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Enquête

Régulation ?! Une enquête pointe les contradictions de la chasse aux sangliers dans l’Aube

Pierre Rigaux dénonce un système mis en place par une amicale de chasseurs pour entretenir les sangliers afin de mieux les tirer./Capture d'écran Nos Viventia

Après plusieurs mois d’enquête dans une forêt de l’Aube (10), le naturaliste Pierre Rigaux dénonce l’argument de la « régulation » avancé par les chasseurs. Entretien des populations des sangliers pour organiser les prélèvements, agrainage, préservation des laies… Il revient, pour 30millionsdamis.fr, sur ces techniques légales qui, selon lui, posent de plus en plus question.

« La fabrique des sangliers ? ». Par cette question rhétorique teintée d’ironie, le naturaliste Pierre Rigaux pointe du doigt des pratiques de chasse légales, mais qui choquent, à travers une vidéo réalisée dans une forêt de l’Aube (27/3/2021).

Tirs sélectifs, optimisation de survie des marcassins, agrainage… Un élevage qui ne dit pas son nom ?

S’appuyant sur un lanceur d’alerte qui a filmé des images rares durant deux journées de chasse en décembre 2020 et février 2021 à Loges-Margueron (10), le fondateur de l’association Nos Viventia dénonce un système mis en place par une amicale de chasseurs pour entretenir les sangliers afin de mieux les tirer.

Tirs sélectifs épargnant les femelles pour assurer la reproduction, abris pour les marcassins pour optimiser leur survie, distribution toute l'année de maïs stocké dans un silo agricole en quantité impressionnante… les images mettent à mal l’argument principal avancé par les chasseurs pour justifier leur activité : la sacro-sainte ‘’régulation’’. « Par ces images – vérifiées – venues de quelqu’un de l’intérieur, nous montrons comment des chasseurs participent au maintien d'effectifs élevés de sangliers, en contradiction avec le discours habituel des représentants cynégétiques revendiquant une mission de "régulation" de ces animaux, critique Pierre Rigaux. C’est édifiant. »

Tout est « légal », se défend la Fédération de chasse de l’Aube

 

Il faut arrêter avec ce système dans lequel on confie la gestion des différents écosystèmes à des amateurs de tir de loisirs.

Bien que légales, ces pratiques interrogent le naturaliste sur leur moralité. Notamment ‘’l’agrainage’’, autorisée « en petite quantité dans les forêts », en théorie pour « éviter que les sangliers aillent se nourrir dans les cultures et fassent des dégâts agricoles ». Or, la vidéo montre un exemple d’apport de nourriture en quantité impressionnante concentré dans un petit secteur. « C’est intéressant car la règle vient des instances de chasse locales, rappelle P. Rigaux. Les gestionnaires flirtent avec la légalité. Ils détournent l’essence même de la réglementation. Les problèmes de cohabitation et de dégâts aux cultures ne sont pas réglés. »

Sur francetvinfo.fr, le président de l’Amicale des chasseurs des Hautes Ventes, mis en cause par Pierre Rigaux, se défend pourtant en estimant que son « intérêt n'est pas de disposer de beaucoup de sangliers et que l'agrainage n'a pas de conséquences sur ces animaux car ils trouvent l'essentiel de leur nourriture sans aide humaine ». Du côté de la Fédération de chasse de l’Aube, toute polémique est également balayée d’un revers de manche, « puisque tout est légal », rapporte Florence Morel, auteure de l’article.

Mise à mal du statut de « premiers écologistes de France », revendiqué par les chasseurs

Autre point soulevé par la vidéo révélée par Pierre Rigaux, des dépôts systématiques d’ordures dans une fosse réservée aux restes de cadavres d’animaux. Ce qui constitue non seulement une infraction, mais qui s’avère totalement contradictoire avec le statut revendiqué et autoproclamé par les chasseurs d’être les « premiers écologistes de France ».

Selon le naturaliste, la chasse en France « n’est pas organisée pour réguler » mais pour « s’auto-entretenir ». « Il faut arrêter avec ce système dans lequel on confie la gestion des différents écosystèmes à des amateurs de tir de loisirs, conclut-il. Faisons davantage confiance à des scientifiques, des personnes qui ne sont pas partie prenante. Sinon on restera dans une impasse. »

Commenter

  1. namentaklus 31/03/2021 à 02:25:41

    j'ai connu un chasseur qui me raconté que sa fédération nourrissait les sangliers tout l'hiver avec du mais, ce qui avait pour résultat que l'été venu, le sanglier cherchait du mais dans les champs, provocant l'ire des agriculteurs et donnant par la méme une bonne raison de les chasser. ce monde est de plus en plus pourri par une minorité armé....

  2. AnneV 30/03/2021 à 17:39:25

    L'impasse ? Elle vient de Macron et de son gouvernement qui, à l'approche des élections, ne veulent surtout pas mettre en colère un électorat potentiel !!! Les français en ont ras le bol de ces tontons flingueurs qui se disent "écolos" mais Macron s'en moque ! Vive la démocratie !!