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Faune

Bouquetins du Bargy : des animaux sains pourront être abattus, contre l'avis de l'opinion !

Un arrêté préfectoral du 29 mai 2020 prévoit la capture et l'abattage de 50 bouquetins du Bargy positifs à la brucellose mais aussi de 20 individus jamais testés... ©Adobe Stock

Malgré leur statut d'espèce protégée, les bouquetins du Bargy continuent d'être abattus. Si le préfet de Haute-Savoie entend maîtriser l'infection de Brucellose, son arrêté autorise l'abattage des spécimens contaminés, certes, mais les sains également ! Une décision très largement contestée par l'opinion publique. La Fondation 30 Millions d'Amis en appelle à des solutions alternatives, moins radicales et plus efficaces.

482 bouquetins ont été tués dans le massif du Bargy depuis une huitaine d'années. La raison ? Limiter la propagation de la brucellose, une maladie susceptible d'affecter l'Homme et les animaux, domestiques ou sauvages*... Mais  348 d'entre eux ont été froidement abattus sans aucune vérification préalable de leur réelle infection. Et cette année encore, le massacre doit se poursuivre. 

« 4 bouquetins abattus sur 5 seront des individus sains »

En effet, un arrêté préfectoral du 29 mai 2020 prévoit l'abattage de 50 bouquetins du Bargy capturés et testés positifs à la brucellose. Mais le même arrêté prévoit également... le « prélèvement » - autrement dit, le tir - de 20 bouquetins jamais testés, en zone cœur du massif ! « S'il est concevable que l'euthanasie d'animaux séropositifs avérés contribue à réduire un foyer infectieux, la destruction d'individus sains n'est pas acceptable, fustige la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) dans un communiqué (30/04/2020). Or, avec un taux de prévalence maximal d'environ 20% et une absence générale de signes symptomatiques, 4 bouquetins abattus sur 5 seront des individus sains ». C’est d’ailleurs l’un des principaux motifs que les citoyens ont invoqués pour s’opposer - pour la plupart - au texte lors de la consultation du public menée entre le 29 avril et le 30 mai 2020. « La majorité traduit une opinion défavorable au projet d’arrêté, avec 87,2 % d’avis défavorables », note le Préfet de Haute-Savoie dans un récent communiqué (29/05/2020).

 

Les abattages massifs commencés en 2013 ont compliqué la résolution du problème.

François Moutou - Vétérinaire épidémiologiste

Cet abattage « indiscriminé » n'est pas nouveau. Depuis 2013, la préfecture de Haute-Savoie ordonne, chaque année, la capture, le test clinique et l'abattage des séropositifs (avec marquage et relâcher des séronégatifs)... tout en autorisant l'abattage de bouquetins sains, sans vérification préalable de leur infection. Sauf en 2016, où le gouvernement avait revu sa stratégie d'action au profit d'un « assainissement sélectif » (Directive ministérielle du 12 mai 2016) et en 2012 - première année des abattages - où seuls ont été tués les individus testés séropositifs ou présentant des signes cliniques observables à distance.

Un abattage indifférencié inutile voire « contre-productif » 

Or, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), « les conséquences de l'existence de l'infection brucellique chez les bouquetins sont négligeables en termes de risque de transmission pour d'autres espèces de la faune alpine (2 chamois reconnus infectés, l'un en 2012, l'autre en 2013), pour les ruminants domestiques (1 foyer bovin identifié en 2012) et pour les humains » (Avis, juillet 2019). Chez l'Homme, aucune nouvelle infection n'a été recensée depuis les deux cas de brucellose alimentaire reconnus en 2012.

Pire : en désorganisant la hiérarchie sociale dans les hardes, l'abattage indiscriminé en zone cœur - qui plus est ciblé sur des femelles en âge de procréer - peut accroître le risque de contamination. « Il n'y avait et il n'y a pas d'urgence à traiter la brucellose chez les bouquetins du Bargy, confie à 30millionsdamis.fr François Moutou, vétérinaire et épidémiologiste. Les abattages massifs commencés en 2013 ont brouillé les cartes, fait croître la prévalence de la maladie chez les bouquetins et compliqué la résolution du problème ».

