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Les 19 bisons qui divaguaient à Megève ont été abattus

Deux bébés se trouvaient parmi les bisons abattus "par mesure de sécurité" ce matin. ©Pixabay /image d'illustration

Grenoble, 19 juil 2019 (AFP) - Les dix-neuf bisons qui divaguaient depuis mercredi près de Megève (Haute-Savoie) ont été abattus vendredi matin par sécurité, leur retour à leur domaine d'élevage n'ayant pas été possible, a rapporté la préfecture.

Le troupeau avait été évalué dans un premier temps jeudi à vingt animaux. "Le troupeau, inamovible, a été abattu sans incidents ni blessés parmi les personnes mobilisées", a indiqué peu avant 10h00 Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet.

Les bisons avaient assez peu bougé dans la nuit et les tireurs, au nombre de sept ou huit, ont réussi à se mettre en place sans les effrayer, a précisé Mme Lebourgeois.Les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et des lieutenants de louveterie ont utilisé des modérateurs pour atténuer le bruit des tirs.

Parmi les bêtes abattues, deux bébés !

"Ce n'était certainement pas une opération agréable pour ces professionnels, mais elle était nécessaire", a ajouté Mme Lebourgeois. Les bêtes, pesant entre 300 et 600 kg, dont deux bisonneaux, s'étaient échappées dans des conditions non élucidées du domaine où ils étaient élevés.

La préfecture a d'abord tenté de les rabattre vers leur enclos avec l'aide des agents de l'ONCFS. Mais "des bisons ne se manoeuvrent pas comme un troupeau de vaches", avait expliqué Mme Lebourgeois à l'AFP jeudi soir. Même si le troupeau est resté loin des zones habitées, la préfecture ne pouvait exclure que des randonneurs les croisent et soient éventuellement chargés.

Les autorités incapables de mettre en œuvre une solution pacifique

L'option d'un endormissement a été étudiée mais abandonnée. Il fallait en effet prévoir de très fortes quantités de produit anesthésique, avec le risque de ne pas toucher une zone du corps où il se serait diffusé rapidement, avait expliqué Mme Lebourgeois.

La préfecture s'est donc résolue jeudi soir à mettre en place leur abattage. Le troupeau abattu représentait la majorité des bêtes de l'éleveur Dominique Méridol, du domaine de la Sasse, près du mont d'Arbois. Il tue lui-même ses bêtes et la viande est servie au restaurant du domaine.

Commenter

  1. Missele 23/07/2019 à 19:31:13

    Un très texte à ce sujet de la part d’Adrien DUVILLARD trouvé sur Facebook :

    JE SUIS BISON DE LA SASSE

    Ce vendredi 19 juillet 2019, 19 bisons ont été sacrifiés sur les pentes d’une montagne, assassinés par l’ignorance et la bêtise humaine.

    Deux jours auparavant, les bisons s’étaient échappés de leur enclos. L’alerte fut aussitôt donnée et une battue organisée mais les bisons ne rentrent pas. Ils sont trop occupés à faire ce qu’ils aiment faire, paître dans les champs. Le lendemain après-midi une réunion est organisée en urgence en mairie avec le propriétaire, Madame le Maire et la Directrice de cabinet du Préfet afin de trouver des solutions. Mais, la décision de la Préfecture est sans appel, il faut abattre les bisons. Cet animal est présumé dangereux. Tout cela bien entendu sous couvert du sacro-saint principe de précaution. Le lendemain matin à 6 heures les tireurs sont briefés et le massacre peut commencer… Soit moins de 36 heures après le début de l’alerte.

    Voici la version officielle. Cependant, je souhaiterais vous raconter une tout autre histoire. Celle qui j’ai vécu de l’intérieur.

    Nous sommes donc jeudi, veille de l’assassinat programmé. J’échange avec Dominique, propriétaire des bisons sur la dernière position connue de ses animaux afin de lui apporter mon aide. Je rassemble quelques affaires et je pars avec mon sac à dos sur les pentes de cette montagne. Terres sur lesquelles je suis né et j’ai grandi et que je connais. Je croise des promeneurs qui redescendent et qui m’indiquent qu’ils ont perdu de vue les bisons. Je continue de grimper. Quelques heures de marche au milieu des forêts. Toujours aucune trace des animaux.

    Cela fait maintenant plus de deux heures que je balaie la montagne en long et large mais aucune trace des bisons. J’arrive finalement près de la lisière du bois et découvre des traces de sabots à proximité d’un point d’eau, mes sens s’alertent. Je continue dix mètres et tout d’un coup, je sens une odeur musquée. Je me tourne vers la gauche et là, en contrebas un bison allongé dans l’herbe haute. À moins de 30 mètres de moi. 

