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Le nombre de tirs de loups accru en dépit du risque pour la survie de l’espèce

Le quota actuel de loups dont la destruction est autorisée est le plus élevé jamais défini : 19 à 21% des effectifs pourront être tués chaque année. ©Philippe Ricordel

A la faveur d’un arrêté du 23 octobre 2020, 19% des effectifs de loups – soit une centaine d’animaux – pourront être tués chaque année, en toute légalité, afin de réduire la prédation contre les troupeaux domestiques. Un seuil susceptible d’être porté à 21%, soit le taux le plus élevé depuis le retour de l’espèce en France, dans les années 1990 ! La Fondation 30 Millions d’Amis déplore cette décision qui menace la survie du canis lupus.

97 ! C’est le nombre de loups tués depuis le 1er janvier 2020, selon un décompte de l’association Ferus (02/11/2020). A l’avenir, autant de loups, si ce n’est plus, pourront être tués chaque année. Le ministère de la Transition écologique et solidaire vient effectivement de fixer à 19% des effectifs le quota de loups dont la destruction est autorisée (soit 100 spécimens).

21% en 2021… contre 12% en 2018 !

Plus précisément, au-delà de 17% de l’effectif, « seuls » seront autorisés des tirs de défense (simples, en cas d’attaque, ou renforcés, en riposte) et des tirs de prélèvements (en dehors de toute attaque) dans certains zones. Si cette disposition est identique à celle prévue par l’arrêté du 30 décembre 2019,  cette fois,  le gouvernement va plus loin en prévoyant la possibilité de porter le plafond à 21%, pour la mise en œuvre de tirs de défense simple !

 

L’UICN considère toujours le loup comme une espèce menacée en France.

Animal Cross

« Ce taux est le plus élevé jamais défini », déplore l’association Animal Cross, contactée par 30millionsdamis.fr. Pour preuve, l’arrêté du 19 février 2018 fixait le nombre maximum de spécimens de loups « à tuer » à 10% de leur population. Une fois ce plafond atteint, la mise en œuvre de tirs de défense pouvait alors conduire à un abattage supplémentaire, dans la limite de 2% de l’effectif moyen. Et si l’arrêté de 2019, en tant qu’« expérimentation », valait seulement pour« l’année civile 2020 », en revanche, le nouvel arrêté s’appliquera « chaque année » !

Une population estimée à 580 individus… pour une viabilité atteinte à partir de 2500 animaux

« On suppose que ce taux sera continûment ajusté afin de viser la survie de 500 loups sur le territoire métropolitain, postule Animal Cross. Or, ce seuil de 500 loups, vu par l'État comme un plafond au-delà duquel il se déclare autorisé à recourir à des mesures radicales, est une interprétation biaisée d'un rapport de 2017 ». En effet, selon cette expertise de l’ONCFS et du MNHN sur le devenir de la population de loups en France, « une taille efficace de 500 constitue le minimum absolu pour la conservation d’une population démographiquement et écologiquement viable, capable de répondre aux changements environnementaux futurs ». Mais, en réalité, cet effectif dit « efficace » renvoie aux seuls animaux potentiellement reproducteurs à un instant donné. De sorte que l’étude suggère, in fine, « un nombre d’adultes minimal compris entre 2500 et 5000 individus » ! « On est loin du compte, fustige Animal Cross. D’ailleurs, l’Union internationale pour la conservation de la nature considère toujours le loup comme une espèce menacée en France ».

 

La politique de tirs de loups en France s’est intensifiée drastiquement depuis 2019.

S. Andrieux - Ferus

Si la population de loup gris en France a, selon l’Office français de la biodiversité, atteint 580 individus en 2020, contre 530 un an plus tôt, toujours est-il que le rythme de progression a ralenti, comparativement à 2019. « Ce ralentissement résulte essentiellement des abattages massifs que connaît le loup depuis plusieurs années, abattages qui s'ajoutent au braconnage et aux mortalités de natures diverses », explique Animal Cross. « La politique de tirs de loups en France s’est intensifiée drastiquement depuis 2019, confirme à 30millionsdamis.fr Sandrine Andrieux, chargée de communication pour Ferus. On constate logiquement un ralentissement de la progression de la population ».

