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Enquête

Vantara : quand l’argent du crime organisé côtoie le trafic d’espèces sauvages protégées

Plus de 50 000 mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens vivants ont été exportés vers le complexe Vantara entre mai 2022 et septembre 2025 selon les données douanières mondiales. / ©Istock (illustration)

Quelques mois après les révélations de la Fondation 30 Millions d’Amis sur le complexe zoologique indien Vantara et ses exportations exponentielles d’animaux, le journal Le Monde dévoile de nouveaux éléments troublants sur un possible lien entre trafic, blanchissement d’argent, et criminalité.

De plus en plus suspect. Ce 27 mai 2026, Le Monde a publié une enquête sur le blanchiment d’une rançon liée à l’enlèvement, en France, du père de l’influenceur TeufeurS, qui a fait fortune dans les jeux en ligne. Le média met en lumière un possible circuit financier opaque entre cryptomonnaies, intermédiaires internationaux et transactions destinées à Vantara, le plus grand parc animalier du monde situé en Inde. Des révélations qui font directement écho aux alertes lancées depuis plusieurs mois par la Fondation 30 Millions d’Amis concernant ce méga-zoo indien. 

Des millions d’euros saisies par la justice 

Selon les éléments de l’enquête, plusieurs millions d’euros proviendraient de portefeuilles de cryptomonnaies. Ces portefeuilles auraient permis de faire transiter la rançon de cet enlèvement et appartiendraient à la sœur d’un homme d’affaires spécialisé dans la vente d'animaux au profit de zoos étrangers. Les sommes saisies par la justice dans cette affaire d’enlèvement seraient destinées à réaliser des transactions avec le zoo Vantara, alors même que le site se présente comme un sanctuaire n’achetant pas les animaux qu’il accueille… 

Un réseau criminel international ?  

En novembre 2025, les informations de la Fondation 30 Millions d’Amis, relayées par Le Monde, révélaient l’ampleur des importations d’animaux sauvages réalisées depuis 2022 par le géant indien Vantara. Ces acquisitions massives suscitaient déjà de nombreuses inquiétudes quant à leur légalité et à leurs conséquences pour la préservation de la biodiversité. Alors qu’une communication se construit soigneusement autour de la protection animale et de la conservation des espèces, des zones d’ombre entourent l’origine des animaux, les conditions de certaines transactions internationales et l’opacité des réseaux impliqués. 

Cette nouvelle enquête du quotidien du soir laisse penser que les implications de l’affaire Vantara pourraient dépasser largement la seule question de l’accueil de milliers d’animaux sauvages dans des conditions controversées. Derrière le vernis philanthropique du zoo fondé par le fils de l’homme le plus riche d’Asie (avec une fortune estimée à 115 milliards de dollars) pourrait se dessiner un réseau criminel international tentaculaire, mêlant blanchiment d’argent, trafic d’animaux sauvages et grande criminalité organisée. 

« Ces importations massives sont loin d’avoir livré tous leurs secrets » 

Ces soupçons ne sont malheureusement pas surprenants. Le trafic d’espèces sauvages constitue aujourd’hui le troisième trafic criminel le plus lucratif au monde, derrière celui de la drogue et des armes. Les organisations criminelles internationales fonctionnent désormais comme de véritables entreprises : structurées, adaptables et implantées dans plusieurs pays. Elles utilisent souvent des sociétés légales comme façade et recourent à des méthodes telles que la corruption, la falsification de documents, l’intimidation ou encore le blanchiment d’argent pour dissimuler leurs activités.  

« Les nouveaux éléments révélés par Le Monde montrent que les mouvements d’animaux aspirés par Vantara des quatre coins du globe ne sont pas anodins et que ces importations massives sous couvert de ''sauvetages'' sont loin d’avoir livré tous leurs secrets », réagit Lorène Jacquet, Responsable des Affaires publiques à la Fondation 30 Millions d’Amis.    

La Fondation 30 Millions d’Amis appelle à un contrôle plus strict contre le trafic d’espèces sauvages 

La Fondation 30 Millions d’Amis rappelle qu’aucun projet se réclamant de la protection animale ne peut s’affranchir de la transparence et du strict respect des accords internationaux relatifs à la préservation de la faune sauvage. « Sous l’influence politique et financière de quelques puissants, le commerce d’animaux sauvages peut aisément devenir un terrain propice à une criminalité de grande ampleur, alerte Lorène Jacquet. Celle-ci génère ainsi des profits considérables au détriment de la préservation des espèces, le tout savamment orchestré sous couvert d’une philanthropie affichée et une apparente légalité. »  

Plus que jamais, les révélations du Monde soulignent la nécessité d’une coopération internationale renforcée entre les autorités pour lutter efficacement contre toutes les formes de criminalité liées aux animaux sauvages, aux circuits financiers illégaux et aux autres trafics internationaux.