Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Faune

Cette femme a fait plonger le braconnage de 80 % en 5 ans au Kenya

L'action de la ministre de l'Environnement a permis une réduction drastique du braconnage au Kenya. / © Twitter Judy Wakhungu - 6 août 2017

Grâce à des mesures fortes de répression instaurées depuis 2013, le pays africain fait figure d’exemple dans la lutte contre le braconnage d’éléphants et de rhinocéros. 30millionsdamis.fr s’est entretenu avec l’ambassadrice du Kenya en France. Judi Wakhungu est à l’initiative de ces actions, qu’elle a mises en place lorsqu’elle était ministre de l’Environnement. 

Ce sont parmi les principales victimes du braconnage en Afrique : prisés notamment pour leur corne ou leurs défenses, les rhinocéros et les éléphants y sont particulièrement surveillés. Classé sur la liste des vulnérables par l’IUCN, l’éléphant africain compte près de 34 000 individus au Kenya. Le rhinocéros noir, placé en danger critique d’extinction ne compte lui que quelque 1000 animaux.

Pourtant, leur traque connaît un répit au Kenya depuis quelques années. La conséquence d’une action politique répressive du pays à l’encontre des braconniers menée depuis cinq ans et qui a permis de baisser les cas de braconnage des 4/5ième ! A l’initiative de cette loi particulièrement drastique, Judi Wakhungu, à l’époque ministre de l’Environnement, revendique son bilan : « Quand je suis arrivée au Ministère, la situation était extrêmement mauvaise, explique à 30millionsdamis.fr l’actuelle ambassadrice du Kenya en France. 500 éléphants et 70 rhinocéros étaient tués à l’année avant 2013! La loi ne répondait pas au problème. Il y avait urgence. C’est pourquoi nous avons décidé d’agir. »

Des sanctions exemplaires contre les braconnier

La ministre renforce ainsi la loi sur la protection des espèces sauvages avec le Wildlife Conservation Act qui prend effet en janvier 2014. Ce dernier impose notamment une amende record de 20 millions de shillings kenyans, soit près de 170 000 euros, et d’une peine d’emprisonnement à 20 ans. « Au-delà de l’aspect répressif, nous avons mis les moyens pour protéger davantage la faune, poursuit Judi Wakhungu. Nous avons regroupé les actions des différentes agences de protection de la faune sauvage et de la police. Nous avons aussi renforcé les équipes de rangers et leurs chiens qui font un travail extraordinaire. Nous avons surveillé les points d’entrée et de sortie. C’était et c’est toujours une préoccupation importante au Kenya. » 

Les conséquences s’avèrent être très encourageantes puisque d’après le Ministère de l’Environnement kenyan, le braconnage des rhinocéros a diminué de 85% tandis que celui des éléphants a chuté de 78 % entre 2012-2013 et 2017. « C’est une véritable fierté, souligne l’ancienne ministre. Le Kenya a servi d’exemples aux autres pays africains touchés par le braconnage comme le Botswana, le Gabon ou l’Ouganda. Il y a eu une coopération internationale. Car évidemment, ce fléau est global… » 

La peine de mort pour les braconniers ?

 

Il faut encore durcir les règles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Judi Wakhungu

En dépit de l’efficacité de la loi, 9 rhinocéros et 60 éléphants ont été tués par des braconniers au Kenya en 2017. Même si cela représente une forte baisse comparé aux 30 rhinocéros et 384 éléphants tués cinq ans plus tôt, avant le renforcement de la loi en 2013, le problème persiste. C’est pourquoi Najib Balala, le nouveau Ministre de l’Environnement, souhaite aller plus loin en réclamant l’instauration de la peine de mort pour les braconniers, arguant que « la loi n’est pas assez dissuasive et ne freine pas les braconniers, d’où [sa] proposition d’une peine plus sévère » (17/05/2018). Un projet qui n’a toujours pas été présenté au Parlement, mais qui reçoit l’appui de Judi Wakhungu : « Je suis favorable à une telle proposition, prend parti l’ambassadrice. Il faut encore durcir les règles. Je crois aussi que l’un des défis majeurs sera de davantage surveiller les frontières. » Une telle mesure pourrait toutefois difficilement voir le jour, l’ONU étant opposée à la peine capitale.

