Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

La Ferme des Aubris, un havre de paix pour les équidés maltraités ou abandonnés

Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Faune

Le déterrage, un interminable calvaire pour les blaireaux

Déjà victimes des tirs de chasseurs, les blaireaux font face à la cruauté de la vénerie sous terre./©Adobe Stock-sci

Alors que la période de la vénerie sous terre, pratique décriée, démarre le 15 mai 2022 dans la majorité des départements français, les blaireaux se retrouvent comme chaque année sous le joug des chasseurs. La Fondation 30 Millions d’Amis appelle à mettre fin à ce non-sens cruel.

Le déterrage de blaireau, une cruauté (encore) made in France. Interdite dans plusieurs pays européens, cette pratique consistant à utiliser des chiens pour acculer le blaireau dans leur terrier pendant des heures avant de l’y déloger à l’aide de pinces métalliques et de le tuer, a encore cours chez nous. La responsabilité en incombe à des gouvernements successifs permissifs, des préfectures complices et des fédérations de chasse déterminées à conserver ce « loisir » funeste. 

Le déterrage, « c’est juste du loisir »

Chaque année, « ce sont 12 000 blaireaux » qui sont tués de cette manière, s’indigne l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) qui organise la journée mondiale des blaireaux le 15 mai. « L’objectif est de dénoncer cette pratique inadmissible qu’est le déterrage et de mieux faire connaître cet animal, explique Richard Holding, responsable editorial de l’association. Perpétuer cette méthode relève du non-sens. Il n’y a aucun rôle de régulation de l’espèce, c’est juste du loisir. » 

 

L’objectif est de dénoncer cette pratique inadmissible qu’est le déterrage.

Richard Holding - Aspas

Depuis les annulations de périodes complémentaires de vénerie sous terre ordonnées par les tribunaux, l’administration tente « de les justifier avec plus ou moins de maladresse et de mauvaise foi » et dans « tous les cas, les justifications apportées sont contestables », souligne Frédéric Daniel, responsable du dossier chasse et blaireaux pour l'association AVES France. Récemment, cette période complémentaire de déterrage des blaireaux a été désavouée par le tribunal administratif de Dijon. La raison : les blaireautins tués de mai à septembre sont encore en situation de dépendance vis-à-vis des adultes et doivent être protégés.

« Cette partialité se remarque particulièrement dans les départements où la culture cynégétique est très ancrée, ajoute-t-il. Il est évident que la pression des fédérations de chasse exercée sur l'administration la pousse à continuer d'autoriser la vénerie sous terre. Nous ne pouvons que déplorer ce manque d'objectivité et la soumission de l'administration au lobby de la chasse ». L’Aspas a mis en ligne une pétition sur le site du Sénat pour mettre fin au déterrage des blaireaux. Rappelons qu’à 100 000 signatures, les Sénateurs sont obligés de traiter la question.

Dans certains départements, « une véritable persécution » des blaireaux

Au-delà du déterrage, le blaireau est déjà considéré comme une espèce « gibier chassable » (Annexe III de la Convention de Berne, NDLR). La France est alors contrainte au maintien des effectifs dans un bon état de conservation. Et pourtant… « Nous regrettons que notre pays ne se soucie pas davantage de ses obligations liées au statut juridique de l'espèce, constate Frédéric Daniel. En effet, la chasse du blaireau est autorisée de façon irraisonnée partout et sans limite de quota ». Parmi les raisons invoquées par les chasseurs, « les dégâts agricoles sont les plus utilisés », note Richard Holding tout en rappelant qu’il « existe des répulsifs naturels qui fonctionnent ».

 

En France, pour la gestion des espèces sauvages, c'est le fusil qui parle davantage que le bon sens.

Frédéric Daniel - Aves France

Quelques raisons d’espérer toutefois : dans le département du Bas-Rhin, la chasse aux blaireaux n’est plus autorisée depuis 2004. Et pour cause, les effectifs du mustélidé ont chuté à un niveau extrêmement bas. La décision n’a d’ailleurs pas été suivie d’une prolifération de l’espèce, contrairement aux prédictions des chasseurs à l’époque. Mais de tels choix restent rares dans un pays où les fédérations de chasse sont très influentes. C’est pourquoi, les associations de protection animale contestent régulièrement les arrêtés devant les tribunaux. Cette année 2022 ne devrait pas déroger à la règle.

« Dans certains départements, la chasse du blaireau est si intensive qu'on peut véritablement parler de persécution, regrette Frédéric Daniel. Le Cantal, par exemple, livre une véritable guerre contre cet animal avec des prises oscillant entre 1500 et 2000 individus tués chaque année par la chasse et les destructions administratives ». 

La priorité : « interdire l’autorisation des périodes complémentaires de vénerie sous terre »

Se pourrait-il que blaireau soit un jour retiré des espèces chassables en France ? « Oui, ça va dans le sens de l’Histoire mais c’est probablement une perspective lointaine, estime Frédéric Daniel. En France, pour la gestion des espèces sauvages c'est le fusil qui parle davantage que le bon sens. Hélas, les exemples d'espèces en état de conservation préoccupant et qui sont pourtant autorisées à la chasse ne manquent pas. En attendant, et en priorité, il faudrait interdire l'autorisation des périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau ».

La Fondation 30 Millions d’Amis appelle le prochain gouvernement à légiférer au plus vite pour faire interdire cette pratique cruelle au niveau national.