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Consommation

Colliers électriques anti-aboiements : « Une aberration ! »

L'utilisation d'un collier électrique peut aggraver le comportement de l'animal. / ©AdobeStock

En France, des colliers à stimulation électrique continuent d’être utilisés sur des chiens qui subissent, de fait, douleurs et angoisses. 30millionsdamis.fr fait le point sur cette technique de « dressage » illégale en France au regard de l'article R. 214-17 du code rural et déjà interdite dans plusieurs pays.

« 100 niveaux de choc électrique »… C’est l’une des principales caractéristiques des colliers de dressage proposés sur les sites de vente en ligne. Ces colliers, très douloureux pour les animaux, sont pourtant commercialisés en toute illégalité.

L’usage des colliers à stimulation électrique implique une souffrance physique inacceptable. Le collier anti-aboiement électrique émet un choc électrique dès que le chien qui le porte aboie. Le collier de dressage électrique, quant à lui, peut être actionné par télécommande à distance pour envoyer un son, une vibration ou une décharge électrique très douloureuse pour l’animal : « J’ai testé la décharge électrique à 4 sur une échelle de 0 à 100 et c’est déjà beaucoup », confie une utilisatrice. À cette douleur physique, s’ajoute une souffrance psychologique extrême qui implique peur, anxiété et stress.

Une utilisation qui provoque de nombreux troubles du comportement

 

Ces colliers ne devraient pas se trouver entre les mains de particuliers.

Nicolas Greveldinger, éducateur canin

« Les colliers à stimulation électrique peuvent même être à l’origine de nombreux troubles de comportement chez les chiens », explique l’éducateur canin Nicolas Greveldinger à 30millionsdamis.fr. Les chiens peuvent effectivement associer le coup de jus à des éléments extérieurs, sans lien avec leur comportement. C’est notamment le cas des colliers anti-aboiement qui se déclenchent peu importe la cause des aboiements : « une aberration » selon l’éducateur.

Mais c’est également le cas des colliers avec télécommande : « Je préfère utiliser les modes sonnerie et vibration car mon chien n’aime pas le choc statique, commente un utilisateur. Ca lui fait peur, il sursaute, puis court partout et fait des bêtises ». « Je n’utilise jamais le mode électrique… sauf une fois par erreur et le chien a souffert », ajoute un internaute. Raison pour laquelle « ces colliers ne devraient pas se trouver dans les mains de particuliers, conclut Nicolas Greveldinger. Leur utilisation - si elle est nécessaire - devrait être strictement réservée aux professionnels ».

Une pratique contraire aux droits français et européen

La vente libre de ces colliers est totalement incompatible avec l’article 7 de la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie du 13 novembre 1987. Du reste, plusieurs pays européens (Allemagne, Suisse, Autriche, Pays de Galle, Danemark, Norvège, Suède, Slovénie, Écosse, Angleterre) ont déjà interdit la vente de ces instruments de torture. 

En droit français, le code rural et de la pêche maritime bannit l’exercice d’activités de dressage qui causeraient à l’animal des blessures ou d’inutiles souffrances. La loi interdit, plus particulièrement, « sauf en cas de nécessité absolue », les modes de détention « inadaptés à l’espèce considérée ou de nature à provoquer des blessures ou des souffrances ». C'est donc sa libre interprétation qui rend l'utilisation de ces colliers effective.

Une proposition de loi en suspens

 

Il est temps de revenir à la raison et d'interdire la vente de ces outils de torture !

Sarah El Haïri, députée

En 2018, près de 50 députés avaient co-signé une proposition de loi visant à interdire expressément l’utilisation et la vente libre de colliers à pointes* et colliers de dressage par stimulation électrique. Le texte prévoit, à cette fin, de modifier l’article L. 214-3 du code rural qui interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité. Actuellement, le pouvoir réglementaire est compétent pour déterminer « les mesures propres à assurer la protection de ces animaux contre les mauvais traitements », non seulement en matière d’élevage, de parcage, de transport et d’abattage des animaux, mais également, dans le cadre des expériences biologiques médicales et scientifiques qui doivent, en outre, être limitées aux cas de stricte nécessité. Si la proposition venait à être votée, la protection pourrait être étendue aux « techniques de dressage coercitives », qui impliquerait l'utilisation de ces colliers.

« Je ne puis oublier ces cris de détresse »

A l’occasion d’une question au gouvernement, en février 2019, Meyer Habib, le député à l’origine de la proposition de loi, a fait part du déclic qui l’a incité à agir. Alors qu’il promenait le chien de sa fille, le maître d’un autre petit chien « totalement inoffensif » a actionné par télécommande le collier de dressage par simulation électrique attaché au cou de l’animal. « Le chien s'est mis à geindre, puis à hurler de douleur sur des dizaines de mètres en courant vers son maître le plus vite possible, pour que cela s'arrête, s’émeut-il. Je ne puis oublier ces cris de détresse ». 

Mais dans sa réponse, le Gouvernement s’est contenté d’un simple rappel de la loi, pourtant en totale contradiction avec la réalité. A cet égard, « une clarification du texte s’avère nécessaire pour ne laisser aucune place à l’interprétation, nous confie la députée co-signataire Sarah El Haïry. Interdire la vente de ces outils de torture est le seul moyen de rendre effectif le principe posé par la convention européenne. Il est temps de revenir à la raison et de bannir les techniques de dressage qui provoquent des blessures irréversibles ! ». Selon elle, la proposition de loi pourrait bientôt faire l’objet d’un examen par l’Assemblée. 

La Fondation 30 Millions d’Amis s’insurge contre la vente et l’utilisation de ces colliers qui causent aux animaux de multiples souffrances, en toute illégalité. Dans l’attente d’une réforme visant à les interdire formellement, elle appelle à ne pas les utiliser et à privilégier les seuls colliers qui émettent un son (colliers ultrasoniques) ou une odeur (colliers à diffusion d’odeur citronnelle).

*Le collier à pointes constitue une chaîne en métal, composée de pointes qui pénètrent la peau du chien et qui peuvent lui causer de multiples lésions.

Commenter

  1. lotus2003 12/08/2019 à 23:54:42

    certains *** s\'expriment, alors pourquoi les chiens n\'ont-ils pas le droit de le faire? parce qu\'ils dérangent les voisins? moi, franchement, je préfère un chien qui aboie, qu\'un *** qui ouvre sa gueule.

  2. frimousse 12/08/2019 à 13:50:39

    Horrible ! C'est à tous ces dégénérés et ceux qui maltraitent ces pauvres animaux sans raison qu'on devrait mettre ces colliers électriques et actionner le bouton pour les faire bien souffrir ! A vomir. ....