    Réaction normale, car encore sous l’influence d’une communication ciblée sur la peur, je me fige. Ne plus bouger, pour pas qu’il me voit. Au bout de deux minutes un deuxième puis un troisième bison sortent du bois et viennent s’allonger dans l’herbe. Je suis trop près pour qu’ils ne m’aient pas senti, ils savent que je suis là. 
    Mais rien ne se passe, cet animal soi-disant si dangereux pour l’homme est là, devant moi, paisible dans son champ. Je m’assois et je les contemple. Je compte alors 10 bisons dont deux petits qui jouent, et pourtant je suis là, tout près d’eux. Je me sens privilégié de vivre ce moment. Je monte ensuite dans un arbre pour mieux les compter. Je suis content ils sont tous là, les 19. On va pouvoir trouver une solution pour tranquillement les ramener dans leur enclos, chez eux. J’appelle alors Dominique et c’est la douche froide, il sort de la mairie et me dit qu’ils vont tous les abattre demain matin ! Il est dépité, abasourdie. Aucunes autres solutions ne sont envisagées, le préfet veut la peau des bisons, c’est tout. Et pourtant la justice à reconnu les bisons de la Sasse comme étant des animaux domestiques ! Mais par un tour de passe passe ils redeviennent sauvages et dangereux en passant la clôture.

    La colère et la tristesse montent en moi. Avec mon amie, par téléphone, on essaie de mobiliser du monde pour tenter encore une action afin de les rabattre, mais le monde est sourd. Seule une poignée de personnes m’appelle mais la nuit arrive, on ne pourra plus rien faire ce soir.
    Un adjoint au Maire avance à mon amie qu’une dernière battue sera organisée à l’aube. À cinq heures.
    Alors l’espoir renaît. Je contemple de nouveau ce troupeau paisible. Je suis certain qu’ils comprendront l’urgence. Je suis certain qu’ils comprendront et rentreront sur leurs terres pour regagner leur enclos.
    Je continue de les suivre encore quelques heures dans la forêt, je suis maintenant à mois de 15 mètres des grands mâles, ils me regardent, je les regarde, je ne décèle aucune once d’agressivité dans leurs attitudes. 

    Quelques minutes plus tard, adossé au tronc d’un arbre, je continue de regarder le troupeau en dessous de moi, conscient que le monde se trompe. Ils ne sont pas dangereux. L’homme et les animaux peuvent vivre ensemble en totale harmonie, je suis en train de le vivre. Je tourne alors mes yeux à gauche et là, devant moi à 10 mètres un grand mâle. Je vois les muscles de son dos, je l’entends respirer. Commence alors une expérience extraordinaire qui va durer moins de 20 secondes. Il est de trois quarts, tourne doucement sa tête vers moi et me regarde. Je suis alors transporté dans son œil et là je vois, je ressens un amour que je n’ai jamais rencontré sur cette terre, je ressens une vague d’émotion qui me traverse. À ce moment, son regard me dit : « on sait qu’on va mourir, c’est plus la peine… ». Il tourne alors doucement sa tête vers la droite et repart tranquillement dans les bois. 
    Mes larmes coulent, je pleure de gratitude pour cette rencontre. Quel cadeau je viens de recevoir de cet animal soi-disant dangereux. J’étais à sa merci s’il le voulait, mais tel n’était pas son message.
    Hypnotisé par la puissance paisible de ces bisons, je les suis encore une demi-heure puis finalement je décide rentrer.

    Le lendemain à 5 h 30 heures quelques agriculteurs se sont mobilisés pour ramener les bisons, ils attendent les informations. Mais aucune battue n’était prévue… On nous a menti délibérément. Les chemins sont bloqués et à 6 heures, l’ordre est donné d’assassiner les animaux alors que le décret préfectoral n’est pas encore signé ! Je suis sur place avec Dominique, impuissant, en complet décalage de conscience avec ce qui est en train de se préparer. Ce jour-là mes yeux se sont ouverts sur la noirceur de l’Homme.
    Les bisons s’étaient regroupés dans une prairie sur les hauteurs et ils attendaient. Ils attendaient que le plus grand prédateur de la planète assouvisse ses besoins primaires. Tuer. Tuer. Tuer.

    Les bisons sont tombés sous les balles sans bouger, ils n’ont même pas cherché à s’enfuir. Ils savaient…

    Ce vendredi 19 juillet 2019, 19 bisons ont donné leur vie pour que le monde ouvre enfin les yeux…