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Interview

Éric Antoine : « Ne plus instrumentaliser les animaux, c’est devenu une règle absolue pour moi ! »

Aux côtés de Cookie, le berger australien, et Robin, le Golden, Éric Antoine est très bien entouré./©Éric Antoine

Trois ans après avoir présenté des excuses suite à l’utilisation d’une lionne dans une de ses émissions (3/1/2018), Éric Antoine a effectué un véritable examen de conscience sur l’exploitation des animaux. Désormais végétalien et fervent défenseur de la cause animale, le magicien star de l’émission « La France a un incroyable talent » sur M6 se refuse désormais d’utiliser des animaux dans ses spectacles. Il se confie à 30millionsdamis.fr.

30millionsdamis.fr : Il y a 3 ans, la Fondation 30 Millions d’Amis vous a interpellé alors que vous utilisiez une lionne dans l’une de vos émissions sur M6…

Éric Antoine : L’idée était d’offrir un moment magique à une jeune fille qui rêvait d’avoir un chat. A l’époque j’avais trouvé ça joli de raconter une histoire : celle de transformer un lion en chat. Je ne voyais évidemment pas le mal à ce moment précis, je ne pensais qu’au côté spectaculaire et au plaisir du public. J’étais aussi influencé par le fait que je connaissais l’animal, que je savais bien traité. Mais cette séquence a déclenché une véritable onde de violence sur les réseaux sociaux. Et ça a provoqué un déclic.

Quel déclic ?

Quand on est agressé, et même si on a tort, on ressent une forme d’injustice. Ce n’est pas tant les commentaires violents qui m’ont amené à réfléchir sur ce qu’il s’est passé, mais les réactions plus pondérées de ces mamans qui disaient qu’elles ne voulaient pas que leurs enfants voient un animal sauvage à la télévision. Là, je me suis dit : « Elles ont raison ». On ne devrait pas montrer un lion en cage à la télé. On devrait les montrer dans leur habitat naturel. Et quelle qu’ait été mon intention au départ, la place d’un animal sauvage n’est fondamentalement pas sur un plateau, ni dans un cirque, ni dans un zoo… Cette expérience a fait évoluer mon point de vue.

 

La place d’un animal sauvage n’est fondamentalement pas sur un plateau, ni dans un cirque, ni dans un zoo…

Cela vous a transformé ?

Oui. J’ai compris l’impact que cela avait sur l’animal mais aussi sur l’humain. Je travaille dans le cirque depuis mon plus jeune âge. J’y ai vu tout et n’importe quoi. Il y avait certes quelques belles histoires de complicité homme-animal, mais aussi des horreurs : des lions qui dormaient avec des enfants, des éléphants dépressifs… Quand les cirques sans animaux sont arrivés, j’ai été l’un des premiers à trouver cela génial. Je comprends la souffrance actuelle des circassiens mais il n’y a pas d’autre avenir possible qu’un cirque sans animaux.

Et dans les tours de magie ?

Je suis magicien et j’ai moi-même réalisé des tours avec des colombes. Et, même si j'ai toujours évité de trop les solliciter, je ressens aujourd’hui un profond sentiment de culpabilité. C’est aussi ce qui a provoqué cet examen de conscience. On ne le sait pas forcément, mais ces tours peuvent être physiquement violents pour les animaux. Et ces oiseaux vivent forcément moins longtemps. Quand je regarde mes colombes dans la volière, ça me fait mal au cœur. Je les ai rendues dépendantes de moi, incapables de survivre seules. Je les ai mis en prison. C’est douloureux car j’ai une responsabilité et cela me pose de vrais problèmes aujourd’hui.

Le monde du spectacle doit-il faire sa mue ?

Ça change doucement, mais on doit faire mieux. On va dire que je vais trop loin mais je pense qu’il ne devrait pas y avoir d’animaux dans Fort Boyard par exemple. Ni même des insectes ! Nous n’avons pas à instrumentaliser les animaux. C’est devenu une règle absolue chez moi. Un animal n’est pas un objet. Même dans l’émission « La France a un incroyable talent », je glisse toujours un mot sur le sujet quand quelqu’un utilise un animal, car aujourd’hui cela me pose problème.

 

Si on parvient à donner un vrai statut juridique à l’animal, la société aura fait un grand pas.

Vous avez même décidé de devenir végétalien. Pourquoi ?

C’est une démarche personnelle. Le déclic, c’est la curiosité. Quand vous êtes curieux, vous vous posez des questions et vous remarquez que le plaisir gustatif passe par la souffrance d'un être sentient. Je ne pouvais donc plus manger des animaux que je caressais, des êtres aussi intelligents que le cochon. Le foie gras, j’en ai aussi mangé et j’ai trouvé ça délicieux. Mais à un moment il faut se réveiller. Sans parler de l’impact catastrophique des élevages intensifs sur la planète. C’est de la souffrance animale, mais c’est aussi des lieux de dépression pour les personnes qui y travaillent. J’ai donc arrêté de manger de la viande, il y a plus de deux ans. Et puis en voyant ces images de filets électriques qui raclent le fond des mers et tuent des centaines d’espèces, j’ai aussi arrêté le poisson. C’est pour moi une question de conscience écologique, de santé et d’empathie envers les animaux. Si on parvient à donner un vrai statut juridique à l’animal, la société aura fait un grand pas.

Vous vivez entouré d’animaux ?

Oui, j’ai une vraie petite famille avec moi : deux chiens, Robin le Golden, et Cookie le berger australien ; deux lapins, Batman et Oreo. Et bien sûr, mes six colombes qui portent toutes des noms de chanteurs et chanteuses de jazz. A tous, j’essaye de leur donner le maximum.

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  1. AnneV 20/11/2020 à 18:36:26

    Bravo à ce Monsieur qui reconnait avoit fait des erreurs et qui les répare ! Tout le monde ne le ferait pas ! Les mentalités changent (il serait temps) et c'est bien !