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Faune

Dans le Pas-de-Calais, des bénévoles au secours de la faune sauvage

Les bénévoles du réseau SOS Faune sauvage de la LPO Pas-de-Calais secourent chaque année plusieurs centaines d'animaux blessés, notamment des rapaces, comme cette Chouette effraie. ©LPA de Calais

Créé en 2018, le réseau « LPO 62 SOS faune sauvage » a pour mission d’acheminer, par l’intermédiaire de bénévoles, des animaux sauvages blessés ou affaiblis, d’abord vers des vétérinaires selon leur état, puis vers le centre de soins de Calais. Tout au long de ce processus de sauvetage, plusieurs maillons jouent un rôle essentiel. 30millionsdamis.fr a recueilli le témoignage de certains participants à cette chaîne de solidarité.

2 700 ! C’est le nombre d’appels reçus depuis le 1er janvier 2020 par le réseau SOS faune sauvage de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) du Pas-de-Calais. A l’écoute ? Des particuliers ayant découvert des animaux blessés ou des juvéniles orphelins. « Depuis la création du réseau en 2018, les appels ont triplé, confie à 30millionsdamis.fr Maxence Bommelaere, coordinateur régional du réseau. Cet été, nous n’avons pas pu traiter tous les appels. Nous manquons de moyens humains et financiers, le réseau n’étant pas subventionné mais géré grâce à des fonds propres. » 

Car le processus de sauvetage, long et fastidieux, sollicite l’intervention d’une multitude de bénévoles aussi engagés que généreux. Au centre de ce réseau : les achemineurs, qui n’hésitent pas à parcourir une centaine de kilomètres sur leur temps libre et à leurs frais, pour transporter les animaux blessés entre chaque « chaînon ». Ils sont 178 à jouer ce rôle dans la région ! 

Des centaines d’animaux sauvages coincés ou gravement blessés... 

 

Depuis l’ouverture de la chasse, nous avons pris en charge une dizaine de rapaces plombés.

M. Bommelaere - SOS Faune Sauvage

Il arrive que les animaux n’aient pas besoin de soins mais d’une aide ponctuelle, à l’instant T : c’est le cas lorsqu’ils sont « simplement » coincés dans le conduit d’une cheminée ou le filet d’un grillage. La survie de l’animal dépendra alors de la réussite d’une seule action. Récemment, l’un de ces achemineurs, Marcel Martel, a secouru un Grand duc pris dans les filets d’un chasseur… « En janvier 2020, il a également été contacté par des particuliers alors qu’un animal semblait coincé dans un conduit fermé et trop étroit, raconte à 30millionsdamis.fr Christine Dupuis, référente juridique pour la LPO Pas-de-Calais. Le couple qui a donné l’alerte n’a pas hésité à lui faire percer un trou dans le plafond du séjour. Un geste récompensé par la découverte de deux Chouettes hulottes, en bonne santé ! » 

« Ces rapaces nocturnes, qui cherchent des cavités pour nicher, peuvent rapidement s’y retrouver coincées, constate le coordinateur régional. Pour éviter de tels incidents, nous recommandons aux particuliers de grillager les conduits de cheminée au niveau des sorties ».

... victimes des humains

Les animaux sont souvent victimes de chocs : lignes électriques, branches d’arbre, baies vitrées et véhicules sont autant de facteurs à risque. Mais le plus souvent, les animaux sont blessés par la faute humaine : balles de plombs, hameçons, filets de chasse ou filets de pêche sont les causes principales des dommages observés. « Depuis l’ouverture de la saison de chasse, nous avons pris en charge une dizaine de rapaces blessés par plombsUn nombre déjà trop élevé ! fustige M. Bommelaere. Parmi eux, un Balbuzard pêcheur a été retrouvé criblé de plombs, à la fin du mois d’octobre 2020, au sein du parc naturel régional des Cap et Marais d’Opale. Or, ce rapace appartient à une espèce protégée et vulnérable : il n’existe qu’une centaine d’individus sur le territoire métropolitain ! »  Récemment, c’est un animal nocturne – une Chouette effraie – qui a été retrouvée plombée… ce qui laisse penser qu’elle a été tirée en pleine nuit ou, à tout le moins, à la tombée de la nuit.

Si ces animaux sont actuellement en convalescence, d’autres doivent malheureusement être euthanasiés lors de leur prise en charge : « Les animaux lourdement handicapés (aile cassée, œil perforé…), qui n’auraient aucune chance de survie dans la nature, ne peuvent être soignés, déplore la vétérinaire Françoise Joly, contactée par 30millionsdamis.fr.

Des soins prodigués en clinique vétérinaire puis en centre spécialisé

 

Les animaux sauvés, -  1/3 des animaux recueillis en moyenne – recouvrent la liberté dans des territoires adaptés à leur survie.

Françoise Joly - Vétérinaire

En revanche, dans la majorité des cas, lorsque l’état de l’animal permet des soins, soit le « découvreur » lui-même, soit un achemineur bénévole transporte l’animal vers l’une des trente cliniques vétérinaires partenaires.  Des radios, soins et opérations chirurgicales y sont réalisés à titre bénévole. Ainsi, au cabinet de La Coupole, à Wizernes (62), les deux vétérinaires et leurs trois assistants soignent, en moyenne, près de 400 animaux sauvages chaque année, principalement des rapaces. 

