects et des émotions dans l’éducation et dans le chemin qui nous conduit à changer nos styles de vie, notre rapport aux autres. C’est pourquoi l’émission 30 Millions d’Amis était très bien : elle soulignait parfaitement l’importance du lien entre humains et animaux.

Et vous-même, avez-vous un animal de compagnie ?
CP : J’ai une chatte de 8 ans que j’ai adoptée alors qu’elle avait 2 ans, et que j’adore ! Elle s’appelle Boulie, c’est une croisée chartreuse, une merveille ! Elle m’accompagne tout le temps, en vacances, à la campagne. Je l’ai adoptée auprès d’une association ; elle était chétive et a eu un début de vie difficile. Aujourd’hui elle n’est plus craintive ; elle se sent chez elle et a son petit caractère. Elle est formidable. J’ai l’impression que les animaux qui ont été sauvés « donnent » encore plus que les autres.

Plus d'infos :
Manifeste animaliste
Alma éditions
10 €
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<![CDATA[Raphaël Mezrahi : « Ma maison est ouverte à tous les animaux » ]]>
Raphaël Mezrahi. © Thibaut Voisin

30millionsdamis.fr : Dans votre livre à dessiner "La Bande à dessiner", vous proposez plusieurs pages sur la thématique des animaux : les chats, les oiseaux… Elles vous semblaient indispensables dans cet ouvrage ?
Raphaël Mezrahi : Dès que j’ai l’occasion de parler des animaux, je le fais ! Même sur les réseaux sociaux, 80 % de mes tweets concernent la cause animale. Dans la rue maintenant quand on m’arrête, ce n’est plus pour parler de ma carrière mais pour discuter des animaux !

Vous êtes végétarien : qu’est-ce qui vous a motivé à le devenir ?
RM : Cela fait une vie que je suis végétarien. C’est mon instinct qui m’y a poussé, contre l’avis de mes parents. Quand je suis arrivé à Paris, mon père m’a demandé si j’avais trouvé une bonne boucherie : je lui ai répondu « oui, mais je me contente de dire bonjour de loin au boucher ».

Vous êtes aussi anti-chasse, anti-corrida, anti-fourrure…
RM : Je suis surtout « anti-con » !

Une des pages intérieures du livre "La Bande à dessiner" qu'il faut compléter soi-même sur la thématique des oeufs.

Vous parlez aussi de religion et du sacrifice des moutons dans votre ouvrage : vous pensez que la religion n’est pas tendre avec les animaux ?
RM :
Le problème, c’est que dans toutes les religions, et croyez-moi j’ai étudié tous leurs livres, on sacrifie des animaux. Par exemple dans la Bible, Abraham est mis à l’épreuve et doit offrir son fils en sacrifice. Juste à temps, Dieu arrête son geste et il choisit un bélier à la place. Autrement dit, quand on menace de sacrifier un humain au final ça ne se fait pas et on préfère sacrifier un animal. A la fin, c’est toujours l’animal qui morfle. Moi, ma religion, c’est qu’on fiche la paix aux animaux !

Vous avez un chien, un teckel. Avez-vous d’autres animaux ?
RM : J’en aurais 1000 si je pouvais ! J’ai une maison dans les bois et il y a beaucoup de bêtes qui débarquent, notamment des hérissons. Ma maison est ouverte à tous les animaux et ils le savent bien. J’ai un grand étang par exemple où il est interdit de pêcher. J’ai des poissons qui y vivent en toute sérénité et d’autres animaux viennent squatter.

Si je vous donne une page blanche de votre livre pour imaginer l’avenir dont vous rêvez pour les animaux, qu’est-ce que vous me dessinez ?
RM : L’avenir des animaux ? Il est mal barré. Il y a de plus en plus de monde mais aussi de plus en plus d’imbéciles. Malheureusement, dans la vie, l’humain ne regarde pas et n’écoute pas. Le jour où cela changera, on aura fait un grand pas ! Mais la vie est une plaisanterie qui se termine en drame !

 

Ma religion ? Qu’on fiche la paix aux animaux ! Raphael Mezrahi

Je vous redonne la place de journaliste l’espace d’une minute, quelle question posez-vous aux 3 personnages suivants : un chasseur, un toréador, un chercheur qui expérimente sur les animaux ?
RM : Je poserais la même question aux trois : pour vous, quel est le but de la vie ?

