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Insolite

Une tortue s’échoue sur une plage britannique, à 5.000 kilomètres de son habitat naturel !

Victimes de la tempête « Arwen » au pays de Galles, des animaux se sont échoués sur les plages. Parmi eux, une tortue de Kemp, dont l'espèce est menacée d'extinction. ©Aquarium d'Anglesey /Facebook

Une tortue marine s’est échouée sur une plage du Pays de Galles proche de la frontière anglaise, à plus de 5000 kilomètres de son habitat naturel situé dans le Golfe du Mexique. L’espèce – la tortue de Kemp – est classée « en danger critique d’extinction » selon l’UICN. Très affaibli par ce long périple, l’animal reprend des forces dans un centre de soins. 30millionsdamis.fr revient sur cette découverte peu banale.

Des rafales à 160 km/h ! La tempête « Arwen », qui a frappé le pays de Galles à partir du 26 novembre 2021 (faisant trois victimes humaines et provoquant d’importants dégâts matériels, NDLR) a également eu des conséquences inattendues. De nombreux animaux se sont échoués sur les plages, notamment des bébés phoques – pris en charge par des associations locales – ainsi qu’une tortue de Kemp, originaire du Golfe du Mexique, à plus de 5000 kilomètres des côtes galloises. L’espèce est considérée comme la tortue marine la plus menacée au monde, classée « en danger critique d’extinction » (dernière étape avant la disparition totale en milieu naturel, NDLR) sur la « Liste rouge » de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

L’espoir de retrouver son habitat naturel au Mexique ?

« Si elles sont prises dans un courant, [les tortues] peuvent être emmenées dans des eaux plus profondes, explique Matthew Westfield, coordinateur de la surveillance du milieu marin dans la ville de Cardigan (sud-ouest du Pays de Galles), interrogé par CNN. Ce qui s'est probablement passé avec celle-ci, c'est qu'elle flottait depuis une semaine environ, puis la tempête Arwen l'a frappée et l'a soufflée vers les eaux britanniques. » Un phénomène toutefois rare : seules 72 tortues de Kemp se seraient échouées au Royaume-Uni depuis 1748, selon les archives britanniques. Retrouvée inanimée, la voyageuse était entrée en état de métabolisme ralenti (semblable à une hibernation, NDLR) afin de résister au choc lié à la différence de température : à peine 8° C dans les eaux galloises à cette période de l’année, contre 25 à 30 °C dans son milieu naturel !

Baptisée « Tally » – du nom de la plage de Talacre où elle s’est échouée, la tortue a été prise en charge au centre de soins de l’aquarium d’Anglesey. L’animal a été placé dans une couveuse dont la température a été augmentée progressivement de deux degrés par jour, afin d’éviter un nouveau choc thermique. Et les dernières nouvelles sont très rassurantes ! « Nous sommes ravis et enthousiastes d’annoncer que Tally a extrêmement bien progressé au cours des dernières 48 heures, ayant atteint sa température naturelle de 26°C » (photo ci-dessous), s’est réjouie Frankie Hobro, directrice de l’établissement, citée par la BBC. (…) Nous espérons que si les progrès se poursuivent, Tally pourra se rétablir complètement et être ramené par avion dans le golfe du Mexique pour être relâché dans la nature, là où il doit être ». L’équipe doit pour l’instant trouver le moyen de « redonner l’appétit » à l’animal, qui ne s’est pas alimenté depuis son sauvetage.

La tortue Tally s'est enfin réveillée, après 48 heures en couveuse pour remonter progressivement sa température. ©Aquarium d'Anglesey /Facebook

Des échouages plus fréquents avec les changements climatiques

Malheureusement, deux autres tortues de Kemp se sont échouées sur la côte écossaise suite à la tempête, mais n’ont pu être sauvées. « Les événements météorologiques extrêmes comme cette tempête sont de plus en plus fréquents en raison du changement climatique, le dernier datant de 2017 au Pays de Galles et dans le sud-ouest de l'Angleterre, avec la perte de jusqu'à 75 % des bébés phoques sur certains sites », observe Em Mayman, coordinatrice bénévole pour l'organisation British Divers Marine Life Rescue, citée par CNN. « Nous avons de plus en plus de tempêtes en fin d'automne-début d'hiver. Nous savons qu'avec le réchauffement climatique, il y a des changements de température plus extrêmes dans les océans, confirme Frankie Hobro. Donc sans aucun doute, c'est la raison pour laquelle nous avons vu davantage d'échouages de tortues tropicales au cours des deux dernières décennies. Et je peux pratiquement garantir que nous allons continuer à en voir plus régulièrement. » Une alerte qui doit nous inciter à (ré)agir !