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Biodiversité

Éoliennes tueuses d’oiseaux, ce n’est pas une fatalité !

Les oiseaux peuvent heurter mortellement les pales des éoliennes. © /AdobeStock

La production d’énergie éolienne, bien qu’en plein essor au regard de sa contribution à la transition énergétique, constitue une menace pour la faune, notamment les oiseaux qui heurtent les pales de ces moulins géants modernes. Avec l’aide de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, 30millionsdamis.fr rappelle les solutions susceptibles d’être mises en place pour limiter les risques d’accidents.

Chaque éolienne tuerait en moyenne 7 oiseaux chaque année ! C’est ce que révélait la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) dans une expertise publiée le 20 juin 2017. Une cause de mortalité préoccupante pour le maintien de notre biodiversité, alors que le parc français compte plus de 8 000 mâts, ce qui porterait à environ 56 000 le nombre total d'oiseaux victimes. Récemment, France Nature Environnement (FNE) a déposé un recours auprès de la préfecture de l’Aveyron après la mort de plusieurs animaux d’espèces protégées au-dessus du parc éolien de Monfrech (17/02/2020).

Plusieurs cas de mortalité…

« S’il existe des parcs dont l’impact sur l’avifaune est acceptable, d’autres sont en revanche très problématiques », confie à 30millionsdamis.fr Geoffroy Marx, Responsable du Programme Energies Renouvelables et Biodiversité à la LPO. Et une faible mortalité peut tout de même se traduire par un impact important sur une population fragile ». Sur 97 espèces retrouvées mortes, 75 % appartiennent à des espèces protégées par le droit français, tandis que 10 % sont des espèces inscrites à l’Annexe I de la Directive Oiseaux et 8 % sont des espèces classées menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Ainsi, à Sévérac-Le-Château (Aveyron), le suivi environnemental du parc éolien de Monfrech a révélé, pour la seule période 2018-2019, 14 cas de mortalité de chauves-souris et 17 cas de mortalité d’oiseaux, dont 3 Vautours fauve qui appartiennent à une espèce protégée.

 

 S’il existe des parcs dont l’impact sur l’avifaune est acceptable, d’autres sont en revanche très problématiques

Geoffroy Marx - LPO

Si les volatiles sont les principales victimes, d’autres animaux sont également impactés. À Bellenaves (Allier), le projet d’implantation d’éoliennes au cœur de la Forêt des Colettes pourrait nuire aux espèces animales - dont certaines menacées - qui y habitent : chats forestiers, cigognes noires ou encore crapauds sonneurs à ventre jaune. « Le projet de parc industriel éolien serait à l’évidence fatal pour les cigognes, entres autres, et nuirait à ce patrimoine naturel, à son équilibre et à sa biodiversité, confie à La Montagne Xavier Thabarant, guide naturaliste. Il serait dommageable pour toutes les espèces rares, fragiles et menacées ». L’éolien off-shore - en mer - quant à lui, porte atteinte non seulement aux oiseaux, mais également aux espèces aquatiques, eu égard à l’emprise des installations au sous-sol marin.

« Malheureusement, l’industrie de l’éolien profite d’un cadre incitatif et dérogatoire qui conduit à de véritables dérives où les profits prévalent au détriment de projets de meilleures qualités environnementales et de moindre impact, explique à 30millionsdamis.fr Pascal Orabi, Chef de missions LPO France. « Des tensions existent, notamment dans certaines régions disposant tout à la fois d’un potentiel éolien important et de très forts enjeux avifaunistiques, ajoute Geoffroy Marx. Il n’est pas évident de faire comprendre à des industriels que tous les territoires n’ont pas vocation à accueillir des éoliennes ».

… qui pourraient être évités

Pourtant, des mesures conservatoires peuvent être mises en place pour protéger l’avifaune, telles que l’effarouchement sonore ou l’arrêt - ponctuel - de rotation des éoliennes. C’est le cas en Espagne où des ornithologues ont lancé dès 2006, en concertation avec les exploitants de la région, un programme destiné à empêcher l’hécatombe : une dizaine de personnes surveillent quotidiennement le parc éolien pour prévenir tout risque de collision. En moins d’une minute, les engins sont arrêtés pour permettre le passage des oiseaux au-dessus du Détroit de Gibraltar, puis relancés une fois le danger écarté. Plus récemment, une entreprise espagnole est même allée jusqu’à concevoir des éoliennes sans pale (seul l’oscillement du mât produit l’énergie) pour annihiler tout risque d’accident.

 

Les profits prévalent au détriment de projets de meilleures qualités environnementales 

Pascal Orabi - LPO

Dans l’hexagone - les oiseaux migrateurs (principalement les passereaux) représentant 60 % des cadavres retrouvés - la LPO a préconisé, en 2017, une meilleure prise en compte de la migration nocturne lors de la conception des projets. Dans la mesure où les rapaces diurnes comptent, quant à eux, pour 23 % des cadavres, la LPO a également proposé de préserver les espaces vitaux de ces espèces et de ne pas implanter les éoliennes à proximité de leurs lieux de reproduction. « Depuis, les services chargés de l’instruction des autorisations imposent la mise en place de mesures supplémentaires d’évitement et de réduction du risque de collision », rassure Geoffroy Marx.

Par ailleurs, face au constat de l’insuffisance des suivis environnementaux dont beaucoup ne permettaient pas d’estimer la mortalité due aux éoliennes, le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire a, en 2018, actualisé le protocole de suivi, conformément aux recommandations de l’organisation. Enfin, la mortalité due aux éoliennes étant deux fois plus importante dans les parcs situés à moins de 1 000 mètres de zones de protection spéciale, la LPO a recommandé l’interdiction des parcs éoliens dans ces secteurs et dans un périmètre d’au moins un kilomètre. « Ces conclusions sont reprises par de nombreux services instructeurs et même parfois intégrées par certains développeurs, se réjouit G. Marx. De fait, si la préservation des sites Natura 2000 n’est pas encore une obligation réglementaire, très peu d’éoliennes sont depuis implantées dans ces secteurs à forts enjeux ».

Aux services de l’Etat et aux exploitants de prendre toutes les mesures nécessaires à la protection de la faune, condition sine qua non à un développement des énergies renouvelables « durable » !

Commenter

  1. 10loups 04/03/2020 à 16:19:15

    Les éoliennes c'est du pipeau pour l'électricité, mais c'est un vrai scandale financier qui finira par éclater.

    Surtout ne permettez pas d'implantation d'éolienne sur vos terres : c'est 200 000€ pour remettre la terre en état... sinon vous perdez votre terre !!! Et hop, le tour est joué. Et ce n'est qu'un petit aperçu de l'iceberg-éolien... 

  2. Clairette2 04/03/2020 à 15:58:23

    J'habite dans les Hauts de France, et par chez nous elles poussent comme des champignons (ça dénature le paysage, trop c'est trop...) On avance peut être en progrès mais en première ligne c'est toujours les aniamux qui sont visés.

  3. Emilia324 28/02/2020 à 20:47:34

    Il faudrait faire plus de panneau solaire nn ?! Moi je n’y connais rien mais je m’engagerai pour sauver les oiseaux mémé les animaux tout cours