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Chasse : deux sites illégaux de nourrissage de sangliers identifiés dans le Gard

Avec environ 40.000 sangliers tués par an, le Gard détient un (triste) record national. ©Jacques Dillies /unsplash - image d'illustration

Deux sites illégaux de nourrissage de sangliers, une pratique au cœur des controverses sur la chasse, ont été identifiés à une soixantaine de kilomètres de Nîmes, et une enquête est en cours pour en trouver les responsables, a annoncé la préfecture du Gard. Pour la Fondation 30 Millions d’Amis, ces faits remettent une fois de plus en cause l'argument de la « régulation » avancé par les chasseurs pour justifier leur activité.

"La pratique du nourrissage contribue à développer une population excessive de sangliers qui causent des dégâts élevés pénalisant l'agriculture, la sécurité publique et la petite faune sauvage. De ce fait, elle est strictement interdite dans le Gard par arrêté préfectoral depuis 2017", rappelle la préfecture dans un communiqué (28 avr 2021). "Les sociétés de chasse, qui feraient perdurer des pratiques illégales de nourrissage, seront vigoureusement poursuivies", prévient-elle, précisant que les deux sites ont été découverts à Rivières les 24 et 25 avril dernier.

Avec environ 40.000 sangliers tués par an, le Gard, département dans lequel les sociétés de chasse ont un important poids social, détient un record national "qui préoccupe les pouvoirs publics et les responsables départementaux de la chasse sur le caractère excessif des populations de sangliers".

La stratégie du "pompier pyromane"

 

Les chasseurs engraissent les sangliers pendant l'hiver pour constituer un cheptel sur lequel ils pourront ensuite tirer.
Reha Hutin, Fondation 30 Millions d'Amis

"Au nom de l'intérêt général, l'objectif partagé est de les faire baisser durablement et fortement pour revenir à une situation équilibrée, préservant les cultures, les milieux et la sécurité publique", assure la préfecture, soulignant que pour les chasseurs, cette régulation permettra de réduire les indemnisations versées au titre des dégâts agricoles. La préfecture du Gard a missionné les lieutenants de louveterie pour une opération de destruction de sangliers à Rivières et se réserve le droit d'y avoir à nouveau recours "pour des tirs administratifs sur les territoires qui ne respecteraient pas la réglementation".

Les militants anti-chasse accusent régulièrement les chasseurs de pratiquer l'agrainage et l'affouragement, modes d'entretien artificiel de surpopulation de gibier, ce que les sociétés de chasse démentent. Après plusieurs mois d’enquête dans une forêt de l’Aube (10), le naturaliste Pierre Rigaux avait ainsi dénoncé l’argument de la « régulation » avancé par les chasseurs, révélant des pratiques telles que l'entretien des populations des sangliers pour organiser les prélèvements, l'agrainage ou encore la préservation des laies (30/03/2021).

En période de confinement, des dérogations avaient été accordées – notamment par la préfecture de l'Aisne – pour permettre aux chasseurs de continuer à nourrir les sangliers et ce, en dépit d'une circulaire ministérielle proscrivant la poursuite de cette pratique. « Avec l'agrainage, on constitue des stocks d'animaux sur des petits territoires. On les engraisse pendant l'hiver pour constituer ce cheptel sur lequel on va pouvoir tirer. C'est le pompier pyromane ! » avait fustigé Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis, interrogée par BFM TV.

Comme ailleurs en Europe, la population de sangliers s'est multipliée dans l'Hexagone au cours des dernières décennies : 36.000 étaient tués au début des années 1970, 750.000 en 2017. Pendant longtemps, la chasse de cet animal rare dans l'après-guerre, s'est faite "de façon à en assurer la préservation voire le développement", soulignait en mars 2019 un rapport parlementaire. C'est-à-dire en évitant de tuer les adultes reproducteurs, en particulier les laies, en relâchant des sangliers dans la nature ou en les nourrissant.

De nos jours, des lâchers illégaux de sangliers dans la nature sont régulièrement observés ; l'un des derniers en date aurait eu lieu dans le Doubs, avec des animaux provenant de l'étranger (9/12/2020). Tant d'exemples, parmi d'autres, des dérives de la chasse, auquel il est urgent de mettre (enfin) un terme !

(Avec AFP)