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Protection

Plus d'ailerons de requins dans certains avions

Plus d'ailerons de requins dans certains avions

Photo : © frantisek hojdysz - Fotolia.com

Korean Air et Asiana ont annoncé la fin du transport des ailerons de requins dans les soutes de leurs appareils. Un geste - salué par 30millionsdamis.fr - qui s’inscrit dans une démarche protectrice des espèces de squales, mais malheureusement insuffisant.

En Corée du Sud, deux compagnies aériennes ont suspendu, depuis le 10 juin 2013, le transport des ailerons de requins. Korean Air et Asiana emboîtent ainsi le pas de la compagnie hongkongaise Cathay Pacific, qui, en septembre 2012, avait annoncé via un communiqué officiel « arrêter de transporter les requins et les produits contenant du requin pêché de manière non respectueuses de l'environnement ». Une prise de position dont se félicitent les associations de protection animale, qui tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur la situation dramatique dans laquelle se trouve le requin. Céline Sissler-Bienvenu, directrice France et Afrique francophone d’IFAW*, nuance cependant cette avancée : « Cela peut contribuer à fermer un canal d’approvisionnement des marchés asiatiques, notamment chinois, et par conséquent ralentir le commerce, mais de façon limitée, explique-t-elle. Le transport des ailerons de requin par fret aérien ne représente que 10% du transport global de ce produit, car l’essentiel de l’alimentation des marchés se fait par voie maritime. »

100 millions de requins tués chaque année

Les ailerons de requins entrent dans la composition de soupes traditionnelles, très prisées en Chine pour les grandes occasions. Mais peu à peu, les mentalités semblent évoluer : plusieurs grands hôtels internationaux ont banni ce mets de leurs menus dès 2011, comme l’un des plus prestigieux de Hong Kong, le Peninsula, ainsi neuf autres du même groupe. « Il est indispensable de travailler avec les nouvelles générations qui commencent peu à peu à refuser la consommation de certaines espèces par tradition, d’autant que celles-ci ne veulent pas porter la responsabilité de la disparition de certaines espèces » poursuit Céline Sissler-Bienvenu.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), environ 100 millions de requins sont tués chaque année dans le monde. La FAO estime en effet que la majorité de la population de l'animal aura disparu en un siècle. « Aujourd’hui, 73% des requins sont menacés de disparition, et certains d’entre eux à court terme puisque l’on sait que leurs populations se sont effondrées de près de 90% ces 10 dernières années. Le niveau d’exploitation actuel des requins n’est plus durable » dénonce la jeune femme.

Une avancée symbolique

Des mesures ont donc été prises pour enrayer les diminutions de populations : dans le cadre de la 16ème Conférence des Parties (CoP16) - qui s’est déroulée en mars 2013 - la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a décidé d’inscrire cinq espèces de requins supplémentaires en Annexe II, c’est-à-dire dans la catégorie des espèces qui, bien que n'étant pas nécessairement menacées actuellement d'extinction, pourraient le devenir si le commerce de leurs spécimens n'était pas étroitement contrôlé. « En ce qui concerne ces requins, un délai supplémentaire de 18 mois a été requis par les pays sollicitant leur protection afin de mettre en place les mesures qui vont encadrer leur commerce international et qui, par conséquent, devraient réduire l’impact de la surpêche. » Une avancée importante mais qui ne va donc pas, dans l’immédiat, changer quoi que ce soit. « Cela obligera tout de même les pays exportateurs à délivrer des avis d’exportation non préjudiciable avant l’export afin de garantir que le commerce d’une espèce ne nuit pas à sa survie » explique la directrice d’IFAW.

Même l’Europe s’est dernièrement penchée sur le sort des requins. Le finning, une pratique cruelle consistant à découper des ailerons de requins à bord des navires de pêche avant de rejeter les corps agonisants à la mer, vient ainsi d’être définitivement interdite. Mais d’autres menaces pèsent sur les squales, comme « la dégradation de leur habitat, les mauvaises politiques de gestion et la demande mondiale portant sur les animaux capturés vivants », conclut Céline Sissler-Bienvenu.

*Fonds international pour la protection des animaux