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Interview

"La souffrance des animaux dépasse les considérations religieuses"

Chaque mois, 30millionsdamis.fr donne la parole à une personnalité investie dans la protection des animaux et de la nature. Le journaliste Michel Turin, auteur de l’ouvrage « Halal à tous les étals », revient sur les conditions d’abattage des animaux en France et dénonce un scandale économique et sociétal.

Fondation 30 Millions d’Amis : Vous êtes journaliste économique. Pourquoi un ouvrage sur les abattoirs français et la souffrance animale ?
Michel Turin : Je compte parmi mes amis un inspecteur vétérinaire, un fonctionnaire qui travaille dans une préfecture. Son travail est de contrôler les abattoirs mais aussi de vérifier que des animaux ne sont pas abattus clandestinement lors de certaines fêtes religieuses. En discutant avec lui, j’ai découvert un véritable sujet de société dont j’ignorais tout. C’était en 2006. J’ai décidé de mener mon enquête, à la fois pour mieux connaître ce qui est en réalité un véritable business, mais aussi ses conséquences, comme la souffrance des animaux.

F30MA : Selon de nombreux spécialistes, cette souffrance est accrue lors d’un abattage sans étourdissement préalable (dit aussi rituel). Etes-vous parvenu à la même conclusion ?
M.T. : Oui. Mais je dois reconnaître que je n’ai pas pu visiter un seul abattoir, quelle que soit la forme d’abattage pratiquée dans celui-ci. Ces structures sont très méfiantes ! Je me suis donc appuyé sur les nombreuses vidéos en caméra cachée qui ont été réalisées par des associations de protection animale. S’il est certain que les abattoirs sont loin d’être des paradis, l’abattage sans étourdissement préalable est une souffrance supplémentaire infligée aux animaux. D'ailleurs, les experts qui affirment le contraire sont toujours juges et parties : ils défendent l’abattage sans étourdissement, ce qui soulèvent quelques doutes sur leur objectivité. Aux Pays-Bas, une loi visant à supprimer l’abattage sans étourdissement a finalement abouti - après avoir été retoquée une première fois - à la réalisation d’un « post étourdissement » : si l’animal égorgé est toujours conscient après 40 secondes, il doit être étourdi. C’est pour moi la preuve que l’étourdissement atténue de manière évidente les souffrances de l’animal.

F30MA : Votre ouvrage ne stigmatise pas les communautés qui respectent l’abattage « rituel ». Que cherchez-vous à démontrer dans ce livre ?
M.T. :
Je souhaite que chacun comprenne que, contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, les consommateurs qui achètent de la viande issue de l’abattage rituel n’ont rien demandé ! Et que stigmatiser ces communautés est une erreur, voire une faute politique. L’industrie de la viande en France - qui se porte mal, il faut le rappeler - n’a de cesse d’instrumentaliser la religion pour servir ses propres intérêts. Aujourd’hui, les professionnels de la viande se servent de ce produit pour asseoir leur marché et continuer à vendre de la viande. Mais ils ne veulent pas que le consommateur le sache, d’où l’absence d’étiquetage pour ne pas nuire à la vente de viande issue d’animaux qui n’ont pas été étourdis. C’est d’autant plus condamnable que les acteurs économiques sont en train de créer un véritable apartheid alimentaire, à la fois sur le dos des consommateurs, mais aussi au mépris le plus total du bien-être animal.

F30MA : Dans certains pays, l’abattage sans étourdissement est interdit. Pourquoi est-il toujours toléré en France en dépit d’un débat passionné ?
M.T. :
Il y a un manque de volonté, que je qualifierai même de lâcheté, de la part de nos responsables politiques. Ils refusent, quel que soit le courant idéologique qu’ils défendent, d’aborder de front le problème des viandes halal et casher. A cela s’ajoute un véritable tabou puisque ceux qui s’y attaquent sont, du fait d’une argumentation parfois simpliste, taxés d’islamophobie ou d’antisémitisme. Ce n’est pas avec des arguments violents et empreints d’intolérance que le sujet sera abordé avec sérénité. C’est à chacun de réfléchir et d’agir de façon citoyenne, et cela vaut pour tous les modes d’abattage ; car aujourd’hui, de nombreux animaux souffrent, bien au-delà des pratiques religieuses.

Halal à tous les étalsF30MA : Tout livre participe à construire son auteur. Qui êtes-vous devenu après la rédaction de celui-ci ?
M.T. : Cette enquête m’a ébranlé. Je me pose dorénavant beaucoup plus de questions, à la fois sur l’abattage mais aussi sur l’élevage des animaux que je consomme. Je pense que je dois réduire ma consommation de viande et faire attention à son origine. Et peut-être un jour, prendre une  décision radicale : nous avons les uns et les autres des animaux de compagnie pour lesquels nous avons beaucoup d'affection ; mais pourquoi leur vie vaut-elle davantage à nos yeux que celle d’une vache ou d’un mouton ? C’est une réflexion qui suit désormais son cours dans mon esprit, et j’espère que mon livre soulèvera les mêmes interrogations dans l’esprit des lecteurs.

Signer la pétition demandant la fin de l'abattage sans étourdissement préalable

*"Halal à tous les étals" de Michel Turin, Ed. Calmann-Lévy

Photo : © Jean-Baptiste Pellerin / Editions Calmann-Lévy

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  1. anonyme 16/01/2013 à 19:07:56

    @Chantal166,peut être ne sont ils pas insensibles mais ils manquent de courage ,ce sujet c'est la patate chaude.Il faut un vrai courage politique pour aborder de front ce débat afin d'ouvrir la voie au législateur.

    d'ou l'interêt de  constituer des groupes de pression,les Français ont une sensibilité certaine a l'égard de la cause animale,si les assos et fondations prenaient le risque de jouer sur la corde politique et donnaient des consignes de vote,et bien ça changerait la donne.

    Il est probable que celles ci n'ont pas vocation a faire de la politique ,mais peut etre cela serait il un mal nécessaire. 

    C'est vrai que cette barbarie est inadmissible et insupportable,je crois qu'en Angleterre il existe des groupes de défense des animaux qui opèrent a la façon des commendos pour soustraire les animaux soumis a la barbarie,comme par exemple dans  les labos qui utilisent des animaux cobayes pour la recherche dans la cosmétique.

  2. anonyme 15/01/2013 à 19:11:40

    Il faut dénoncer encore et encore.Faire évoluer les consciences ,en faire un enjeux électoral,ce qui induirait que les assos se fédérent au moments d'élections statègiques pour obtenir des engagements formels des candidats.

    Je prend pour exemple le parti chasse pêche et nature qui représente un poids électoral,les assos et fondations sont puissantes ,elles pourraient creer une entité politique qui obligerait le législateur a prendre en compte les doléances des représentants  de la cause animale.

     

  3. p.lelievre528@laposte.net 15/01/2013 à 17:48:48

    C'est l'horreur inadmissible des souffrances animales et qui n'as rien de religieux,c'est de la barbarie et de la cruauté gratuite pour leur faire plaisir à ces assassins dans les abattoirs.

     

  4. chantal66 15/01/2013 à 16:54:33

    Il y a aussi le fait que la plupart des politiques français dont le président n'en ont rien à foutre du bien être des animaux!