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Enquête

Tourisme : Des jaguars exploités pour les selfies à Cancún ?

Un jaguar contraint de nager au milieu de touristes chevauchant des jet-skis à Cancun au Mexique... une activité qui n'a plus cours. ©Steve Winter /Instagram

Deux photos de jaguars utilisés pour le tourisme à Cancún (Mexique) ont récemment été publiées sur le compte Instagram d’un photographe animalier, reprises par plusieurs médias. Des images qui ont suscité de nombreuses réactions outrées des internautes, à juste titre. Elles ont pourtant été sorties de leur contexte et illustrent en fait, une autre réalité tout aussi alarmante. 30millionsdamis.fr a enquêté sur l’origine de ces clichés choquants.

D’un côté, un jaguar nageant dans la mer des Caraïbes parmi des touristes fièrement campés sur leurs jet-skis ; de l’autre, deux grands félins enchaînés sur une embarcation, visiblement exténués. Ces deux photos, réalisées par le photographe animalier Steve Winter au large de la ville balnéaire de Cancún au Mexique, ont provoqué une onde de choc. Le média mexicain Mexican News Daily a récemment présenté ces clichés comme une actualité (7/02/2020). Leur auteur venait certes de les partager sur son compte Instagram, mais sans rappeler le contexte temporel. Une recherche sur le web permet toutefois d’en retrouver la trace : ces images sont vieilles de près de 20 ans et datent… de 2001 !

Plus aucun jaguar ne subit des bains forcés au large de Cancún

Sur le site web de la revue National Geographic, le photographe précise l’histoire de l’un des clichés. Intitulé « Rescued jaguars » (jaguars secourus), il s’agit d’un portrait de deux fauves allongés sur une embarcation, entravés au niveau des pattes par une chaîne métallique. « Ce conte surréaliste a commencé dans les années 80, lorsque la police mexicaine a commencé à saisir des animaux exotiques, en particulier des "félins exotiques", symbole de puissance pour les barons de la drogue, les trafiquants et d’autres criminels, explique Steve Winter. À l'époque, il n'y avait pas de zoos locaux équipés pour s'occuper de ces belles créatures. » Les animaux saisis sont donc confiés à un restaurateur local, Juarez Gil, en attendant de créer un sanctuaire. Mais l’entrepreneur a d’autres projets, plus lucratifs, en tête…

Les grands félins n'ont pas évolué pour être "amis" avec les gens, ni pour être câlinés ou touchés.
Steve Winter, photographe

Celui qui se fait appeler "Pepe Tiger" propose alors aux touristes de nager avec des jaguars au large de Cancún… et même de dîner avec les fauves au restaurant ! Le sanctuaire, lui, tarde à ouvrir ses portes et subit de plein fouet l’ouragan Wilma en 2005. Entre temps, le restaurateur, qui a fait l’acquisition d’un tigre de Sumatra, refuse toujours de céder les animaux. Il faudra attendre plusieurs années de procédure juridique pour que les félins, trop imprégnés par l’homme pour pouvoir retourner dans la nature, soient finalement confiés à des parcs zoologiques mexicains en 2011. Depuis, grâce aux mesures de protection mises en place par le gouvernement fédéral, la population de jaguars sauvages – menacée par la perte d’habitat et par les collisions routières – s’élèverait actuellement à 4800 individus, soit 20 % de plus qu’en 2010. Et plus aucun jaguar, à notre connaissance, ne subit des bains forcés au large de Cancún.

5000 tigres en captivité aux Etats-Unis, vs. 3900 à l’état sauvage en Asie !

Si le photographe Steve Winter partage aujourd’hui d’anciens clichés de cette activité qui n'a plus lieu, c’est pour illustrer le sujet plus global – malheureusement toujours d’actualité – de la captivité des grands félins dans le monde. Ses bouleversantes photos illustrent en effet un récent article de la journaliste Sharon Guynup dans la revue National Geographic, dressant un constat catastrophique : aujourd’hui, le nombre de tigres captifs aux Etats-Unis (plus de 5000 individus) dépasse le nombre de tigres sauvages en Asie (environ 3900 animaux), leur continent d’origine. Si certains Etats américains interdisent la détention privée de fauves, d’autres, en revanche, ne règlementent pas du tout cette pratique. « Dans certains endroits, il est plus facile d’acheter un tigre que d’adopter un chat dans un refuge local », affirme la journaliste.

