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Culture

Ludovic Sueur : « La société se préoccupe de plus en plus de la cause animale »

Le photographe Ludovic Sueur capture la sensibilité des animaux de ferme, à l'instar de ces cochons rescapés de l'abattoir. ©Ludovic Sueur

Le photographe animalier Ludovic Sueur immortalise la sensibilité des animaux sauvages ou d’élevages, libres ou captifs. Par ses clichés, il dénonce la cruauté de l’élevage intensif, l’altération anthropique des milieux naturels, ou encore, l’absurdité des élevages pour la chasse. 30millionsdamis.fr a recueilli le témoignage de cet artiste engagé.

Accessible, universel et pérenne ! Tels sont les atouts de la photographie qui ont séduit, dès les années 2000, Ludovic Sueur : « En jouant instantanément sur l’émotion, la photographie m’est apparue comme une nouvelle façon d’exprimer efficacement mes convictions pour la cause animale ». Mission réussie !

 « L’élevage a accaparé beaucoup de terres »

Issu d’un milieu rural, ce Tarnais a d’abord privilégié la photographie de la faune sauvage. Son but ? Montrer la fragilité de ces animaux qui, s’ils ont la « chance » de vivre « libres », sont néanmoins victimes de la disparition de leur habitat. « Sans compter la chasse… déplore L. Sueur. Le fait que la moitié des animaux chassés ont été spécialement élevés à cette fin relève tout simplement de l’absurdité ! »

Un Flamant libre mais fragilisé par l'altération de son habitat. ©Ludovic Sueur

En 2006, Ludovic parviendra à conjuguer sa passion pour la photographie animalière à son nouveau métier de photographe aérien. C’est à cette occasion qu’émergera un véritable déclic. « En observant la France vue du ciel, je fus forcé de constater la saturation du paysage français, déplore cet amoureux de la nature. Il n’y a plus de place pour la vie sauvage. L’extension des villes, la sylviculture et l’élevage ont accaparé beaucoup de terres. Les quantités de bâtiments d’élevage sont impressionnantes et le nombre d’animaux – qui ne se voient pas la plupart du temps – est incommensurable ».

Un bovin stressé, attaché au Salon de l'Agriculture. ©Ludovic Sueur

Pour combattre cette altération du milieu sauvage, Ludovic S. a alors rejoint des associations animalistes locales, tout en orientant, toujours un peu plus, son art contre ce fléau. « Faire naître des animaux pour les tuer est une absurdité ! tempête-t-il. D’autant plus quand on sait que pour 95% d’entre eux, la durée de vie est extrêmement courte et les conditions d’existence sont très difficiles. Même au Salon de l’Agriculture, qui est censé représenter le « meilleur » de l’élevage, les animaux y sont attachés » dans un espace fermé, bruyant et stressant.

 « Chaque rencontre animale est unique »

Pour le photographe, chaque rencontre animale est unique et émouvante. Tous les animaux, domestiques ou sauvages, ont une conscience et une sensibilité fortes. « Chacun de mes clichés me rappelle un souvenir bien singulier, un lien particulier, s’émeut Ludovic Sueur. Par exemple, les animaux sauvages libres m’accordent tacitement leur confiance. Même si je suis généralement caché, il arrive que certains animaux m’aperçoivent et approuvent ma présence, d’un air complice ! » Se dégage alors un sentiment de plénitude et d’apaisement…  En revanche, immortaliser les animaux détenus en captivité – pour l’élevage ou le divertissement – est un exercice bien plus pénible. « Je me souviens d’un pauvre macaque attaché, terrifié face à son dresseur et habillé de façon absurde, pour le seul plaisir du public, fustige le photographe. Un symbole de la triste exploitation des animaux par l’Homme. »

Un singe terrifié, exploité pour le divertissement du public. ©Ludovic Sueur

Mais Ludovic Sueur photographie aussi les animaux de ferme sauvés de l’abattoir qui, après avoir vécu l’enfer dans les élevages intensifs, coulent aujourd’hui des jours heureux et paisibles, grâce au dévouement d’âmes bienveillantes. Ainsi, au refuge GroinGroin, soutenu par la Fondation 30 Millions d’Amis, le photographe prend plaisir à observer et immortaliser les cochons rescapés. « C’est important de donner une visibilité à ces refuges ou réserves naturelles qui œuvrent pour le bien-être animal, assure Ludovic.  C’est aussi l’occasion de montrer au grand public toute la sensibilité de ces animaux qui étaient pourtant destinés à être mangés… ». Malheureusement, le chemin vers l’amélioration de la condition animale est encore long. Le fait que la question du bien-être des animaux d’élevage ait été exclue du champ de la proposition de loi contre la maltraitance animale (dont la première lecture devant le Sénat se fait encore attendre) en est une parfaite illustration...

Des cochons rescapés de l'abattoir ont une seconde vie au refuge GroinGroin. ©Ludovic Sueur

Pour autant, certains signes sont encourageants : « Grâce au travail des associations, la société se préoccupe de plus en plus de la cause animale, rassure Ludovic Sueur. A cette prise de conscience sociétale, s’ajoutent des avancées politiques notables ». Parmi elles : l’interdiction de la chasse à la glu décidée à l’échelle européenne, la fin des cirques avec animaux sauvages annoncée à l’échelon national ou local, ou encore, l’interdiction de la pêche au vif prononcée par certaines municipalités. « Les photographes animaliers eux-mêmes se mobilisent pour le bien-être des animaux, y compris d’élevage, se réjouit L. Sueur. En témoigne l’appel lancé tout récemment par une soixantaine d’artistes en faveur du Référendum d’initiative partagée pour les animaux ». Reste à espérer que les décideurs publics suivront cette voie !