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Interview

"La réglementation des tests sur les animaux est dépassée"

Chaque mois, 30millionsdamis.fr donne la parole à une personnalité impliquée dans la protection des animaux et de la nature. André Ménache, directeur d’Antidote Europe*, revient sur les méthodes substitutives aux tests sur les animaux. Une cause pour laquelle se bat la Fondation 30 Millions d'Amis depuis de nombreuses années.

André Ménache, directeur d’Antidote Europe

Fondation 30 Millions d’Amis : Dans quels domaines les tests sur les animaux sont-ils réalisés aujourd’hui ?

André Ménache : Dans l’industrie pharmaceutique, chimique, cosmétique, ainsi que l'enseignement de la biologie et de la médecine humaine et vétérinaire, la recherche militaire et la recherche fondamentale. Mais deux domaines « consomment » le plus d’animaux : d’une part la toxicologie, d’autre part, la recherche fondamentale. La toxicologie c’est l’étude d’empoisonnement, requise par les autorités de réglementation. Par exemple, avant d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour un médicament ou pour un pesticide, le fabriquant est obligé de démontrer les effets de ces substances sur deux espèces animales différentes, dont un rongeur (généralement le rat ou la souris) et un non rongeur (généralement le chien ou le singe). La recherche fondamentale, elle, consiste en des travaux expérimentaux entrepris principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances, sans envisager une application ou une utilisation particulière. Autrement dit : la curiosité scientifique ! Tandis que les tests concernant l’AMM sont faits par l’industrie (pharmaceutique, chimique et cosmétique), la recherche fondamentale se fait surtout dans les institutions de recherche scientifique (CNRS, INSERM, INRA…) et les universités.

F30MA : Quelles espèces sont les plus concernées ? Les animaux de compagnie sont-ils toujours touchés ?

A. M. : La France, tout comme l’Angleterre et l’Allemagne, est l’un des trois plus grands « utilisateurs » d’animaux dans les laboratoires de l’UE. 2 328 380 animaux utilisés dans l’hexagone en 2007, y compris des rongeurs (principalement rats et souris), des chiens (4 131), des chats, des lapins, des chevaux, des primates (macaques, ouistitis, lémuriens...), des cochons, des vaches, des moutons, des poissons, des oiseaux... L’animal de compagnie le plus touché est le chien, notamment le beagle. Les tests concernant l’AMM sacrifient environ 4 000 chiens par an en France. Ces animaux subissent des tests d’empoisonnement de courte durée (quelques jours), moyenne durée (un mois) ou longue durée (un an). Dans tous les cas, l’animal est tué à la fin de l'étude et ses organes sont analysés.

F30MA : Les Etats-Unis viennent d’annoncer une forte restriction des recherches menées sur les grands singes. L’Europe va-t-elle lui emboîter le pas ? 

A. M. : Heureusement, l'Europe fait mieux dans ce cas car elle ne teste pas sur de grands singes. Mais elle teste malheureusement sur d’autres primates : le macaque subit les mêmes expériences que le chien, comme des tests d’empoisonnement pour l’industrie pharmaceutique, en plus des expériences en recherche fondamentale.

F30MA : Ces tests perdurent alors que d’autres méthodes - validées scientifiquement - se révèlent plus efficaces…

A. M. : En ce qui concerne les tests de toxicologie, il n’existe vraiment aucune raison d’utiliser les animaux à l’heure où nous possédons des méthodes bien plus fiables ! L’une des méthodes qui fournit le plus d'informations sur la substance testée sur cellules humaines en culture s’appelle la "pharmacogénomique" (quand on l'utilise pour évaluer des médicaments) ou "toxicogénomique" (quand elle s'applique à d'autres substances chimiques, des pesticides ou des cosmétiques). En réalité, les lois qui exigent actuellement des tests d’empoisonnement sur animaux ont été écrites il y a au moins 50 ans ! Or la science a évolué pendant ces 50 années ; ce qui fait que la réglementation est très en retard par rapport aux avancées scientifiques. Il est temps de remplacer les vieux fonctionnaires par de plus jeunes qui connaissent la toxicologie moderne !

F30MA : Les mentalités évoluent elles ?

A. M. : Selon un sondage officiel commandé par la Commission européenne** - dans lequel 84 % des personnes consultées se prononcent pour la restriction des domaines concernés par les expériences sur animaux - la réponse devrait être oui... Si l’on se réfère au contenu de la directive européenne 2010/63/EU relative à la « protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques » - principal texte législatif communautaire concernant les animaux dans les laboratoires - la réponse est non ! Cette directive, qui remplace la directive 86/609, devra être transposée dans les pays membres de l’UE d’ici janvier 2013. Malgré cette régression, je tiens à féliciter la Fondation 30 Millions d’Amis pour oser aborder le problème de l’expérimentation animale en plus de toutes ses autres actions très louables !

En savoir plus sur le site d'Antidote Europe 

Connaître les actions de la Fondation contre l’expérimentation animale ou signer la pétition

*Antidote Europe est un comité scientifique à but non lucratif, créé en 2004 par d'anciens chercheurs du CNRS, qui promeut des méthodes de recherche scientifique fiables et modernes
**Sondage effectué en février et mars 2009 dans six Etats de l’Union européenne (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Suède et République tchèque) par le bureau britannique YouGov, sur un échantillon de 7 134 adultes

Photo : © Antidote Europe

Commenter

  1. wiwige 06/03/2012 à 10:06:05

    Cette pratique me degoute et ceux qui la font egalement!!! Il est temps d evoluer!!!!!!!!

  2. CianOcéane 29/02/2012 à 18:49:49

    L'expérimentation animale est l'une des choses les plus cruelles et les plus vides de sens qui existent au monde. On fait tout pour nous cacher cela, les marques se gardent bien de préciser sur leurs produits les tortures qu'ont subis de nombreux animaux pour obtenir ce résultat. Quand on arrive à leur sortir les vers du nez, on nous répond toujours qu'on ne peut pas faire autrement... Et bien je suis désolée mais quand on commet des crimes et de la barbarie sans aucune raison valable, il faut payer, et payer chère on ne peut pas faire autrement voyons. Ces gens qui ont la monstruosité d'infliger de telles mutilations à des animaux sans en éprouver le moindre remords, moi j'aimerais les mass**** (et je me censure) sans aucun remords. Je suis à bout, à bout qu'on se serve de nous comme des consommateurs idiots car nous sommes trop pauvres pour nous défendre face à ce système imposé, à bout que des animaux souffrent pour rien, pour des humains pourris, ignobles, ignares. Je souhaite à ces enf****** tout le malheur de monde de tout mon coeur, les pires souffrances, j'espère qu'ils subiront cela, qu'ils voient un peu ce que ça fait, vu qu'ils sont trop inhumains et dépourvus de la moindre empathie pour s'en rendre compte.

    Que justice soit faite.