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Législation

Stop à (toute) castration chirurgicale des porcelets !

Quelques jours après leur naissance, les porcelets subissent la castration, une opération extrêmement douloureuse. ©Lauren McConachie

De la considération pour les cochons ! Au prix de terribles souffrances, quelque 9 millions de porcelets sont castrés chaque année, afin d’éviter « l’odeur de verrat » parfois émise lors de la cuisson de la viande. Si le gouvernement prévoit la fin de la castration « à vif » en 2022, les éleveurs pourront toutefois continuer à mutiler les porcelets « sous anesthésie ». Or, cela ne garantit en rien l’absence de douleur pour les animaux. L’ONG Welfarm – partenaire de la Fondation 30 Millions d’Amis – lance une campagne pour bannir totalement cette pratique barbare.

Couic ! Par cette onomatopée, l’ONG Welfarm dédiée à la protection des animaux de ferme entendait, en 2016, alerter le public sur une pratique alors méconnue bien que largement répandue, à savoir la castration chirurgicale des porcelets. Une campagne relayée à l’époque par la Fondation 30 Millions d’Amis afin de sensibiliser le plus grand nombre et de lutter contre cette pratique atroce. Cinq ans plus tard, force est de constater que le combat reste à poursuivre ! Si le pourcentage de porcelets castrés est passé de 85 % à environ 75 % entre 2015 et 2020, cette progression est jugée « insuffisante » par les associations.

L’illusion du recours à l’anesthésie…

 

Cette mesure manque d’ambition, car elle permet aux élevages de continuer de castrer leurs porcs sous anesthésie.
Welfarm

La fin de la castration « à vif » des porcelets au 1er janvier 2022 avait été annoncée par l’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume ; un engagement réaffirmé ensuite par son successeur Julien Denormandie. Toutefois, l’arrêté du 24 février 2020 rend obligatoire à cette échéance l’utilisation de l’anesthésie locale et le recours aux analgésiques lors de la castration. « Cette mesure manque d’ambition, car elle permet aux éleveurs et aux employés des élevages de continuer de castrer leurs porcs sous anesthésie, alors que cette méthode est loin d’être fiable, dénonce aujourd’hui Welfarm dans un communiqué accompagnant la nouvelle campagne (4/11/2021). Le recours à un vétérinaire n’est pas davantage obligatoire. De plus, aucune instruction technique n’a à ce jour été publiée par les services du ministère de l’Agriculture, bien qu’il s’agisse d’un document essentiel pour déterminer dans quelles conditions l’anesthésie locale va être généralisée. »

Selon un avis de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV) et de l'Association des Vétérinaires exerçant en Productions Organisées (AVPO) publié le 20 mars 2020 : « En ce qui concerne la gestion de la douleur durant la chirurgie, de nombreux travaux ont été réalisés, tant en France qu'à l'étranger, pour trouver une méthode applicable en élevage. Aucune ne nous semble satisfaisante aujourd'hui, tant pour des raisons techniques, de stress ou de douleur pour l'animal, que de difficultés de mise en œuvre par les éleveurs ». « Par ailleurs, compte tenu de la complexité liée à la mise en œuvre de l'anesthésie en élevage et du surcoût économique qu'elle engendre (9 euros par animal, NDLR), il est fort probable que bon nombre de porcelets continueront à être mutilés à vif, pronostiquait Welfarm en janvier dernier. Et comme il ne peut pas y avoir un inspecteur vétérinaire derrière chaque éleveur qui castre ses animaux pour vérifier qu'il recourt bien à l'anesthésie, ces manquements resteront probablement impunis. »

… Contre des alternatives déjà disponibles

 

Outre la Cooperl qui l'a déjà généralisé, d’autres acteurs de la filière porcine se lancent dans l’élevage de mâles entiers.
Welfarm

Alors que l’anesthésie s’avère aussi peu efficace que coûteuse et difficile à contrôler, des alternatives à la castration chirurgicale existent… et sont déjà mises en œuvre ! « L’élevage de mâles entiers (non-castrés, NDLR) s’est développé en France ces dernières années. En effet, la France comptait, en 2019, 2,8 millions de mâles entiers, dont 2,4 millions abattus par le groupe Cooperl, souligne Welfarm. Outre la Cooperl qui a généralisé cette pratique, d’autres acteurs de la filière porcine se lancent progressivement dans cette production ou l’étudient de près. » Dans ce modèle, des salariés de l’abattoir sont chargés de détecter les carcasses odorantes, afin de diriger celles-ci vers des circuits de transformation sans cuisson, à l’instar des saucissons et autres « salaisons sèches ». Il est par ailleurs possible d’éviter l’apparition de cette odeur en agissant, en amont, au niveau de la nutrition et de l’environnement des cochons.

Une autre alternative serait celle de « l’immunocastration » : « Il s’agit d’un vaccin qui retarde la puberté des porcs et les empêche de développer l’odeur de verrat, explique l’ONG. Effectuée correctement, l’injection n’est pas douloureuse pour les porcelets et le vaccin ne laisse aucun résidu dans la viande. Elle est simple à réaliser et évite toute intervention chirurgicale. » Si l’avantage de cette technique est qu’elle « demande relativement peu de changements de pratiques tant pour les éleveurs que pour les abatteurs et les transformateurs », l’association met toutefois en garde sur le fait que, contrairement à la production de mâles entiers, l’immunocastration « nécessite de manipuler les porcs »… ce qui s’avère nécessairement source de stress pour les animaux !

Les éleveurs face aux industriels

 

La filière porcine est aujourd’hui à un moment charnière.
Welfarm

Si le président de la filière porc du groupe Bigard – par ailleurs mis en cause par l’association L214 dans une enquête sur des souffrances infligées aux bovins (28/10/2021) – avait annoncé en conférence de presse que « Bigard maintiendra la castration en 2022, pour 100 % des animaux abattus par le groupe » (21/05/2021), confirmant les craintes des ONG de protection animale, les éleveurs, eux, tentent de faire face aux industriels. « La généralisation de l’arrêt total de la castration est souhaitée par une frange croissante des producteurs et éleveurs. Pour eux, la castration ne doit pas être généralisée et elle doit être soumise à dérogation », souligne Welfarm, observant que « la filière porcine est aujourd’hui à un moment charnière. »

La Fondation 30 Millions d'Amis se joint aux exigences de son partenaire Welfarm en réclamant l'interdiction de toute castration chirurgicale des animaux, ainsi que des mesures encourageant le développement d'alternatives, en particulier de l'élevage de mâles entiers ou, à défaut, de l'immunocastration. La caudectomie (coupe de la queue des porcelets) doit également être bannie au profit de l'amélioration des conditions de vie des animaux. Autant d'exigences qui s'inscriraient dans une sortie du modèle de l'élevage intensif, prônée par plus de 8 Français sur 10 (baromètre Fondation 30 Millions d'Amis /Ifop, 2021).

Mise à jour : Selon l'arrêté du 17 novembre publié au Journal officiel (19/11), la castration des porcs à partir du 1er janvier 2022 pourra être réalisée « soit par castration chirurgicale avec anesthésie et analgésie par d'autres moyens que le déchirement des tissus, soit par immunocastration ». Et ce à condition que cela soit imposé par un cahier des charges (comme celui du jambon de Bayonne) ou qu'un contrat avec l'acheteur l'exige.

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  1. AnneV 04/11/2021 à 19:13:03

    L'alternative serait de promouvoir des petits élevages éthiques ou le cochon pourrait s'ébattre naturellement et que les gens mangent moins de cochons !!!! Le végétarisme, c'est chouette !