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Les gorilles (eux-aussi) victimes des activités humaines

L'habitat des gorilles est particulièrement menacé par la déforestation. © /AdobeStock

Classés en danger critique d’extinction sur la Liste Rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, les gorilles sont protégés par l’Annexe I de la CITES qui interdit leur commerce. Malgré ce statut protecteur, les gorilles voient leur population décliner par la faute de l’Homme. Avec l’aide d’Amandine Renaud, primatologue et fondatrice de P-WAC, 30millionsdamis.fr fait le point sur les menaces qui pèsent sur ces primates et sur les pistes pour y remédier.

Déforestation, braconnage, tourisme… Les menaces qui pèsent sur les gorilles sont multiples et les conséquences pour la survie de l’espèce sont dramatiques. « Mise à part le gorille de montagne dont la population croît légèrement (environ 1000 individus à l’état sauvage), les effectifs des gorilles déclinent drastiquement, déplore la primatologue Amandine Renaud. À ce jour toutes les espèces de gorilles sont menacées de disparaitre à cause des activités humaines ».

Déforestation et braconnage comme principaux risques

La déforestation constitue la première menace à laquelle ces primates doivent faire face. Étendue pour l’agriculture, la découpe de bois de chauffe ou l’expansion des villages, la déforestation est responsable de la destruction de l’habitat forestier des gorilles. « Leur habitat est découpé, fragmenté, morcelé, pour l’intérêt de l’Homme, regrette A. Renaud. Cette pression sur l’habitat a pour conséquence de diminuer drastiquement les zones d’alimentation du gorille et, de ce fait son lieu de vie ». Ces grands singes s’en trouvent condamnés à vivre dans de petits espaces entourés d’infrastructures et d’humains.

 

Toutes les espèces de gorilles sont menacées de disparaitre à cause des activités humaines

Amandine Renaud - Primatologue

En permettant l’accès des humains aux zones forestières auparavant inaccessibles, la déforestation a par la même occasion facilité le braconnage, deuxième cause du déclin des gorilles. Les grands primates sont tués pour le commerce de leur viande mais également pour le trafic des parties de leur corps (y compris leurs crâne et mâchoire). Les gorilles sont également victimes des pièges destinés aux petits mammifères. « Pris dans un piège, ils se débattent pour s’échapper, avec pour conséquence l’amputation de leurs membres, voire pire, leur mort », fustige la primatologue. Et si les chasseurs étaient autrefois équipés d’armes traditionnelles - comme des pièges, lances et harpons - ils utilisent désormais des armes à feu qui contribuent à accroître le nombre d’individus tués dans un laps de temps plus court…

Le tourisme de masse, une menace accrue

Dans une étude publiée le 13 février 2020 dans la revue « Frontiers in Public Health », des chercheurs de l’Ohio ont révélé les conséquences dévastatrices du tourisme de masse sur les gorilles - notamment en Ouganda - qui contracteraient de plus en plus de maladies transmises par les humains. « Plus l’Homme empiète sur le lieu de vie des gorilles et plus ces derniers sont susceptibles d’être contaminés par des maladies - notamment respiratoires - pouvant décimer un groupe entier en peu de temps, confirme la fondatrice de P-WAC, partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis. Les gorilles sauvages ne peuvent pas être approchés comme des primates captifs et subir des soins facilement ».

 

Une prise de conscience internationale est indispensable

Amandine Renaud - Primatologue

Si les autorités locales imposent aux tours opérateurs des règles sanitaires (distance minimum de 7 mètres, nombre maximum de 8 touristes par groupe, port de masques et de gants…), en pratique, ces règles ne sont, selon l’étude, quasiment jamais respectées. « Les agences touristiques et les touristes doivent être tenus pour responsables du respect des protocoles sanitaires, implore la primatologue. Une prise de conscience internationale est indispensable : une photo souvenir ne vaut pas la contamination d’un groupe entier ! ».

Enfin, dans les zones géographiques en proie aux conflits civils, les villageois et les rebelles trouvent refuge dans les zones forestières où ils sont contraints de chasser pour se nourrir. « Les guerres civiles contribuent à la famine et les gorilles sont consommés pour survivre, alerte A. Renaud. Cette pression faite sur les gorilles ne fait que réduire leurs chances de survie ».

Vers un statut de personne animale ?

Dès les années 90, Peter Singer et Paola Cavalieri ont proposé d’améliorer la protection des grands singes en leur conférant le statut de personne non humaine : seul statut susceptible de leur accorder le bénéfice de droits fondamentaux, tel le droit à la vie. Il a fallu attendre 2014 pour qu’un tribunal argentin qualifie une femelle orang-outan détenue dans un zoo de "personne non humaine". Elle ne sera transférée en sanctuaire que 5 ans plus tard. En octobre 2019, la Fondation 30 Millions d’Amis a lancé une pétition pour reconnaître la qualité de personne animale à l’ensemble des animaux.

Commenter

  1. AnneV 26/02/2020 à 18:43:27

    Les animaux considérés comme "non humain" serait une bonne chose quand on sait malgré sa "supériorité intellectuelle" (!!!!!) que l'humain massacre, pollue, détruit tout ce qui fait notre bien être et notre futur sur cette pauvre planète, alors qu'ils soient considérés comme "non humain" est un plus pour eux, parce que nous !!!!!!!!!!!