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Etude

Le comportement d’un chien ne dépend pas de sa race selon une étude

La très sérieuse revue Science publie une étude américaine qui remet en cause la corrélation entre la race des chiens et leur comportement. ©DR

La race d’un chien ne définit pas son comportement. Tel est le constat d’une étude scientifique récente qui pourrait bien tordre le cou aux préjugés dont sont victimes certains animaux. Un vœu partagé par des spécialistes – vétérinaire, comportementaliste et éthologue – consultés par 30millionsdamis.fr.

Le caractère d’un chien ne dépend pas de sa race ! « Presque aucun des comportements généralement associés à une race de chien n’est véritablement inné, observent des chercheurs américains (Science, 29/04/2022). L’environnement semble jouer un rôle bien plus prépondérant que le pedigree ». Pour parvenir à ce constat, les scientifiques ont analysé les résultats d’enquêtes menées auprès de maîtres de 18 385 chiens ainsi que les données génétiques de 2155 d’entre eux.

Le comportement d’un chien dépend de ses expériences de vie

« Certes, la génétique joue un rôle dans le caractère des animaux en général (et des personnes), et donc des chiens ; mais leur éducation joue une part prépondérante dans la façon dont ils se comportent, confirme l’éthologue française Fleur Daugey, contactée par 30millionsdamis.fr. Par exemple, un chien maltraité pourra être peureux et plus enclin à mordre ».

Il en va de même chez les humains (mais ne sont-ils pas des animaux comme les autres ?) : « Nous savons bien que les vrais jumeaux qui ont le même bagage génétique ont pour autant des caractères et des comportements différents ; car chaque individu vit des expériences et des influences différentes qui vont forger son caractère et donc son comportement, analyse le Dr vétérinaire Brigitte Leblanc. Pourquoi, donc, le seul bagage génétique d’une race de chiens serait-il responsable du caractère et du comportement de chacun de ses membres ? » En somme, le comportement des chiens est influencé par des facteurs liés à leurs expériences de vie que sont l’environnement, la sociabilisation et surtout, l’éducation.

Dépasser les préjugés sur certaines races

En montrant que le caractère d’un chien n’est pas lié à sa race, cette étude devrait ainsi permettre de lutter contre certains préjugés susceptibles de nuire à certains toutous, pointés par le législateur lui-même. « La loi de 2008 qui a instauré en France les catégories de chiens dits dangereux – et les obligations pour leur détention – a conduit à une sorte de psychose devant certaines races, déplore la vétérinaire. Cette stigmatisation a freiné l’adoption de nombreux animaux »... qui ont pourtant beaucoup d’amour à donner !  

« J’ai personnellement connu un pitbull nommé Cordero (ce qui veut dire agneau en espagnol) et qui portait très bien son nom : il était doux comme un agneau car son maître ne l’avait jamais encouragé à être agressif, bien au contraire, précise F. Daugey. Une telle étude va donc dans le bon sens pour changer les mentalités ! » En 2019, 30millionsdamis.fr avait rendu hommage à Zeus, un pauvre pitbull de 8 mois qui avait sauvé des enfants face à un serpent venimeux, au péril de sa propre vie. « Les pitbulls sont les chiens les plus loyaux que je connaisse, avaient alors confié les parents. Si vous en trouvez un qui est agressif, c’est probablement parce qu’il a été maltraitéSi vous les traitez bien, ils donnent leur vie pour vous ». 

Vic, croisé Staff, a trouvé un bonheur apaisé auprès de sa nouvelle famille. ©DR

« Considérer les animaux pour ce qu’ils sont : des individus, non pas une race ou une espèce »

« La race d’un chien établit forcément ce qu’on appelle communément son instinct, nuance un éducateur canin-comportementaliste qui exerce en région parisienne. Un chien de chasse à des instincts de chasseur ; un chien de garde de gardien ; un chien de berger de ‘regroupeur’ »… Autant de chiens sélectionnés au fil du temps par nos ancêtres selon les critères qui les intéressaient. « Ces comportements acquis sont anciens et donc assez souvent encore retrouvés dans nos races actuelles, confirme le Dr vétérinaire B. Leblanc. Mais les exceptions individuelles sont fréquentes : qui n’a jamais entendu parler d’un chien de chasse « réformé » car effrayé par les coups de fusil ? »