Un arrêté – encore et toujours ! – contraire à l’avis des experts et des citoyens

Par cet arrêté du 23 octobre 2020, le gouvernement n’a suivi, ni les opinions – majoritairement défavorables – exprimées par les citoyens lors de la consultation publique, ni « l’avis défavorable à l’unanimité » rendu par le Conseil national pour la protection de la nature  en juillet 2020. « Les décisions liées au loup, comme à l’ours, ne sont pas fondées sur des faits scientifiques, fustige S. Andrieux. Ce sont des décisions uniquement politiques ». Et pour cause, selon les experts, l’Etat entend ainsi « réguler les populations de loup pour en freiner la dynamique, sans que cette politique n’apparaisse véritablement pertinente en termes de diminution de la prédation sur le cheptel domestique ».

 

Il existe une forte corrélation entre une protection déficiente et le nombre de prédations constatées.

Animal Cross

Car les attaques augmentent d’année en année, malgré la souplesse croissante des dérogations aux interdictions de destruction. En effet, lorsqu’un loup alpha est tué, la meute peut se disperser et les loups, seuls et affaiblis, vont privilégier les proies les plus vulnérables : les troupeaux domestiques en somme... dans un cercle vicieux infernal. En réalité, les loups ne seront incités à s’éloigner des cheptels que si les éleveurs recourent aux moyens de protection existants : tant les mesures classiques et incontournables  (gardiennage, chiens de protection, enclos de petite taille) que les dispositifs innovants (flash lumineux, fils électriques, colliers répulsifs). Or, « Si une partie des éleveurs met en œuvre les mesures de protection recommandées, une autre partie fait semblant de le faire et le reste n’en a cure, constate Animal Cross. Pourtant, d’après des enquêtes de terrain menées depuis 10 ans en Haute-Savoie, appuyées par des vidéos réalisées en alpage, il existe une très bonne corrélation, comme le bon sens nous le dicte, entre une protection déficiente et le nombre de prédations constatées ».

Une cohabitation pacifique est possible

Malheureusement, l’administration ne contrôle pas la mise en place effective des moyens de protection. « Pire, elle nous exprime son mépris en ne répondant pas à nos questions par voie de courrier, et muselle ses propres spécialistes de terrain, tempête Animal Cross. Les représentants de l'Etat, comme nous le constatons en comité départemental loup depuis des années, ne s'intéressent pas à la réalité, mais sont le bras armé de la doxa gouvernementale, qui obéit aux injonctions des syndicats d'éleveurs par le seul biais des tirs létaux de loups ».

En tout état de cause, même si les autorités décisionnaires ignorent les expertises scientifiques, celles-ci demeurent essentielles : « Elles constituent l'une des rares briques d'opposition aux décisions gouvernementales, qui sont autoritaires », conclut l’association de protection animale. Reste à savoir quand les pouvoirs publics parviendront, enfin, à concrétiser la possible – et nécessaire ! – cohabitation entre le développement des activités humaines et la protection du canis lupus, cette espèce menacée et pourtant mal-aimée. Un mépris qui se retrouve également outre-Atlantique : l’administration Trump vient de mettre fin à son statut d’espèce protégée… en vigueur depuis 1978 !

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  1. AnneV 05/11/2020 à 17:22:52

    Macron ? Pardon, Blablacron, il est pitoyable !!!! Des belles phrases, de grandes annonces et au bout, le néant !!!!

  2. AnneV 04/11/2020 à 19:22:29

    Les dirigeants de cette pauvre planète ? Pires que le Covid !!!!!!!!!!!