Au quotidien, comment se traduit votre engagement pour les animaux ?
RM : Pour moi, c’est naturel d’aider les animaux. Cela m’arrive souvent de faire des kilomètres en voiture jusqu’à ce que j’aperçoive un animal en détresse comme un chien abandonné et je le sauve. Je vois cela comme un devoir de citoyen. Je débarque régulièrement dans les cliniques vétérinaires pour apporter des animaux blessés. Au début, on me prenait pour un ovni et on pensait que je plaisantais. Mais moi, je ne fais des plaisanteries que si je suis payé ! (Rires) Depuis, les vétérinaires sont devenus des amis ! Je suis aussi engagé auprès de plusieurs associations de protection animale. Dans mes spectacles, le premier rang est interdit aux humains : il est occupé par des peluches d’animaux ! Plus généralement, je parle des animaux partout, même chez le psy ! Une fois, j’ai vu une psychologue tuer un moucheron devant moi et je lui ai dit : « Vous êtes là pour aider à sauver des vies et vous en tuez ? » Elle était scotchée.

Plus d'infos : "La bande à dessiner" de Raphaël Mezrahi

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<![CDATA[Jeanne Mas : « Un animal qui donne sa chair mérite le respect »]]> Vous venez de publier et d’assurer la promotion de votre livre où il est beaucoup question de végétarisme. Comment avez-vous été reçue dans les médias ?
Jeanne Mas :
Cela s’est bien passé. Je crois qu’il y avait un intérêt de la part des médias sur le sujet. D’autant que cela a coïncidé avec la diffusion des images de l’abattoir du Vigan révélées par l’association L214. Cela fait prendre conscience de toute l’horreur et de la torture subies par les animaux dans les abattoirs. Parce qu’on ment au consommateur ! On dit que c’est un abattoir bio, comme si un abattoir qui fait couler du sang pouvait être bio… C’était donc le bon moment pour faire entendre mon message sur le végétarisme et les médias se sont montrés assez ouverts. Dans votre livre, vous évitez l’écueil du prosélytisme. Pour vous, quel est l’objectif de cet ouvrage ?
JM : On ne peut pas se permettre de culpabiliser les gens. La plupart de ceux qui mangent un steak, ne savent pas toute la souffrance qu’il y a derrière ! On ne peut pas les blâmer de leur manque de connaissances. Par exemple, qui sait qu’un kilogramme de viande requiert environ 15 000 litres d’eau ? Il faut les informer, leur expliquer qu’il ne faut pas faire n’importe quoi si on veut devenir végétarien et c’est tout le but de mon livre. Ne plus manger de viande : est-ce devenu « tendance » ? Ou est-ce mieux perçu et plus facile aujourd’hui qu’hier ?
JM : Pour moi, ce n’est pas une mode. Le sans-gluten est une mode. Mais le végétarisme est une prise de conscience. Les gens ont envie de se préoccuper de leur santé. On aspire tous à une vie meilleure ! Mais c’est vrai que plus facile aujourd’hui ! Moi, quand j’étais jeune et que je disais que je ne me sentais pas en phase avec le fait de faire souffrir des animaux, on me demandait si je n’étais pas hippie ! On me voyait comme une extraterrestre. Aujourd’hui, on comprend. Il y a encore des mentalités fermées mais pour moi, c’est dû à un manque d’information.
 

"Le végétarisme est une prise de conscience."
Jeanne Mas

Vous avez adopté un mode de vie très sain que vous avez transmis à vos enfants : c’était essentiel qu’ils soient aussi végétariens pour vous ?
JM : Je les ai guidés vers le végétarisme. Mais j’ai toujours fait très attention à leur alimentation et mes enfants n’ont jamais eu de carences ni été obèses. Toutefois, lorsqu’ils étaient en dehors de la maison, ils pouvaient manger de la viande s’ils le souhaitaient. Par la suite, ils ont eu le choix car il ne faut rien imposer !

La corrida, la chasse, la fourrure, l’expérimentation animale : qu'est-ce qui vous touche le plus ?
JM : Moi, tout me touche, tout est horrible. Au nom de la « culture », on va massacrer des taureaux. Mais n’a-t-on pas envie d’éliminer cette violence inutile ? Les filles qui portent encore de la fourrure, sont-elles conscientes de toute la souffrance endurée par ces animaux ? Aujourd’hui, je m’isole auprès de ceux qui ont du respect pour la planète et les animaux, car ce sont eux qui respectent aussi les gens.

Aux USA, où vous vivez maintenant, vous dîtes que votre choix de vie est plus facile…
JM : Aujourd’hui, tous les restaurants sont plus ou moins végétariens voire vegan. Je ne vais que dans les restaurants dont le leitmotiv est la santé. En France, les restaurateurs ne comprennent pas toujours lorsque je dis que je suis vegan. On me répond : « mais vous mangez de la mozzarella alors ? Ou des crevettes sinon ? ». C’est effectivement plus facile aux Etats-Unis. Tout ce que j’ai appris sur le végétarisme, je l’ai appris là-bas.