En réalité, « ce qui nuit le plus aux chiens, c’est la mauvaise formation de certains éleveurs et la méconnaissance des maîtres quant aux besoins de leur compagnon », déplore le comportementaliste. « Si les chiens gardent les caractéristiques propres à leur race, le fait de les faire vivre sans répondre à ces besoins peut amener à une véritable souffrance psychologique et à des troubles du comportement, ajoute le Dr Leblanc. Ce serait le cas d’un border collie ou d’un husky qui ne sortiraient que le week-end… » Aussi, lorsqu’un trouble de comportement apparaît chez un chien, son maître devrait se demander si les conditions de vie de son compagnon correspondent bien à ses besoins physiologiques, biologiques, comportementaux et à son individualité. « Il est important de mettre en avant le bien-être de ce chien, en tant qu’individu, recommande la vétérinaire. Plus généralement, il nous faut revoir notre relation aux animaux en les considérant comme ce qu’ils sont : des individus, non pas une race ou une espèce ».

Ne pas céder à l’effet de mode 

Et ne pas céder aux effets de mode ! En 2016, le berger belge devenait, selon le Livre des origines français (LOF), le chien préféré des Français, détrônant ainsi le berger allemand. « Beaucoup de maîtres ont été touchés par le décès de Diesel, ce chien policier tué pendant les attentats de Paris, explique un professionnel du comportement canin. Résultat : aujourd’hui, les refuges pullulent de Malinois ». D’autres races de chiens ont aussi fait les frais d’un engouement massif qui s’est soldé par des abandons tout aussi conséquents : huskies, borders-collies, montagne des Pyrénées, etc.

Reste donc à espérer que cette étude contribue, à terme, à réhabiliter de certaines races au point de se concrétiser par l’adoption de chiens délaissés et trop souvent injustement mal-aimés, à l’instar de Chaîna qui attend toujours une famille d’adoption au refuge 30 Millions d’Amis  de la Tuilerie. « Pourquoi ? Parce qu’elle fait partie de la catégorie des chiens dits dangereux, déplorent les soigneurs. Qu’a-t-elle de dangereux ? Son côté très joueur, dynamique, gentil ou ce trop plein d’amour qu’elle distribue à toute personne qui lui porte de l’attention ? »

L’histoire de Chaîna est malheureusement loin d’être isolée…. « Apprenons à les voir pour ce qu’ils sont : des chiens avec un passé et des expériences de vie. Tous différents. Comme nous ! », conclut le Dr Leblanc.

Commenter

  1. chacha1 06/05/2022 à 15:16:55

    Je suis d’accord avec la vétérinaire nous souffrons nous mêmes du fait que notre chien soit catégoriser alors que c’est une boule d’amour et d’ailleurs pour la plus part des propriétaires qui doivent souffrir de remarque déplacer par des gens qui n’y connaissent rien et qui préfère écouter les médias sans connaître la race ou se dire que chaque chien est différent et que c’est l’éducation qu’on donne qui fait tout et que si certains réagissent sois ils sont en danger ou viennent de se faire adopter et que les nouveaux propriétaires essaye de lui redonner confiance en ses pauvre chiens qui on vécu le malheur dans leur ancienne vie.

  2. gavroche69 06/05/2022 à 08:52:57

    Il est évident que le comportement d'un chien n'a rien à voir avec sa race.

    Ce qui importe c'est le comportement de son propriétaire.

    J'ai pendant quelques années vécu à la campagne à côté d'un voisin qui possédait 2 chiens de race Pitbull. Ils étaient adorables, on ne les entendait jamais et ils adoraient les caresses.

    Inversement, une autre voisine possédait un petit chien de race "Teckel". Il était impossible de le caresser sans risquer de se faire mordre la main.

    Sa propriétaire disait l'avoir élevé ainsi pour ne pas avoir de problème. Elle en avait fait son "doudou" à elle et rien qu'à elle. Pauvre petit chien...

    C'était donc bien elle le problème...