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Enquête

Maltraitance animale : des buffles, vaches et veaux brutalisés pour la production de fromage italien

La France représente 34 % des exportations italiennes de fromage et de produits laitiers selon un rapport de We Animal / ©Animal Equality Italia

Plusieurs ONG transalpines révèlent et dénoncent les coulisses de l’industrie du fromage italien – et plus spécifiquement de la Mozzarella di Bufala Campana AOP (Appellation d'Origine Protégée) -, promue comme l’excellence du « Made in Italy ». Différentes enquêtes menées ces dernières années mettent en évidence des animaux victimes d’actes de cruauté, principalement via des méthodes d’élevage interdites par l’Union européenne. Des investigations relayées par 30millionsdamis.fr.

Alors que la mozzarella di Bufala a la côte dans nos assiettes, plusieurs ONG italiennes dévoilent à nouveau des images accablantes – consultées par 30millionsdamis.fr - sur les coulisses de sa production… et plus généralement sur la conception du fromage italien. L’association italienne Essere Animali a dévoilé de nouvelles images sur les conditions insoutenables d’« environ 800 animaux de ferme » au sein d’une exploitation laitière, sans toutefois préciser sa localisation. « Il s’agit d’images choquantes recueillies par un salarié employé dans un élevage de vaches pour la production de lait et destiné à la fabrication de l’un des fromages AOP [Appellation d'Origine Protégée] phares de l’Italie », annonce l’association, dans un communiqué.

Des infractions à la réglementation européenne

La vidéo publiée par Essere Animali dure trois minutes. Chaque séquence met en évidence de nombreux actes de maltraitance et de cruauté à l’égard des animaux de ferme, rués de coups de pieds et coups de fourche.

 

Certaines vaches sont abattues malgré l’absence de vétérinaire.

Essere Animali, association italienne

Plus les images défilent, plus les pratiques interdites par la réglementation européenne s’enchaînent. Certains animaux, encore vivants, sont attachés par une patte et trainés sur des couloirs en béton, avant d’être soulevées par des chariots élévateurs. « Traîner et soulever les animaux par des moyens mécaniques – comme le montrent ces images - est interdit dans l’actuel règlement relatif à la protection des animaux pendant le transport et les opérations annexes sur lequel travaille la Fondation 30 Millions d’Amis avec les eurodéputés », rappelle Christophe Marie, Directeur des affaires nationales et européennes à la Fondation 30 Millions d’Amis.

Mais ce n’est pas tout. L’enquête montre également des vaches affaiblies, suffoquant au soleil, ainsi que des cadavres jetés illégalement dans des fosses à lisier. « Certaines vaches sont abattues malgré l’absence de vétérinaire, les animaux malades étant tués à côté des carcasses d’autres animaux morts depuis des jours, puis chargés dans un camion non réfrigéré malgré une température extérieure de 37° », décrit Simone Montuschi, président d’Essere Animali.

Des cadavres de buffles dissimulés

Ces dénonciations font écho à un autre scandale sanitaire, pointé du doigts depuis plusieurs années par les ONG italiennes. La production de mozzarella di Bufala - considérée comme l’un des produits d’excellence du Made in Italy et exportée dans le monde entier – a fait l’objet de plusieurs enquêtes les mois et années précédentes. En mai 2025, les investigations de We Animals révèlent « un contraste frappant entre l'image idyllique souvent dépeinte par sa commercialisation et les réalités troublantes de sa production ». Insalubrité, dommages environnementaux, animaux laissés sur du béton mouillé… là-aussi, les atrocités s’enchaînent. « Les animaux sont traités comme des machines de production et présentent des comportements non naturels, loin de la vie idyllique basée sur les pâturages suggérés par la publicité », continue We Animals.

Ces pratiques de l’industrie de la mozzarella ont également été épinglées par des parlementaires italiens : « Ce qui me choquait le plus, c'était de voir des buffles femelles qui ne pouvaient plus marcher; le sol était inadéquat, et leurs sabots avaient poussé excessivement, témoigne pour We Animals Alfredo Riccio, activiste et assistant parlementaire. En marchant dans les champs voisins, nous avons également trouvé ce qui semblait être un cimetière de jardin osseux : un véritable cimetière de jeunes buffles masculins. »

En 2019, l’ONG Animal Equality Italia avait elle-aussi documenté un ensemble de pratiques scandaleuses au sein des exploitations laitières. Un mini documentaire ainsi des témoignages  révélaient « des buffles et des buffles morts abandonnés près de leurs compagnons vivants », des juvéniles privés de nourritures « des cadavres couverts d’excréments et de boue » dissimulés sous la paille voire et des matières fécales, ainsi que « des conditions [sanitaires] inadéquates » infligées aux animaux.  « De nombreuses inspections parlementaires ont documenté les déversements illégaux d'eaux usées dans la région de Caserta », révèle un ancien communiqué d’Animal Equality. 

Une souffrance animale dénoncée depuis plusieurs années

La souffrance infligée aux buffles, vaches et veaux a elle-même d’ores et déjà été documentée de maintes fois à l’échelle européenne :  « La situation dénoncée en Italie n’est pas un cas isolé, fait savoir Christophe Marie. L’industrie laitière cumule les maltraitances animales, à commencer par la séparation de la vache et de son veau qui entraîne une souffrance réelle. » À ce titre, l’association L214 rappelle, à l’issue d’enquêtes menées en France, que « le veau est séparé de sa mère à la naissance ou dans les 24 heures », provocant un « véritable déchirement » pour ces animaux.  « Après la séparation, certains se cherchent en meuglant pendant des jours. On a vu des vaches défoncer des clôtures et parcourir des kilomètres pour retrouver leur petit, parfois au péril de leur vie », poursuit L214 dans une publication.

Des cas similaires sont dénoncés en France et en Espagne, et le Royaume-Uni n’est pas épargné non plus. L’association britannique Animal Justice Projet dévoilait, en mars 2025, les conditions de 2.400 vaches dans une méga ferme, « frappées après l'accouchement », y compris les nouveau-nés. « Les veaux, mais également les chevreaux, sont considérés comme des sous-produits, traités comme des déchets avec des infractions majeures », ajoute le porte-parole de la Fondation 30 Millions d’Amis. Derrière l’image bucolique des produits laitiers, « Nos Amis pour la Vie » pour reprendre le fameux slogan publicitaire, se cacherait une autre réalité bien plus sordide et cruelle pour l’animal.