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Interview

Hugo Clément : « Les Français en ont ras-le-bol des souffrances infligées aux animaux ! »

L'un des initiateurs du référendum d'initiative partagée pour les animaux, Hugo Clément, se réjouit de l'impact du RIP au sein de la société. /©Hugo Clément

Le Référendum d’initiative partagée (RIP) pour les animaux – soutenu par la Fondation 30 Millions d’Amis – s’est peu à peu imposé dans l’espace public et politique, jusqu’à devenir incontournable. En plein confinement, le collectif lance une manifestation virtuelle géante pour mettre un terme aux souffrances infligées aux animaux. 30millionsdamis.fr a rencontré le journaliste Hugo Clément, figure de l’initiative.

30millionsdamis.fr : Quel est le but de cette manifestation virtuelle ?

Hugo Clément : L’idée est de partager un même texte, une même image, pour dire stop aux souffrances que l’on fait endurer aux animaux. En pleine période de confinement et alors que nous ne pouvons pas nous rassembler physiquement, nous le faisons symboliquement. Les Français en ont ras-le-bol de toutes ces souffrances infligées aux animaux ! Il nous faut porter ce mécontentement, tout en respectant les mesures sanitaires.

Quel premier bilan portez-vous sur le RIP 

C’est très positif ! Face aux lobbys de la chasse à courre ou de l’élevage intensif, il nous fallait parler d’une seule voix. Les associations de protection animale ont œuvré ensemble autour de sujets communs et pour maintenir la question animale au cœur du débat public. 141 députés se sont engagés, certains prennent des positions publiques et la ministre de la Transition écologique a été obligée d’accélérer certaines décisions vis-à-vis des cirques, des delphinariums et des élevages de visons. Le RIP a permis de mettre une certaine pression citoyenne et de confirmer qu’il existe une véritable force électorale autour de la cause animale.

 

Il existe une véritable force électorale autour de la cause animale.

Quels ont été les principaux obstacles dans la mise en place 

Des difficultés, il n’y en a pas eu tant que ça ! Tout s’est bien goupillé. Tout le monde a vu l’intérêt de ce dispositif inédit. Nous échangeons régulièrement avec les associations, nous travaillons en bonne intelligence. Cela nous donne de la force. Il est bon que le RIP soit ancré en toile de fond tel un outil de mobilisation. Nous serons encore là pendant plusieurs mois et probablement jusqu’à l’élection présidentielle pour interpeller chaque candidat. 

Avez-vous reçu des menaces en raison de votre exposition ?

Mon rôle m’expose effectivement à quelques menaces, cela fait malheureusement partie du jeu. Mais je suis très bien entouré. Comparé à la masse de messages bienveillants que je reçois, c’est anecdotique. Cela ne me perturbe pas, j'ai du recul là-dessus.

 

Voir les dégâts que l’on inflige aux écosystèmes… Cela m’a sauté au visage !

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la cause animale 

A travers mon métier j’ai découvert tout ce que l’humain pouvait faire subir aux animaux. J’ai vu des choses tout à fait choquantes dans plusieurs pays du monde où l’on retrouve la même manière de faire souffrir. Le vrai révélateur, c’était mes reportages dans les élevages intensifs, notamment de porcs et de poulets. J’ai découvert ce que je ne connaissais pas, je me suis posé des questions que je ne m’étais jamais posées. La pêche industrielle m’a également marqué. Voir les dégâts que l’on inflige aux écosystèmes… Cela m’a sauté au visage ! Dans le même temps, j’ai lu énormément d’études, de bouquins sur les émotions animales, l’éthologie… C’est notamment pourquoi il y a 4, 5 ans, j’ai arrêté de manger de la viande puis du poisson.

La cause animale est-elle enfin prise au sérieux dans l’espace médiatique 

De plus en plus ! Toutes les thématiques du RIP (ndlr : élevage intensif, élevage en cage, chasses traditionnelles, fourrure, spectacles avec animaux sauvages et expérimentation animale) s’imposent dans l’espace public aujourd’hui. La protection animale est un sujet crédible. Avant, on se moquait des gens qui en parlaient, notamment les politiques. Aujourd'hui, ces mêmes politiques peuvent en débattre à l’Assemblée ! Les médias traitent désormais cette thématique sans être trop caricaturaux. C’est la grande victoire des associations de protection animale qui ont lutté pendant des années contre des moulins à vent et qui ont souvent été marginalisées. Il faut leur tirer un grand coup de chapeau. 

 

Cette pandémie, nous en sommes responsables par notre manière de nous comporter.

Les annonces de Barbara Pompili sur l'interdiction des cirques avec animaux sauvages, des delphiniums et des élevages de visons vous donnent raison ?

C’est en tout cas une bonne nouvelle, on ne peut que s’en réjouir ! Il faut évidemment voir quelle sera la marge de manœuvre de la ministre, quel calendrier sera donné et comment cela sera appliqué. Mais c’est courageux de la part de Barbara Pompili connaissant les réticences au sein-même du gouvernement. Il faut savoir se satisfaire des petites victoires. 

Quelle est la dernière actualité qui vous a le plus marqué 

L’abattage de plus de 17 millions de visons pour prévenir un risque de contamination à la Covid-19 au Danemark est un symbole de notre comportement destructeur. Ce sont des animaux qui de toutes façons auraient été tués pour l’industrie de la mode. Mais ils ne devraient même pas être dans ces élevages. Cette pandémie, nous en sommes responsables par notre manière de nous comporter. Nous faisons payer le prix à des humains, mais aussi à des animaux qui n’ont rien demandé. Quand on sait que la concentration d’animaux dans ces élevages favorise l’émergence de virus, cela devrait nous inciter à sortir de toute urgence de ce modèle. Pour le bien de tous !

Commenter

  1. ManonG11 22/11/2020 à 09:11:46

    Heureusement qu’il y a des personnes qui ouvrent les yeux des autres sur une telle cause ! Ils faut vraiment faire bouger les choses

  2. Polluxopoil 18/11/2020 à 23:40:10

    merci Hugo clément d avoir ouvert les yeux, de vous êtes interrogé sur la souffrance animale qui hélas n'a pas de frontière.

    La souffrance est sous toute ses formes, nos amis les amis ont besoin de toutes les personnes connues ou inconnues pour les aider, faire entendre leur voix et convaincre la classe politique d avoir le courage d agir vite pour leur bien-être, leur protection..merci à toutes les associations, bénévoles , petites mains qui agissent au quotidien sans relâche pour nos amis les bêtes