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Faune

Avec le dérèglement climatique, tous les ours des Pyrénées ne sont pas entrés en hibernation !

Dans les Pyrénées, de nombreux ours n'ont pas encore rejoint leur tanière cet hiver... Une conséquence du dérèglement climatique. ©Adobestock

La douceur inhabituelle des températures hivernales bouleverse bien des équilibres : pour preuve, plusieurs ours des Pyrénées ne sont pas entrés en hibernation. Si les spécialistes se veulent rassurants, cette situation peu commune est aussi l’occasion pour 30millionsdamis.fr de rappeler l’importance d’agir urgemment contre le changement du climat.

Des ours repérés dans les Pyrénées en plein mois de février… en période d’hibernation ! Une situation qui inquiète quelques observateurs, promeneurs ou internautes. Mais pas de panique ! Certes inhabituel, ce fait lié à la douceur des températures ne menace (heureusement) pas la survie des ursidés.

Le plantigrade a effectivement pour habitude d’hiberner, depuis la fin de l’automne jusqu’au début du printemps, pour se mettre au ralenti. Un phénomène naturel au moment de l’année où la nourriture se fait plus rare. « Leur rythme cardiaque diminue, leur température corporelle baisse de plusieurs degrés, leur rythme respiratoire est divisé par 2, explique Pays de l’ours Adet, l’association spécialiste de l’ursidé. L’ours ne s’alimente pas ; il s’est constitué assez de réserves de graisse (…). De même, il ne boit pas de l’hiver. Afin d’éviter la déshydratation, l’eau de ses urines est recyclée au sein même de son corps. »

Des indices de présence de l’ours relevés cet hiver

Mais cet hiver, des spécialistes ont relevé des traces de sa présence : des empreintes de pattes, des poils, ou encore des clichés capturés par piège-photo ! Certains promeneurs auraient même rencontré des ursidés, suscitant quelques inquiétudes sur la toile. « À cause des températures exceptionnelles, Sorita et ses oursons n’ont toujours pas commencé leur hibernation ; quelles conséquences cela peut-il avoir sur leur biorythme ?, interroge une internaute sur la page Facebook de l’association Pays de l’ours Adet. « Selon la météo et l’accès à la nourriture, il peut arriver que certains individus hibernent sur une très courte durée, voire pas du tout, comme ça peut être le cas en Espagne, répond l’association. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour leur santé. » En effet, les ours hibernent non pas pour se protéger du froid, mais pour pallier le manque de nourriture. Autrement dit, l’hibernation n’est pas une réponse à un besoin physiologique mais une adaptation à la difficulté de trouver de quoi se nourrir sous la neige. Ce n’est donc que lorsque les efforts pour trouver à manger sont supérieurs à l’énergie rapportée par la nourriture que les ours se mettent « en sommeil » pour réduire leurs dépenses énergétiques.

Habituellement, « Dans les régions très froides comme la Russie, les ours hibernent de longs mois, alors que dans les Pyrénées, cette durée de dormance est déjà beaucoup plus courte, précise l’association. Cette année, comme la météo est clémente et que la fructification a été riche à l’automne, ils trouvent plus facilement à manger, et certains n’ont donc toujours pas commencé à hiberner. »

Des tanières fragilisées

Si les spécialistes français du plantigrade se veulent rassurants, les autorités sibériennes pour la protection de la faune sont plus pessimistes. Car cet hiver, les plantigrades sibériens ont, eux-aussi, été confrontés aux températures anormalement hautes, les incitant à réduire leur hibernation. « Des ours ont été aperçus en train de se promener dans un état second un mois après la date à laquelle ils entrent habituellement en hibernation », constate le Département pour la protection de la faune sur son compte Telegram. Une autre fâcheuse conséquence est l’altération des tanières qui en découle : « Des températures supérieures à zéro pourraient faire pénétrer l’eau de fonte dans les tanières, précise Oivind Toien Professeur adjoint de recherche à l’Institut de biologie arctique de l’Université d’Alaska Fairbanks (Live Science). Cela pourrait y rendre inconfortable le séjour des ours. »

Si les ours Pyrénéens semblent, pour l’heure, s’adapter plus facilement que leurs congénères du nord, toujours est-il que ces situations inhabituelles nous rappellent, l’une comme l’autre, les conséquences du changement climatique et la nécessité d’agir au plus vite pour y remédier...