Des solutions alternatives et efficaces existent !

 

Le testage des animaux avec l'élimination des positifs paraît le plus approprié.

François Moutou - Vétérinaire épidémiologiste

Dès lors, pourquoi ne pas se limiter, comme en 2016, à capturer les animaux pour les tester afin d'euthanasier les malades et de relâcher les individus sains ? « C'est le testage des animaux avec l'élimination des positifs qui paraît le plus approprié », confirme le Dr vétérinaire F. Moutou. De même, selon le Conseil National de Protection de la Nature, l'euthanasie sélective des séropositifs après capture constitue « la réponse la plus adéquate » ; mais elle devrait être complétée de mesures de biosécurité et d'éventuelles mesures de vaccination (Avis, septembre 2015). 

L'hypothèse d'une vaccination a toutefois été rejetée par l'Anses en 2019 : alors que les effets indésirables du vaccin OCUREV sont bien connus, il n'existe à ce jour aucune donnée d'efficacité disponible. C'est la raison pour laquelle les experts préconisent de suivre l'évolution de la situation sanitaire dans le massif et dans les massifs voisins. « Si l'amélioration ne se confirmait pas au cours des années à venir, la question de l'analyse des bénéfices et des risques du scénario associant mesures sanitaires et vaccination des bouquetins pourrait éventuellement se poser à nouveau », conclut l'Anses.

En tout état cause, « les éleveurs doivent prendre des dispositions pour que leurs troupeaux ne s'aventurent pas dans les zones à bouquetins, préconise la LPO. De rares éleveurs ont mis en place des parcs, mais la plupart ne le font pas, et on trouve notamment des moutons et des chèvres jusqu'en haut des sommets ».

* « La brucellose est une maladie due aux bactéries du genre Brucella. Elle peut affecter l'Homme (provoquant fièvre, douleurs, maux de tête et/ou faiblesse) ainsi que la plupart des espèces de mammifères, notamment les ruminants, domestiques et sauvages. Chez l'animal, la brucellose se traduit par des avortements, une réduction de fertilité et des pertes en lait, pouvant impliquer des pertes économiques importantes » (Anses).

Commenter

  1. rm 09/06/2020 à 23:53:25

    La vie d un animal n a pas d intérêt pour eux

  2. Emilia CLÉ 06/06/2020 à 23:38:48

    Avant on tuer pour survivre alors que là ça ne sert à rien ils ont plein d’autres choix mais nn c tuer tuer tuer. Quand vont t’il arrêter

  3. Potironne 05/06/2020 à 20:03:37

    En résumé, les éleveurs ne font pas leur boulot en ne parquant pas leurs bêtes et ce sont les bouquetins qui en payent le prix !!

  4. Bandy86 04/06/2020 à 23:49:58

    Encore une fois l'homme ne respecte rien, il faut tuer .....

  5. nous pour eux 04/06/2020 à 20:22:44

    Mais ce n'est pas possible de nos jours on ne pense plus quà abattre....

  6. frimousse 04/06/2020 à 13:35:20

    Quand les animaux gênent les hommes ! ! Que je sache, ils étaient sur terre avant nous ! ! Mais voilà, ils prennent trop de place et ça empêche les hommes de construire des logements et du béton....voilà on les dégage sous prétexte d'une maladie et on prend leur place ! Écoeurant......

  7. Chopinou 04/06/2020 à 13:13:39

    L'Etat ferait mieux de faire accélérer la recherche médicale pour la protection de maladies plutôt que d'aller par le chemin le plus court : TUER !

     

  8. berlherm 04/06/2020 à 09:49:17

    Tous les bouquetins du massif de la Tournette près d'Annecy ont été abattus pour être remplacés par une espèce plus petite.

  9. corie57 03/06/2020 à 20:37:27

    C'est quoi ça encore. Y a des autres moyens non

     A quand la paix pour les animaux  m***e

  10. 10loups 03/06/2020 à 20:27:38

    Les mêmes incapables qui prétendent gérer les bouquetins comme ils ont géré les individus pendant la dernière crise sanitaire... Pour l'instant, nous n'avons pas été testés mais nous n'avons pas non plus été abattus !...