Au-delà de l’exemple kenyan, la lutte contre le braconnage doit s’appréhender de manière globale et requérir la coopération de tous les pays. Le trafic d’animaux sauvages est le troisième plus gros commerce illégal dans le monde.

En France, en décembre 2018, deux brocanteurs ont été condamnés à un an de prison et 30.000 euros d'amende à Grasse pour avoir proposé aux enchères deux paires de défenses d'éléphant avec un faux certificat. Afin de lutter contre le braconnage dans les pays à éléphants, la loi autorise la détention d'ivoire mais interdit sa commercialisation, sauf accompagné d'une documentation très contraignante, qui s'obtient auprès de la Direction régionale de l'environnement (DREAL) en apportant la preuve de l'acquisition ou de l'importation de l'ivoire avant certaines dates, rappelle l’AFP (14/12/18).

Commenter

  1. guilaine 80 29/12/2018 à 08:27:28

    Bravo à vous madame je vous admir c est vrai que les femmes se batte plus pour la cause animale que les hommes allé il faut tous vous y mettre faites qu'il y est un peu plus de respect envers tous c'est pauvres bêtes

  2. gavroche69 20/12/2018 à 11:48:43

    Il ne faut pas oublier que les braconniers existent parce que il y a un marché derrière.

    Tous ces ***** qui aiment avoir des peaux d'ours ou de tigre dans leur salon, qui aiment avoir une vraie main de gorille en guise de cendrier ou une tête de cerf au-dessus de leur cheminée. A ajouter à tous ces ****** qui pensent que la corne de rhinocéros c'est bon pour la virilité, etc, etc...

    Les fils d'un certain trump vont même faire le travail eux-mêmes et adorent poser à côté du cadavre d'un jaguar ou d'un d'éléphant qu'ils viennent de massacrer juste pour le plaisir.

    En même temps, vu d'où ils sortent il ne faut pas s'attendre à mieux de leur part...

    Les sanctions devraient être très lourdes aussi bien pour les braconniers que pour ceux qui achètent le résultat de ces tueries dont ils sont finalement les commanditaires.

  3. barique-daisy 19/12/2018 à 23:00:06

    alors chapeau! reussir a faire baisser le braconnage de ces animaux qui est un vrai fleau en afrique! il faut continuer dans ce sens.

  4. Bandy86 19/12/2018 à 18:26:25

    Bravo Madame, vous êtes une grande Dame, que votre combat apporte le calme et la sérénité à ces animaux et que votre nom reste dans les mémoires. Merci pour ce que vous faites et bravo...

  5. keria 19/12/2018 à 17:11:18

    Enfin une femme au pouvoir qui a de la poigne ! Et elle obtient sur un dossier aussi lourd que le braconnage, de bons résultats en seulement 5 ans. C'est effectivement ce qu'il faut faire face au trafic d'espèces qui s'est trop étendu en s'étant si bien organisé : renforcer les équipes de rangers, s'organiser sur le terrain et durcir les peines au pénal. Pour ma part, d'accord pour la peine de mort sur les braconniers: après tout, il y a déjà eu bcp trop de victimes, de sang versé du côté des animaux. Et les éléphants comme les rhino victimes, ce sont aussi des vies prises, des vivants sensibles qui ont été tués. 

  6. camisha 19/12/2018 à 13:57:26

    Bravo Madame...

  7. Louloup23 18/12/2018 à 23:25:07

    La répression sévère et sans exception, y compris à l'encontre des corrompus, oui!

    De la à les condamner à mort, une horreur contre laquelle je me suis battu durant ma jeunesse, NON!!!

    Mais un très grand bravo à cette dame courageuse pour son action.

  8. pouguy 18/12/2018 à 18:20:06

    on voit plus les femmes que les hommes pour la protection animale, bravo madame, je vous tire mon chapeau pour ce que vous faite. la peine de mort pour les braconniers serait une bonne chose

  9. lilinuchette 18/12/2018 à 18:08:32

    quelle admiration j'ai pour cette dame si impliquée dans l'amélioration de la faune de son pays ! et je suis heureuse que "30 millions d'amis" serve de relais, de toutes façons je soutiens toutes leurs causes, ils sont super !

  10. krystel666 18/12/2018 à 16:45:43

    Bravo à cette femme! Enfin quelqu'un bouge et est compétent!! Continuez la lutte contre le braconnage,ça payepour les animaux!!