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Biodiversité

Huile de palme : les primates d’Afrique (aussi) en péril

Chimpanzés, bonobos et gorilles africains sont menacés par la production d'huile de palme. © Pixabay

Une étude scientifique révèle que la plupart des territoires favorables à la culture des palmiers à huile en Afrique abritent des primates menacés d’extinction. L’huile de palme met donc potentiellement en danger un grand nombre d’espèces de singes et de lémuriens du continent. La Fondation 30 Millions d’Amis s’inquiète de cette nouvelle atteinte à la biodiversité.

L’huile de palme n’en finit pas de faire l’unanimité contre elle. Déjà synonyme de danger pour les orangs-outans sur l’île de Bornéo en Asie – où elle est responsable de la destruction de leur habitat en ayant réduit d’un tiers les forêts primaires en 40 ans, l’huile menacerait aussi les primates du continent africain, d’après une étude parue dans la revue Proceedings Of The National Academy of Sciences (PNAS).

Selon l’équipe de scientifiques du Centre commun de recherche de la Commission européenne à l’origine de ces travaux, la plupart des territoires susceptibles d’être convertis en plantations sont des habitats aujourd’hui essentiels à la survie des singes (Afrique continentale) et des lémuriens (Madagascar). Or, 37 % des espèces de primates en Afrique sont menacées d’extinction, et pas moins de 87 % à Madagascar.

Le continent africain, futur Eldorado de l’huile de palme ?

Au départ, le palmier à huile (Elaeis guineensis) est originaire d’Afrique. Pas étonnant, donc, que la  plupart des forêts propices à sa culture se situent sur ce continent. Bien avant que son huile n’entre dans la composition de nos produits du quotidien (cosmétiques, aliments et carburant), la plante était déjà cultivée par les populations africaines pour son huile, ses coques et ses feuilles.

Aujourd’hui, de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et centrale (Angola, Benin, Cameroun, Côte d’Ivoire, RDC, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria…) développent cette activité, d’autant que la demande est croissante au niveau mondial. Ainsi, plusieurs firmes internationales de production d’huile de palme (Sime Darby, Golden Veroleum et Equatorial Palm Oil Ltd.) ont récemment acheté des concessions forestières auprès du gouvernement du Libéria. Les investissements de ces groupes pourraient certes contribuer à améliorer les infrastructures locales, routes, écoles et hôpitaux. Mais à quel prix pour les animaux ?

L’habitat des grands singes, détruit et fragmenté

En 2014, plus de 4 millions d’hectares d’Afrique sub-saharienne faisaient l’objet de projets plantations de palmier à huile à large échelle… Et ce, directement sur le territoire des chimpanzés et des gorilles de la rivière Cross (sous-espèce de gorille de l’ouest) au Nigéria, et celui des chimpanzés de l’Ouest - une espèce en danger critique d’extinction selon l’UICN - au Ghana et au Liberia. En République Démocratique du Congo (RDC), l’huile de palme menacerait différentes espèces de gorilles et de chimpanzés, et surtout l’intégralité de l’habitat naturel des bonobos.

Au-delà de la destruction de leur milieu naturel, ces espèces souffrent également de maladies infectieuses transmises par les humains et favorisées par le stress. Sans oublier le braconnage, facilité par les routes tracées dans la forêt pour acheminer les denrées récoltées, y compris l’huile de palme. Si les grands singes venaient à disparaître, ils emporteraient dans leur sillage toutes les plantes qui dépendent d’eux pour se disperser et prospérer.

Appels au boycott

Plusieurs appels au boycott ont été lancés contre des produits contenant de l’huile de palme, notamment à l’encontre de Nutella, la célèbre pâte à tartiner chocolatée. Dans un récent rapport, l’Union internationale pour la protection de la nature rappelle néanmoins que les alternatives courantes à l’huile de palme dans les aliments, à savoir le colza et le tournesol notamment, nécessitent des surfaces plus vastes pour produire une même quantité d’huile

Le carburant étant un débouché en pleine expansion pour l’huile de palme, ce domaine est une cible prioritaire pour éviter une future explosion de la consommation. Malgré la controverse au sujet de la raffinerie de la Mède (13), dont la viabilité économique dépend de l’huile de palme, la France a connu une avancée en la matière. L’Assemblée nationale vient en effet de décider de mettre fin à l’avantage fiscal pour l’huile de palme dans les biocarburants (projet de loi de finances 2019).

Commenter

  1. Magma 08/01/2019 à 18:01:50

    non mais sérieusement récolter de l\'huile de palme alors que sa tue des milliers d\'animaux juste pour avoir des biscuits meilleur ? c\'est horrible !

  2. lilinuchette 27/12/2018 à 18:26:13

    honte à la race humaine cruelle ! protéger les grands singes nos cousins, est vital pour notre planète, et pour notre conscience !

  3. barique-daisy 25/12/2018 à 18:48:41

    l'huile de palme moi je boycott déjà mais on nous en fou dans les produits c'est *********!

  4. Bandy86 25/12/2018 à 07:17:24

    On détruit tout !!!!!