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Débat

L'effarouchement de l'ours brun dans les Pyrénées continue ! 

L'utilisation de moyens d'effarouchement contre l'ours des Pyrénées pourrait menacer la conservation de l'espèce. ©Adobe Stock

Classé en danger critique d'extinction en France, l'ours des Pyrénées est la cible de mesures d'effarouchement pour la deuxième année consécutive ! 30millionsdamis.fr déplore cette politique à la fois dangereuse pour la population ursine, - comme pour l'Homme - inefficace pour protéger les troupeaux et rejetée par l'opinion publique.  

Au bord de l'extinction... mais persécutés ! En vertu d'un projet d'arrêté ministériel, les ours des Pyrénées pourront, comme en 2019, faire l'objet de moyens d'effarouchement simple (à l'aide de moyens sonores, olfactifs et lumineux) ou renforcé (via des tirs non létaux). « Cette dérogation au statut de protection de l'espèce ursine ne respecte aucune des conditions requises par le code de l'environnement », fustige Alain Reynes, Directeur de l'association Pays de l'Ours - Adet, contacté par 30millionsdamis.fr. Pour mémoire, ces conditions tiennent au maintien du bon état de conservation de la population, de l'absence d'autre solution satisfaisante, et de la prévention de dommages importants aux troupeaux domestiques. 

Des mesures dangereuses...

 

 Cette dérogation ne respecte aucune des conditions requises par le code de l'environnement.

Alain Reynes - Association Pays de l'Ours - Adet

Or, les moyens d'effarouchement s'avèrent inévitablement dangereux pour les ours, en ce qu'ils peuvent leur occasionner des blessures invalidantes, et parfois fatales sur le long terme. Les oursons qui deviendraient, de fait, orphelins ne survivraient probablement pas. A tel point que la reconduction de l'arrêté du 27 juin 2019 est « dangereuse à terme pour la conservation de l'ours brun et plus généralement de la faune sauvage », fustige le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) dans son avis du 30 mars 2020.

Les effarouchements sont tout autant risqués pour l’Homme, randonneur comme tireur. En effet, le tir d'une balle en caoutchouc peut déclencher une réaction de défense de l'animal agressé, au point de mettre en danger la vie de l'effaroucheur. Enfin, par le vacarme qu'ils impliquent, les tirs peuvent déranger la faune sauvage avoisinante. 

... qui pourraient être évitées !

Pourtant « il est possible d'assurer la cohabitation de l'ours et du pastoralisme moyennant une bonne protection des troupeaux », affirme le CNPN. Les autres solutions satisfaisantes existent. Il s'agit de la combinaison : bergers, regroupement nocturne du troupeau et chiens de protection ». Du reste, le projet d'arrêté lui-même conditionne la délivrance de la dérogation par la mise en place préalable de moyens de protection. Mais, en pratique, comment le recours à ces mesures est-il contrôlé ? Le texte ne le dit pas. Et pour preuve, « les estives ayant obtenu une autorisation n'étaient pas toutes correctement protégées, déplore Alain Reynes. Il a même fallu faire intervenir des techniciens pour regrouper les troupeaux ! ». « L'effarouchement ne permettra pas d'améliorer l'état de conservation (il peut être même contreproductif) tant que les mesures de protection des troupeaux ne seront pas appliquées partout correctement, confirme Christian Arthur, Président de la Société Française pour l'Etude et la Protection des Mammifères (SFEPM). L'effarouchement ne peut pas être une solution ». En outre, « il y a eu une progression de 15% des effectifs ovins entre 2014 et 2017 ; or, il est avéré que plus la taille des troupeaux augmente, plus la protection devient difficile, ajoutent les experts. Autant de facteurs qu'il serait donc indispensable de mettre en relation avec une augmentation des dommages ». 

 

L'année 2019 a montré que l'aptitude de telles dérogations à faire diminuer les dommages était inexistante.

FERUS

Quant aux « attaques » censées conditionner l'autorisation d'effaroucher, celles-ci pourraient ne pas être avérées. Il s'agit, selon l'arrêté, de « toute attaque pour laquelle la responsabilité de l'ours n'a pas pu être exclue ». « Il suffit donc de quelques dégâts, même douteux ! », fustige le Directeur de l'Association Pays de l'Ours - Adet. Nonobstant, les mesures d'effarouchement n'ont jamais prouvé leur efficacité contre les attaques de troupeaux. « L'année 2019 a montré que l'aptitude de telles dérogations à faire diminuer les dommages aux troupeaux était inexistante, alerte FERUS. L'examen de la fréquence et de la récurrence des dommages sur les estives concernées révèle que celles-ci n'ont pas changé avant/après l'application de ces mesures. »

Un projet rejeté par la société civile

Le renouvellement de l'expérimentation traduirait « une tendance inquiétante à vouloir chasser les ours des zones d'estive, y compris potentiellement dans un Parc National », déplore le CNPN. Une tendance d'autant plus déplorable qu'elle est majoritairement rejetée par l'opinion publique. « Non à l'effarouchement des ours », « Les ours ont besoin de tranquillité »,  « Apprenons à vivre ensemble avec les animaux qui peuplent notre territoire », ou encore, « La population usine subit des pressions incessantes qui s'avèrent inefficaces », peut-on lire en commentaire sur la page dédiée du ministère de la Transition écologique et solidaire. La pétition contre ce dispositif, lancée par plusieurs associations de protection animale, a déjà recueilli plus de 65 000 signatures. 

Commenter

  1. argonaute 27/05/2020 à 07:14:36

    Classé en danger critique d’extinction…. Non, désolé mais c’est faux, il n’y a plus d’Ours des Pyrénées. C’est fini, l’ours qui jadis vivait partout en France a été anéanti par les activités humaines. Ça a pris des centaines d’années. De défrichements en créations de villes, d’usines et plus récemment de stations de ski là où il avait trouvé son dernier refuge, l’ours a été éradiqué. Les ours qui restent sont des ours slovènes, réintroduits artificiellement. 

    L’ours Brun par ailleurs n’est absolument pas classé en voie d’extinction dans le monde car il vit en nombre en Russie, en Amérique du Nord, en Europe Centrale, dans des territoires où sa présence n’entre pas en concurrence avec les hommes. Pour qu’il vive paisiblement dans les Pyrénées il conviendrait de lui réserver un espace. La cohabitation paisible avec les activités humaines sur ce territoire n’est pas possible. Alors soit on exclut les hommes d’un périmètre qui permette aux ours de vivre paisiblement, soit on permet à ces pauvres ours qui n’ont rien demandé de revenir sur leur territoire en Slovénie. Mais de grâce finissons-en avec cette tartuferie.

  2. AnneV 25/05/2020 à 18:27:27

    Ce gouvernement est sourd et aveugle pour tout ce qui concerne la protection de la biodiversité et des animaux en général !! Il est nettement plus néfaste que tous les virus du monde !!!! Les avoir pour gérer l'Etat est une vraie catastrophe !