La compagnie aérienne a confirmé la suspension du transport de coqs de tout âge entre les Etats-Unis et les Philippines, où les combats de coqs restent encore très lucratifs. Cette pratique, dénoncée de longue date par la Fondation 30 Millions d'Amis, est également autorisée dans certains départements français malgré la souffrance infligée aux animaux.
Des organisations de défense des droits des animaux se sont félicitées samedi 2 mai 2026 de la décision de la compagnie aérienne Korean Air d'interdire le transport de coqs des Etats-Unis vers les Philippines, où les combats de coqs sont une industrie très lucrative. Les autorités estiment à des dizaines de millions de dollars par semaine les revenus générés par les affrontements de coqs équipés d'éperons métalliques tranchants. Une manne qui alimente le crime organisé. Les Etats-Unis fournissent un grand nombre de coqs destinés à ces combats, selon des militants et un éleveur philippin, Eduardo Eugenio, qui a déclaré à l'AFP qu'une telle mesure aurait un « impact énorme ».
La compagnie sud-coréenne a confirmé, dans un communiqué adressé samedi à l'AFP, avoir « suspendu le transport de coqs de tout âge sur les liaisons entre les Etats-Unis et les Philippines ». « Korean Air s'engage à assurer le transport légal et sûr des animaux vivants, conformément aux lois et réglementations en vigueur », a-t-elle ajouté. L'ONG américaine de défense des animaux Animal Wellness Action a déclaré que Korean Air était, selon elle, « la plus grande compagnie aérienne au monde impliquée dans le transport illégal d'oiseaux de combat ».
Des dizaines de milliers de coqs envoyés chaque année aux Philippines
Même si la compagnie n'a pas mentionné explicitement les coqs de combat dans son communiqué, des organisations ont affirmé que cette interdiction est le résultat de leur campagne visant à interdire cette pratique qu'ils jugent cruelle. Jana Sevilla, porte-parole de l'organisation PETA aux Philippines, a déclaré à l'AFP que cette décision dont elle se félicite vise "assurément" les combats de coqs. « Nous espérons (...) que d'autres compagnies aériennes suivront cet exemple », a-t-elle ajouté, rappelant que les Philippines font partie des pays où les combats de coqs sont encore autorisés. Cette semaine, l'ONG Animal Wellness Action s'est attribué, dans un communiqué, le mérite de cette mesure, qui fait suite à plusieurs mois d'enquête et d'échanges. « Korean Air a accepté de répondre à notre demande de mettre fin à tous les envois de coqs vers les Philippines » , a indiqué l'ONG. Elle a affirmé que les éleveurs américains qui fournissent ces gallinacés se font souvent passer pour des agriculteurs ou des « éleveurs inoffensifs » et en envoient chaque année « des dizaines de milliers » aux Philippines.
D'autres coqs élevés aux Etats-Unis sont transportés par voie terrestre et aérienne vers le Mexique, où les combats restent autorisés dans certains Etats. Selon M. Eugenio, à la tête d'un élevage de 300 oiseaux dans la ville méridionale de Tagum, « l'activité aux Philippines est très dépendante » des éleveurs américains.
En France, une activité encore autorisée par dérogation
Bien que la loi interdit, en principe, les combats de coqs de par leur caractère cruel et de la souffrance infligée aux animaux.en France (article 521-1 du code pénal), cette pratique reste légale dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais ainsi que dans les régions d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion). Une exception aux actes de cruauté – comme la corrida – qui persiste malgré le rejet d’une très large majorité de Français. Selon le baromètre 2026 Fondation 30millions d'Amis, mené conjointement avec l'Ifop Opinion, près de 80% des citoyens s'opposent à faire souffrir des animaux au nom de "traditions locales". « Si les combats de coqs sont légalement reconnus comme des actes de cruauté sévèrement réprimés par le Code pénal, une exception anachronique persiste sur notre territoire, regrette Lorène Jacquet, Chargée des affaires publiques à la Fondation 30 Millions d'Amis. À l'heure où la condition animale est devenue une véritable préoccupation des Français et un enjeu politique fort, rien ne saurait justifier que l'on érige la souffrance et la mort d'un animal en spectacle.»
La Fondation 30 Millions d'Amis milite de longue date pour l'abrogation de cette exception législative, au même titre que celle qui permet encore aujourd'hui l'organisation de corridas dans certaines communes. « Les combats de coqs doivent être bannis définitivement et sans aucune distinction géographique », insite Lorène Jacquet.
(Avec AFP)
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