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Biodiversité

Irremplaçables, les espèces rares sont aussi les plus menacées !

Essentielles au fonctionnement des écosystèmes, les espèces écologiquement rares, telles que les lémuriens, chauves-souris et colibris, sont également les plus menacées. ©Pixabay

Les oiseaux et les mammifères « rares » tirent essentiellement leur originalité des fonctions écologiques irremplaçables dont ils sont dotés. Or, ces espèces, menacées par l'Homme, seront les plus impactées par le changement climatique (Nature Communications, 8/10/2020). 30millionsdamis.fr tire la sonnette d'alarme et rappelle, à ce titre, la nécessité absolue d’améliorer leur protection.

Chauves-souris, lémuriens, colibris… Leur point commun ? Ces espèces présentent des caractéristiques uniques, géographiquement, mais aussi écologiquement, en ce sens qu’elles contribuent au fonctionnement des écosystèmes dans leur ensemble.

Dotées de fonctions écologiques essentielles, les espèces rares sont irremplaçables

La rareté n’est donc pas uniquement liée au nombre ou à la zone géographique : elle s’explique aussi par l’importance et la singularité du rôle écologique. Autrement dit, les espèces rares sont celles dont les fonctions écologiques sont essentielles et irremplaçables.

 

Les espèces rares sont surreprésentées dans les catégories menacées de l’UICN.

CNRS, FRB, Universités Grenoble et Montpellier

En effet, ces espèces, généralement situées dans les régions tropicales (au Costa Rica notamment) et souvent insulaires (Indonésie, Madagascar, Nouvelle-Guinée), sont frugivores (chauves-souris, lémuriens,…), insectivores (petits rongeurs), nectarivores (colibris), ou encore, piscivores (grands oiseaux de mer). Or, « ces caractéristiques sont importantes pour le fonctionnement de l’écosystème », rappelle l’étude. D’un côté, les nectarivores et frugivores sont d’importants pollinisateurs, de sorte que « l’extinction de ces espèces amplifierait probablement le déclin en cours de certaines espèces végétales ». De l’autre, les piscivores jouent des fonctions uniques en se nourrissant en pleine mer : « ces espèces transportent de grandes quantités de nutriments sur les îles, ce qui profite à la faune et la flore insulaires ».

Menacées par l’Homme, les espèces rares seront les plus impactées par le changement climatique

Malheureusement, ces espèces sont particulièrement exposées aux activités humaines : « les espèces écologiquement rares sont présentes dans les zones où l’empreinte humaine est plus élevée que dans les zones abritant des espèces communes ». Elles doivent, dès lors, faire face à une multitude de menaces (pollutions, fragmentation des habitats, surexploitation des espèces…) et en sont d’autant plus fragiles : « les espèces écologiquement rares sont surreprésentées dans les catégories menacées de l’UICN ». Ainsi, 71% des mammifères et 44,2% des oiseaux écologiquement rares sont menacés d’extinction, tandis que ces taux n’atteignent respectivement « que » 2% et 0,5% chez les mammifères et oiseaux écologiquement communs.

En outre, ces espèces seront, pour certaines d’entre elles, plus impactées par les effets du changement climatique. « Le changement climatique est susceptible de réduire considérablement l’aire de répartition géographique des mammifères et des oiseaux écologiquement raresconduisant certains d’entre eux vers l’extinction mondiale, déplorent les chercheurs. Cela concerne notamment les oiseaux, eu égard à leur sur-représentation dans les montagnes tropicales, très vulnérables aux impacts du changement climatique ». 

Prendre en compte l’originalité du rôle écologique des espèces dans les politiques de conservation

 

C’est un vrai changement de paradigme des politiques de conservation qu’il faut mettre en œuvre pour préserver ces espèces.

Fort de ce constat, l'actuelle préservation des espèces rares, même dans les zones protégées, n’est pas suffisante. « La conservation des espèces est, aujourd’hui, encore trop souvent basée sur leur identité et leur statut démographique, constatent les scientifiques. Pourtant, la prise en compte de l’originalité de leurs rôles écologiques est essentielle et devrait aussi guider les actions de conservation »Autrement dit, intégrer les fonctions écologiques dans les politiques de conservation est indispensable : « C’est un vrai changement de paradigme des politiques de conservation qu’il faut désormais mettre en œuvre pour préserver ces espèces, essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes ».

Une évolution a priori facilement réalisable, dès lors que seule une petite fraction de la planète contient un grand nombre d’espèces écologiquement rares : « Une amélioration – mineure mais ciblée – de la protection de ces zones pourrait donc entraîner d’importants bénéfices pour les écosystèmes ». Mais parce que la pauvreté et les conflits contribuent à accroître la pression sur les espèces et leurs milieux (anthropisation des habitats, commerce d’espèces sauvages…), l’étude suggère la mise en place d’« une responsabilité partagée et transfrontalière, entre les pays en développement et les pays développés, indispensable à la conservation de la rareté écologique ». Il appartient donc aux Etats d'adopter, dès à présent, des mesures concertées et efficaces pour restaurer et protéger cette biodiversité, essentielle à la survie de l'humanité.