Êtes-vous investie pour la protection des animaux aux USA ?
JM : Je me suis particulièrement investie dans la protection des loups car certains états autorisent le tir à bout portant sur ces animaux. J’apporte aussi un soutien financier à diverses associations de protection animale pour les aider à payer des avocats. Car pour protéger les animaux, il faut des lois !

Un dernier mot ?
JM : Je pense qu’on devrait poser des caméras dans tous les abattoirs pour qu’on puisse surveiller le moindre dérapage. Un animal qui donne sa chair mérite le respect. Aucun animal n’a envie de mourir et souhaite si possible, vivre une vie heureuse. Le jour où tout le monde sera végétarien, les animaux pourront être tranquilles.

Plus d'infos :
Ma vie est une pomme
Editions Michel Lafon
17,95 €
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<![CDATA[Liliane Sujanszky : « On ne réglemente pas la torture, on l’abolit »]]> 30millionsdamis.fr : Qu’est-ce qui vous a décidé à publier ce livre ?
Liliane Sujanszky : Actuellement, j’entends dire qu’il n’y a aucune amélioration dans la protection animale, que tout va mal. C’est vrai que l’on peut être déçu mais il y a quand même des progrès. Avec ce livre qui aborde en profondeur des victoires de la cause animale, je veux montrer qu’il y a beaucoup de choses à améliorer mais qu’on ne peut pas dire que rien n’a été fait !
Je voulais aussi dédier ce livre aux jeunes qui sont engagés dans la cause animale. En détaillant toutes les actions qui ont marché ou pas, j’espère leur faciliter la tâche, pour qu’ils ne fassent pas deux fois le travail. Il faut qu’ils puissent travailler mais qu’ils ne perdent pas de temps ! Ainsi, s’ils veulent des textes de lois plus radicaux par exemple, ils verront que nous avons réussi à faire bouger les choses auparavant et qu’ils ont donc raison de s’obstiner !

De quel sauvetage ou réussite êtes-vous la plus fière ?
LS : Je sais que certaines personnes n’aiment pas les loups. Mais moi, je suis très fière du sauvetage de 80 loups réalisé en Hongrie en 1991. Ces loups étaient parqués dans des hangars en attendant d’être tués pour leur fourrure. Mais lorsque la Hongrie ratifia la Convention de Washington, qui rendait donc impossible cette tuerie, les 80 loups qui devaient être abattus ont littéralement été abandonnés à leur sort dans ces hangars. Il était donc urgent de trouver une solution pour leur éviter un sort funeste. J’ai des souvenirs extraordinaires de cette opération notamment lorsqu’un loup, qui avait donc été maltraité, est venu se coucher à mes pieds. Gérard Ménatory, qui a créé le parc animalier du Gévaudan, m’a dit que c’était un signe de reconnaissance !
Liliane Sujanszky. © M.Gesquiere

Vous ne vous êtes pas seulement engagée dans la cause animale…
LS : Je trouvais anormal de tout faire pour les animaux et rien pour les humains. J’ai notamment été secouriste bénévole avec mon époux auprès de la Protection civile pendant de nombreuses années.  En 1996, j’ai aussi fondé une association « la Ligue contre la cruauté pour la protection de l’enfant et de l’animal martyrisés » car derrière un animal maltraité, il y a souvent un enfant battu.

Vous dites « On ne réglemente pas la torture, on l’abolit » à propos de la chasse à courre : c’est un thème qui vous touche plus particulièrement ?
LS : La chasse à courre, les combats de coqs ou encore les corridas sont des spectacles qu’il faut abolir et non pas réglementer. On ne doit pas faire de spectacles avec les animaux.

A votre avis, quel grand combat devra-t-on mener ces prochaines années ?
LS : La corrida. Et la chasse à courre aussi. Tout ce qui est l’amusement de l’homme aux dépens des animaux. C’est d’ailleurs pareil pour les cirques : a-t-on vraiment besoin des animaux dans les cirques ? Ce sont des animaux sauvages qu’il faut laisser dans leur milieu naturel. Et il y a tellement de cirques qui sont sans animaux et qui font des spectacles merveilleux…

En 2015, sous l’impulsion de la Fondation 30 Millions d’Amis, l’animal a été enfin reconnu comme un "être vivant doué de sensibilité" dans le Code civil…
LS : C’était une nécessité. Il faut continuer et ne surtout pas baisser les bras !

En savoir plus :

45 ans de protection animale de Liliane Sujanszky
25 €
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