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Le tribunal administratif de Grenoble suspend partiellement l'abattage des bouquetins du Bargy

Le tribunal administratif de Grenoble vient de suspendre partiellement l'arrêté autorisant l'abattage de bouquetins du Bargy. ©Pixabay

(Avec AFP) - L'abattage de bouquetins non testés, autorisé par le préfet dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), a été suspendu par le tribunal administratif de Grenoble (38) en raison du risque élevé d’abattre des animaux sains.

L'abattage indifférencié n'aura pas lieu ! En effet, par une ordonnance du 20 août 2020, le tribunal administratif de Grenoble vient de suspendre partiellement l'arrêté du 29 mai 2020 en ce qu'il autorise l'abattage indiscriminé de 20 bouquetins sans test préalable. 

Non seulement, « L'absence de vérification préalable de l'infection éventuelle des individus implique nécessairement un risque important d'abattage d'animaux sains » ; mais en plus, la préfecture de Haute-Savoie n'a pas fourni la preuve nécessaire qu'il n'existait pas « d'autre solution satisfaisante » pour contenir la circulation de la bactérie. La suspension vaut jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond, d'ici quelques mois. Selon l'association de défense des animaux Animal Cross, à l'origine du référé, « des solutions plus efficaces existent », comme « la ségrégation spatiale des animaux » pour éviter des zones de pâturage communes entre cheptels d'éleveurs et bouquetins.

L'abattage des 50 bouquetins capturés et testés positifs à la brucellose, est lui, maintenu

En revanche, le juge administratif n'a pas souhaité suspendre la capture de 50 individus par an de cette espèce protégée, afin de les tester. La préfecture avait alors expliqué vouloir « protéger l'économie agricole des alpages de Haute-Savoie » contre une « recirculation récente de la bactérie ».

L'épizootie a été découverte dans ce massif en 2012, à l'occasion de deux cas humains diagnostiqués après avoir mangé du fromage blanc caillé contaminé, permettant de remonter, par recoupement des souches bactériennes, à l'élevage bovin touché et à des bouquetins infectés. Cette résurgence de la brucellose - le dernier foyer en Haute-Savoie datait de 1999 - avait entraîné des mesures d'abattage, dites « prélèvements », décriées par les écologistes, et des captures-tests des bouquetins, avec relâchage et marquage quand ils étaient sains, puis euthanasie quand ils étaient infectés.