« Si de nombreux animaux nécessitent des soins cliniques, nous accueillons également de jeunes animaux, en quête de soins maternels, explique Françoise Joly. Il est vrai que les jeunes hérissons, s’ils sont seuls et amaigris, ne peuvent survivre à l’hiver. En revanche, il n’est pas rare que des petits mammifères soient ramassés à tort ». Et ce, à leurs risques et périls. Par exemple, de jeunes lièvres aperçus seuls ne sont pas forcément orphelins, leur mère n’étant pas systématiquement à leurs côtés. Les retirer de leur mère revient à leur enlever de grandes chances de survie. « Nous avons recueilli un jeune lièvre qui a vécu plusieurs semaines en captivité chez des particuliers, avec une alimentation inadapté, poursuit la vétérinaire. Lorsqu’il a atteint l’âge de s’émanciper, le pauvre animal a sauté de la cage et s’est cassé le fémur ».

Une fois ces soins prodigués, un nouvel achemineur intervient pour  accompagner l’animal  jusqu’à un centre spécialisé de la faune sauvage, à Hirson, à St Quentin (02) ou à Calais (62). Le centre calaisien, conçu par La Ligue de Protection des Animaux (LPA), peut également intervenir lors de crises majeures, notamment en cas de marée noire, ou après une saisine d’animaux exotiques par les services de douane. Il héberge, entre autres, une unité de soins intensifs, un local dédié aux nouveaux animaux de compagnie, mais aussi des volières et bassins pour phoques et oiseaux marins. Quatre bébés phoques viennent, d’ailleurs, de retrouver leur milieu naturel (06/11/2020) ! 

De la convalescence au retour à l’état sauvage

Certains animaux ne pouront retrouver la liberté qu’à l’issue d’une longue convalescence, laquelle peut durer jusqu’à six mois ! C’est là qu’intervient Nathalie. Depuis de nombreuses années, elle accueille principalement des rapaces et quelques petits mammifères pour les choyer, le temps qu’ils retrouvent des forces. Pour ce faire, elle a aménagé, à son domicile, des volières et clapiers, tandis que son grenier accueille des chouettes en liberté !

« Parfois, après cette convalescence, une visite vétérinaire est nécessaire, s'il faut retirer des plaques ou d’autres dispositifs de consolidation », précise Christine Dupuis. A lieu, enfin, un dernier voyage vers le centre de soins… avant le tant attendu relâcher à l’état sauvage ». Malheureusement, certains animaux n’auront pas cette chance : soit les blessures, trop profondes, se seront avérées incurables, soit le stress lié à la captivité leur aura été fatal. Un stress d’autant plus fort lorsque les animaux suivent un régime alimentaire spécifique, difficilement possible à l’état captif. C’est le cas du Balbuzard pêcheur ou du Goéland marin respectivement « friands » de poissons d’eau douce et de poissons marins… 

« Les animaux sauvés, -  1/3 des animaux recueillis en moyenne – recouvrent la liberté dans des territoires adaptés à leur survie », assure F. Joly. « Le plus souvent, ils sont relâchés dans des espaces naturels sensibles, précise M. Bommelaere. Espérons qu’ils aient une longue et heureuse vie ! ». La Fondation 30 Millions d’Amis salue le courage de ces âmes bienveillantes, indispensables à la survie de la faune sauvage. 

Commenter

  1. phoenix35 21/11/2020 à 11:15:49

    Bravo et merci à tous ces bénévoles pour leur engagement et dévouement !

  2. pouguy 18/11/2020 à 18:25:06

    tiens c'est bizarre ça, car si on trouve un animal blessé au bord d'une route il faut le laissser, c'est interdit, je connais quelqu'un qui s'est pris une forte amende de 1800 € pour ça car l'animal était un animal protégé. faudrait savoir.

  3. Millymagdalena 18/11/2020 à 12:05:45

    Il y ern a quelques-unes d'associations de défense de notre faune sauvage ... mais ont-ils vraiment les moyens ? Je donne sur timing, je donne sur Lilo ... mais je trouve que bien peu de gens sont moblisés !

  4. trexelife 18/11/2020 à 10:32:55

    Cela fait du bien de savoir ça !

  5. AnneV 14/11/2020 à 18:39:57

    "Depuis l’ouverture de la saison de chasse, nous avons pris en charge une dizaine de rapaces blessés par plombs… Un nombre déjà trop élevé ! fustige M. Bommelaere. Parmi eux, un Balbuzard pêcheur a été retrouvé criblé de plombs, à la fin du mois d’octobre 2020, au sein du parc naturel régional des Cap et Marais d’Opale. Or, ce rapace appartient à une espèce protégée et vulnérable : il n’existe qu’une centaine d’individus sur le territoire métropolitain ! »  Récemment, c’est un animal nocturne – une Chouette effraie – qui a été retrouvée plombée… ce qui laisse penser qu’elle a été tirée en pleine nuit ou, à tout le moins, à la tombée de la nuit."

    Les copains de Macron s'en donnent à coeur joie !!!!!!! Il faut dégager ce type !