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Débat

La chasse au petit gibier prolongée pour… « écouler » les stocks d’élevages !

La chasse aux faisans et autres animaux présentés comme du petit gibier, sera prolongée dans plusieurs départements de France au grand dam des associations de protection animale./©Photo d'illustration Adobe Stock - LUGOSTOCK

Choquant. Plusieurs départements devraient rallonger de plusieurs semaines la chasse aux faisans, perdrix ou lièvres pour pallier « les difficultés économiques de la filière élevage de gibier » et compenser les pertes dues au confinement. Des annonces préfectorales qui montrent l’incongruité des élevages d’animaux pour la chasse. Vous avez dit régulation ?!

Quand le ridicule tue… Alors que la chasse au petit gibier – faisans, perdrix, lièvres – doit se terminer en décembre ou en janvier, selon le département, voilà que plusieurs préfets ont pris la décision de la prolonger de quelques semaines !

Au-delà du manque total de concertation par certains départements et du (mauvais) symbole que représente ce nouveau cadeau aux chasseurs, ce sont les motifs qui déclenchent l’ire des associations de protection animale, dont la Fondation 30 Millions d’Amis : pallier « les difficultés économiques » des établissements d’élevage, permettre aux éleveurs « d’écouler leur production », ou encore, assurer « la protection de l’environnement » ! Si le président de la République Emmanuel Macron a récemment exagéré le rôle des chasseurs pour la biodiversité, il serait bon de s’interroger sur l’intérêt de ces élevages pour l’environnement…

Cher, Deux-Sèvres, Nord, Pas-de-Calais… Ces départements qui confondent élevage et biodiversité !

À titre d’exemple, le préfet du Cher offre aux chasseurs la possibilité de tirer sur des faisans jusqu’au 31 janvier 2021 (au lieu du 10 janvier) au vu des « difficultés économiques par les éleveurs de petit gibier qui n’ont pas pu écouler leur production pendant la période de confinement ». Ce dernier précise dans une note que « cinq établissements d’élevage de petit gibier du département » n’ont pas pu vendre leur production de « 30 000 faisans et 10 000 perdrix » ! Le préfet des Deux-Sèvres invoque, lui aussi, des « difficultés économiques de la filière » pour justifier la décision.

Dans le même ton, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais n’ont pas pris la peine d’organiser de consultation publique sur leur position, évoquant un « caractère d’urgence » pour assurer « la protection de l’environnement ne permettant pas une consultation du public ». Ainsi, la chasse aux lièvres est prolongée jusqu’au 31 décembre dans le Nord (au lieu du 6). Quant au Pas-de-Calais, fief du président de la Fédération nationale de la chasse Willy Schraen, elle prolonge la chasse aux lièvres bruns (27 décembre au lieu du 6 décembre), aux lapins de Garenne (20 février au lieu du 31 janvier 2021), faisans communs (20 février au lieu du 17 janvier 2021) et aux perdrix grises (13 décembre au lieu du 22 novembre).

La colère froide des associations de protection animale

L’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), qui avait réalisé une enquête en 2018 dénonçant ces élevages pour la chasse, s’indigne de ces méthodes. « Il s’agit encore de cadeaux pour les chasseurs, tempête Madline Rubin, directrice de l’association, jointe par 30millionsdamis.fr. Cela montre surtout qu’il y a un très gros problème avec ces élevages. Il faut arrêter cela ! Ce sont des êtres vivants, pas des chairs à canons ! Cela devient épuisant que les associations de protection animale doivent se battre pour que les lois soient respectées. Ces préfectures devraient être sanctionnées. »

Hugo Clément, l’un des initiateurs du Référendum d’initiative partagée en faveur des animaux, s’insurge également de cette permissivité : « Pour justifier leur activité, les chasseurs mettent souvent en avant la nécessité de "réguler" des animaux qui, sans eux, seraient en surnombre dans la nature et causeraient des dégâts aux cultures. Cet exemple montre exactement le contraire : élever des animaux spécifiquement pour les relâcher et les chasser. Aucune "régulation". Rien de "naturel". Un simple loisir qui consiste à faire souffrir et abattre des êtres sensibles pour le plaisir », dénonce le journaliste sur les réseaux sociaux.

D’après les chiffres du Syndicat national des producteurs de gibier de chasse (SNPGC), 14 millions de faisans et 5 millions des perdrix sont élevés chaque année en France pour satisfaire les « tirs faciles ». L’association L214 avait notamment introduit l’un de ces élevages et pointé l’enfer de ces usines de l’horreur (24/09/2020).

De quoi largement décrédibiliser - s'il le fallait - la prétendue "régulation des espèces" sempiternellement invoquée !

Commenter

  1. dewulf 23/12/2020 à 18:48:50

    régulation ??? alors pourquoi des élevages avec des lâchés en forêt ou en plaine !!!! des fligueurs assoiffés de sang .

  2. AnneV 09/12/2020 à 18:04:00

    Faisans, sangliers, cervidés ???? Comme ils ont flingués les sauvages, ils leurs faut des proies "fraîches" !!!!! On marche sur la tête !