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Journée mondiale du blaireau : la lutte contre le déterrage continue

Le blaireau est nécessaire au bon fonctionnement de l’écosystème. / ©Adobe Stock

Chaque année, la vénerie sous terre – aussi appelée déterrage – peut être autorisée dès le 15 mai, sur simple arrêté préfectoral. Cette pratique de chasse, encore tolérée dans 11 départements français, est d’une extrême violence pour les blaireaux et leurs progénitures. À l’occasion de la journée mondiale du blaireau, 30millionsdamis.fr tient une nouvelle fois à dénoncer cette cruauté.

5e édition cette année ! La journée mondiale du blaireau, lancée par l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis n’a pas lieu à une date choisie au hasard. Le 15 mai correspond au début de la chasse anticipée du blaireau par déterrage. « Cette pratique est une aberration, s’indigne Virginie Boyaval, présidente de l’association MELES, dédiée au sauvetage des blaireaux. D’autant plus que la période complémentaire a lieu lorsque les blaireautins ne sont pas encore sevrés. » 

Une pratique barbare ! 

En forêt ou en plein champ, le blaireau creuse lui-même son terrier. « C’est un véritable architecte, indique à 30millionsdamis.fr Richard Holding, chargé de communication à l’ASPAS. Son terrier est très bien organisé, composé de différentes entrées et sorties, et se transmet de génération en génération. » Toutefois, il n’est pas en sécurité dans son propre habitat puisque les chasseurs y font entrer leurs chiens, avant d’extirper violemment les blaireaux à l’aide de grandes pinces métalliques.  

Malheureusement, les blaireautins, encore présents dans les terriers à la mi-mai, ne sont pas autonomes. « En théorie, les chasseurs n’ont pas le droit de tuer les petits, mais beaucoup meurent à cause des morsures de chiens », affirme R. Holding. À noter que ces mammifères ne sont pas très prolifiques : seuls 3 à 4 blaireautins naissent annuellement, « mais un sur deux meurt avant l’âge d’1 an, ajoute-t-il. Chaque année, l’ASPAS met en lumière ce fléau afin de convaincre les préfets de reculer l’ouverture de la vénerie. » 

« Un rôle écologique essentiel » 

« Beaucoup de gens ont peur des blaireaux, constate Virginie Boyaval, contactée par 30millionsdamis.fr. Ils pensent que c’est un animal agressif qui peut les attaquer. » Gare aux idées reçues, car « il s’agit en réalité d’un animal très sociable », corrige R. Holding. Chat forestier, chauve-souris, lapin, renard, salamandre, crapaud… Toute une variété d’espèce est la bienvenue dans son terrier. Ces animaux, parmi lesquels se trouvent plusieurs espèces protégées, sont donc, eux aussi, impactés par la vénerie sous terre. 

Quant aux agriculteurs, ils considèrent généralement les blaireaux comme des « ravageurs », des « nuisibles ». C’est pourtant tout le contraire ! Ces mammifères occupent en réalité – comme tout être vivant – une place essentielle dans l’écosystème, notamment par leur régime alimentaire. « Les blaireaux sont omnivores : ils mangent beaucoup de vers de terre, de hannetons, de petits rongeurs, etc. », explique R. Holding. Ils permettent également la propagation des végétaux qu’ils consomment grâce aux graines contenues dans leurs déjections. 

Une cinquantaine de blaireautins réhabilités en 20 ans 

V. Boyaval a choisi de consacrer sa vie au sauvetage des blaireaux. « C’est mon combat depuis plus de 20 ans, témoigne-t-elle. Depuis mes débuts, j’en ai réhabilité une cinquantaine ! » Pour apprendre à soigner et à s’occuper de ces mammifères, elle a suivi une formation spéciale en Angleterre. La soigneuse porte également beaucoup d’intérêt à leur étude. « J’essaie d’apporter des arguments scientifiques, par rapport à ce que je vois au quotidien sur le terrain, pour sensibiliser à leur cause. » 

La plupart des blaireaux pris en charge par la soigneuse sont des orphelins trouvés. « Leur mère a été victime du déterrage, d’une collision avec une voiture ou prise dans un piège, fait savoir la présidente de MELES. Lorsque je récupère ces blaireautins non sevrés, je suis un protocole bien défini pour les relâcher au bon moment, ils ne doivent pas s’attacher à l’homme. » Les adultes blessés sont moins nombreux, mais souvent trouvés dans un état grave. « On ne peut pas tous les sauver, se désole Valérie Boyaval. Depuis janvier, je me suis occupée de trois adultes, ce n’est pas énorme comparé aux autres espèces telles que les hérissons. » 

La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce de longue date la vénerie sous terre. Sa pétition a déjà atteint plus de 100 000 signatures.  Si vous croisez un blaireau blessé, contactez le centre de soins MELES au 06 24 94 35 09.