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Coup de coeur

Un éco-volontariat pour vivre en harmonie avec les loups

Revenus naturellement en France, les loups reprennent leur place dans nos écosystèmes. ©Roland Clerc /Ferus

Lauréate du Prix 30 Millions d’Amis « Essai » pour son livre « Des loups et des hommes » (Plon, 2018), l’écrivaine Caroline Audibert a choisi de reverser la somme de 1000 euros à l’association Ferus pour son programme « Parole de loup ». 30millionsdamis.fr s’est intéressé à ce projet d’éco-volontariat, qui vise à favoriser la coexistence entre l’Homme et le Canis lupus.

L’effrayante image de « grand méchant loup » collée aux poils du canidé serait-elle devenue obsolète ? C’est en tout cas l’avis de Caroline Audibert, lauréate du Prix 30 Millions d’Amis 2019 dans la catégorie « Essai » pour son livre « Des loups et des hommes » paru aux éditions Plon, collection Terre Humaine. Un récit d’enquête qui retrace le retour du loup en France depuis la fin des années 1980. « "Des loups et des hommes" engage à renouer des amitiés perdues, animales », affirme l’écrivaine qui, entre sa fascination pour l’animal et sa compassion sincère pour les éleveurs victimes d’attaques sur leurs troupeaux, dépasse le clivage du « pour/contre », au profit d’une vision plus nuancée.

Une approche « diplomate »

Dans la même perspective d’invitation au respect et à la bienveillance, une initiative concrète a été mise en place sur le terrain par l’association Ferus pour la protection des grands prédateurs. Depuis 2015, le programme « Parole de loup » a pour objectif d’apporter au grand public une information de qualité sur la présence du loup et sa possible coexistence avec l'homme. « [Ce] programme s'inscrit dans la veine diplomate de mon ouvrage », affirme l'auteure, qui a choisi de reverser à ce projet la somme de 1000 euros attribuée par la Fondation 30 Millions d’Amis pour son prix.

 

Eleveurs, troupeaux, chiens, randonneurs… La montagne est "multi-usage" !
Fannie Malet, Ferus

Chaque été, des éco-bénévoles sillonnent les départements concernés par la présence du loup, distribuant des brochures aux passants et engageant la discussion avec eux afin de répondre à leurs interrogations. « Trois bénévoles et un salarié partent ensemble vers un secteur concerné par la présence du loup, explique Fannie Malet, responsable du programme. Le matin, nous allons sur les marchés des villages pour recueillir les opinions des passants à l’aide d’un questionnaire, et pour les informer sur la politique mise en œuvre autour du loup. L’après-midi, nous proposons aux commerçants des brochures à distribuer à leurs clients. »

« Le loup, c’est tout un cycle »

Des passants intéressés par le sujet du loup. ©Ferus

Parmi les personnes interrogées par les volontaires, 70 % à 80 % se sont montrées favorables à la présence de l’animal dans notre pays. « Ceux qui se disaient défavorables nous exprimaient surtout leur inquiétude vis-à-vis de nos éleveurs et de nos bergers », précise Fannie Malet. Les échanges avec les passants ont toutefois fait émerger un fort désir de voir le prédateur reprendre sa place dans les écosystèmes : « Les gens veulent retrouver l’équilibre de la nature, où les loups jouent un rôle important », souligne la responsable du projet. « Les loups, ce sont les cerfs qu’ils mangent, les chevreuils, les chamois, les mouflons […], les herbes, les baies, les graminées, l’eau du ciel […]. Le loup, c’est tout un cycle », résume de son côté Caroline Audibert.

Davantage que sur le Canis lupus sauvage, l’inquiétude exprimée par les répondants porte sur... les chiens de protection ! Elevés pour défendre les troupeaux face aux loups, les "patous" peuvent en effet se montrer agressifs à notre encontre… sauf à montrer "patte blanche" : « Il y a quelques règles pour bien se comporter vis-à-vis d’eux, notamment contourner les troupeaux plutôt que de les traverser, et faire du bruit pour se signaler à eux. Si le chien s’approche, on s’arrête et on lui parle calmement, conseille la salariée de Ferus, qui invite chacun à se montrer tolérant. Entre les éleveurs, leurs troupeaux, leurs chiens, les touristes, les randonneurs… La montagne est "multi-usage" ! ».

Prêter main-forte aux bergers

Outre les chiens de protection, les éleveurs disposent d’un panel de mesures financées par l’Etat, à l’instar des clôtures mobiles et des aides-bergers. L’association Ferus apporte, dans ce domaine aussi, sa pierre à l’édifice. Depuis plus de 20 ans, les bénévoles de « Pastoraloup » (Programme associatif de soutien au pastoralisme en zones à loups) viennent prêter main forte aux bergers : « Pastoraloup et Parole de loup sont des projets complémentaires, l’un à destination d’éleveurs qui ont besoin d’aide pour surveiller leur troupeau ou pour réaliser des travaux, l’autre à destination du grand public, locaux et touristes », explique Fannie Malet.

 

Les gens veulent retrouver l’équilibre de la nature, où les loups jouent un rôle important.
Fannie Malet, Ferus

Jeunes étudiants passionnés par les animaux sauvages ou retraités souhaitant s’impliquer, les volontaires de Parole de loup et Pastoraloup viennent de la France entière. « Nous prenons en charge les frais de nourriture et de déplacement des bénévoles. La somme reversée par Caroline Audibert et la Fondation 30 Millions d’Amis nous permettra donc de les accueillir dans les meilleures conditions, afin qu’ils passent des moments agréables et qu’ils aient envie de revenir l’année suivante », se réjouit Fannie Malet. Une aide qui in-fine bénéficie indirectement aux animaux, qu'ils soient prédateurs (loups) ou proies potentielles (ovins). En 2020, « Parole de loup » fêtera sa 6e édition, tandis que son jumeau « Parole de lynx » devrait voir le jour dans les Vosges et le Jura, afin d’y protéger le félin menacé.