« Nous avons constaté des mauvais traitements sur les animaux et toute une gamme de pratiques illégales, notamment du trafic de faune sauvage, dans un grand nombre d’établissements visités, poursuit S. Guynup. Les bébés tigres sont une mine d’or, surtout les blancs. » Câlins avec des touristes, nourrissage au biberon, séances photos… autant d’activités organisées par les zoos de bord de route (roadside zoos), les foires régionales et les parcs animaliers, pour un coût allant de 10 à 700 dollars US par personne. Ces établissements poussent même le vice jusqu’à convaincre leurs visiteurs qu’ils contribuent à des programmes de conservation en milieu naturel. Des affirmations qui s’avèrent systématiquement mensongères.

Douleur, traumatismes et maltraitance animale

 « Je me demande toujours : pourquoi fait-on ça ? Cela peut sembler cool à faire (prendre un selfie avec un tigre, un léopard ou un éléphant), alors que la proximité des animaux avec les humains implique tellement de douleur, de traumatismes et de maltraitance animale, s’indigne Steve Winter sur Instagram. Les grands félins n'ont pas évolué pour être "amis" avec les gens, ni pour être câlinés ou touchés. » L’avertissement lancé par le photographe animalier est clair : tout organisme proposant aux touristes de se faire prendre en photo avec un animal sauvage est susceptible d’appartenir à un réseau alimenté par des élevages douteux… sans parler des débouchés prévus pour se débarrasser des animaux adultes. Notamment en Afrique du Sud, où les lions sont abattus lors de « chasses en boîte ».

Si les guides touristiques et autres opérateurs du secteur se sont récemment engagés contre les activités sources de souffrance animale, la responsabilité repose tout autant sur les vacanciers, qui doivent se renseigner sur les tenants et les aboutissants de leurs loisirs. Seule voie possible vers un tourisme éthique !

Voir cette publication sur Instagram

@natgeo photo by @stevewinterphoto Two jaguars sit chained in a boat in Cancun, Mexico. Wildlife exploitation practices like this are common around the world and it is important for us to be on the lookout for dodgy tourism operations that promote animal selfies! This must stop and it is our responsibility as tourists to not engage in taking pictures with animals. I always ask myself why we do this? It may be a seemingly cool thing to do (take a selfie with a tiger or a leopard or elephant) but there is so much pain, trauma and animal abuse that goes into keeping these animals human friendly. Big cats did not evolve to be "friends" with people, to be cuddled and to be cuddled and touched. My new story with @sharon.guynup shows how captive tigers are being exploited across the USA and selfies with tigers are leading to more and more cubs being bred in facilities in places like Florida and Texas. Please be on the lookout for animal photo tourism operations in the USA and abroad (especially in South Africa) and know that there is a very high likelihood that the laces offering you big cat selfies are linked to dubious breeding operations and even commercial trophy hunting operations. Join hands with me in the fight against this malpractice! . . . . . #jaguar #animalselfie #stopanimalselfies #noanimalselfies #wildlifecruelty #animalcruelty #stopwildlifecrime

Une publication partagée par Steve Winter (@stevewinterphoto) le

Commenter

  1. Emilia324 28/02/2020 à 20:13:10

    Je pense que les touristes ne se rendent pas compte qu’il font du mal aussi animaux enfin je l’espère et j’espère qu’ils vont s’en rendre compte

  2. lotus2003 19/02/2020 à 18:56:36

    est-ce que les touristes ont un coeur, je pense pas. Quand arrêtera t-on de prendre les animaux pour des esclaves et se faire du fric sur leur dos ? marre de la maltraitance animal