Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat le 7 avril, Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a ouvert la voie à une possible remise en cause de l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques itinérants. Pour la Fondation 30 Millions d’Amis, cette position marquerait un reniement grave des engagements pris en faveur du bien-être animal.
Interrogé sur la mise en œuvre de l’interdiction de l’exploitation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants — prévue pour décembre 2028 —, Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique, a déclaré vouloir « aller au bout de la définition de l’itinérance entendue au sens large (…) pour essayer de préserver un maximum d’activités telles que les voleries mais également certaines activités circassiennes ». Cette déclaration ouvre la voie à une interprétation dangereuse de la loi et laisse craindre une volonté de la contourner.
Un recul inacceptable pour le bien-être animal
« Après avoir procrastiné et repoussé l’organisation du replacement des animaux aux calendes grecques, le gouvernement succomberait désormais à la facilité : contourner la loi en laissant les circassiens poursuivre leurs activités, au détriment du bien-être des animaux, dénonce Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis. Un tel revirement trahirait la volonté du législateur et méprise l’attente d’une société qui réclame, plus que jamais, la fin de ces spectacles d’un autre âge. »
La Fondation appelle à respecter l’engagement de la France
Depuis l’adoption de la loi en 2021, la Fondation 30 Millions d’Amis travaille aux côtés des autorités pour anticiper le replacement des animaux concernés et assurer une application rigoureuse de la législation. Des discussions sont actuellement menées avec le ministère de la Transition écologique afin d’offrir à ces animaux une retraite digne dans des structures adaptées. La Fondation a d’ores et déjà mobilisé d'importantes ressources financières pour accompagner cette transition.
La loi est claire : toute dérogation à l’interdiction de l’exploitation des animaux dans les cirques itinérants ne peut être envisagée qu’en dernier recours. Aller dans une autre direction reviendrait à céder à la pression du lobby des cirques et à renier l’engagement de la France pour une société plus respectueuse des animaux. Il reste deux ans au ministre pour corriger sa trajectoire et tenir parole. La France ne peut se permettre de faire marche arrière sur une avancée aussi essentielle.
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