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Bonne nouvelle : le bouquetin ibérique reprend possession des Pyrénées !

Le taux de natalité s'accroît au fil des ans depuis les premières naissances en 2015. Cette année, 29 cabris sont nés dans les Pyrénées : un record ! ©Julien Canet

Quelques jours après leur lâcher dans les montagnes Ariègeoises, dix bouquetins ibériques ont été observés en pleine forme. Une bonne nouvelle pour la survie de cette espèce éteinte dans les Pyrénées Françaises en 1910 et réintroduite depuis 2014. Contacté par 30millionsdamis.fr, Julien Canet – photographe et spécialiste de l’espèce – revient sur ce fructueux programme de restauration.

Animal emblématique des Pyrénées, le bouquetin ibérique arpente à nouveau son environnement naturel depuis seulement… sept ans. Ce capriné aux cornes ondulées avait disparu du massif pendant plus d’un siècle !

Une adaptation rapide au milieu naturel

 

Après le lâcher, les individus réintroduits semblaient tous en très bonne forme !

J. Canet - Photographe animalier

Dix nouveaux bouquetins viennent ainsi d'être relâchés dans le paysage Ariégeois (16/10/2020) : « Le lâcher s’est très bien déroulé, se réjouit Julien Canet, photographe et chargé de mission pour le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises. 7 femelles et 3 mâles ont été réintroduits au-dessus de l’étang de Lers (09). Dans les Pyrénées Ariégeoises, c’était le 11ème lâcher depuis 2014 ». Quelques semaines plus tôt, c’est le massif Béarnais qui accueillait, à Accous (64), dix ongulés supplémentaires : six mâles, trois femelles dont une accompagnée de son cabri (18/09/2020).

Les animaux tout juste arrivés semblent bien s’adapter à leur nouvel environnement. « Nous avons pu observer quelques individus et ils semblaient tous en très bonne forme », confirme J. Canet. En général, les trois premiers jours sont cruciaux pour les animaux. Heureusement, le beau temps aura permis de faciliter leur adaptation. De magnifiques clichés capturés par le photographe illustrent cette rapide acclimatation.

©Julien Canet

Le fruit d’un long processus de réintroduction

Dans les Pyrénées Françaises, les deux derniers bouquetins s’étaient éteints en 1910, abattus près de Cauterets (64). Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour que le projet de restauration de l’espèce aboutisse, sous l’impulsion du ministère de l’Ecologie et de sa Stratégie pour la valorisation de la biodiversité. Car c’est durant l’été 2014 que 38 bouquetins ibériques ont enfin été relâchés dans le massif pyrénéen, tous répartis entre le Parc naturel régional des Pyrénées Ariégeoises et le Parc national des Pyrénées. Un moment qualifié d’ « historique » par André Berdou, Président du conseil d’administration du Parc national des Pyrénées (Journal du Parc national des Pyrénées, 2014). Depuis les premières naissances en 2015, le taux de natalité a évolué de manière exponentielle : « Cette année, nous avons recensé 29 cabris, un record ! », se félicite J. Canet.

Tous les spécimens relâchés ont été prélevés en Espagne, dans le Parc national de la Sierra de Guadarrama, après avoir été sélectionnés selon des critères rigoureux : une variabilité génétique, garante d’un faible taux de consanguinité, mais aussi, une ressemblance avec la souche pyrénéenne (taille, pelage, forme des cornes) et, bien-sûr, une bonne santé.  Ce volet sanitaire est primordial pour garantir la qualité de la restauration, mais aussi préserver la santé publique : « Il faut s’assurer que les individus transférés d’Espagne ne soient pas porteurs de pathogènes inexistants dans les zones pastorales de réintroduction, complète Bernard Pouchan, vétérinaire à Argelès-Gazost. Il s’agit ainsi de limiter le risque d’impact sur les troupeaux domestiques, la faune sauvage pré-existante et l’Homme. » Une fois toutes les garanties réunies, les bouquetins capturés sont équipés de colliers et de marquages visuels, puis transportés dans des véhicules homologués et climatisés jusqu’aux sites de lâcher. 

La viabilité de la population encore incertaine

 

Les ingrédients semblent déjà réunis pour que les effectifs continuent de s’accroître. 

J. Canet

En sept ans, les nombreuses réintroductions, conjuguées aux diverses naissances, ont permis de consolider les effectifs puisque près de 400 bouquetins gambadent désormais dans les Pyrénées, aux côtés de rapaces, d’isards et de quelques ours. Une bonne nouvelle pour la survie de l’espèce, même si la viabilité de la population n’est pas encore assurée : « Tout dépend de la constitution des groupes et leur répartition dans l’espace, prévient J. Canet. Mais les ingrédients semblent déjà réunis pour que les effectifs continuent de s’accroître ».

S’il n’est pas nécessaire, dans l’immédiat, de réintroduire d’autres animaux, en revanche, à moyen terme, quelques individus issus d’une autre population pourront être réintroduits. « Le but est d’apporter de la diversité génétique au cheptel, ajoute le spécialiste. Il s’agit ainsi de lui permettre de se développer du mieux possible pour recoloniser l’ensemble de son aire de répartition originelle : les Pyrénées ».