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Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


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Faune

Majestueux et rare, un élan blanc victime de braconniers au Canada !

Un original au pelage blanc, à l'ouest de l'Ontario, au Canada. Une image rare ! Malheureusement, l'un d'eux a été tué par des braconniers, en octobre 2020. ©Mark Clement

Un élan blanc a été abattu en Ontario (Canada). Dans cette région – comme dans quelques rares provinces du Canada – la destruction de ces animaux est strictement interdite. Leur protection s’explique avant tout par leur rareté, mais aussi par le caractère sacré que les communautés leur confèrent. 30millionsdamis.fr lève le voile sur ces orignaux… très originaux !

Surnommé « l’orignal fantôme » ou « l’orignal spirituel », l’élan blanc est un animal aussi rare qu’onirique. Présent dans quelques régions du Canada, adulé par les Premières Nations, il est juridiquement protégé par certaines lois provinciales. Pourtant, il demeure la cible de braconniers.

Protégés par la loi provinciale

En octobre 2020, près de la ville de Timmins (Ontario), deux orignaux femelles – dont l’une à la robe blanche – ont été tués, leurs cadavres abandonnés le long d'une route isolée… Un acte odieux et illégal ! « Dans certaines zones de chasse, il est interdit de tuer un original dont le pelage est de couleur blanche sur plus de 50% de la surface de son corps, explique à 30millionsdamis.fr Jacques Prescott, biologiste et professeur à l’Université du Québec, à Saguenay. Dans ces zones, tuer un original blanc entraîne une amende de 500 dollars canadiens (322 €) ». La femelle orignale blanche a précisément été abattue dans l’un de ces espaces protégés.

 

Dans certaines zones, il est interdit de tuer un original dont le pelage est de couleur blanche sur plus de 50% du corps.

J. Prescott - Biologiste 

Une interdiction fermement rappelée par le gouvernement de l’Ontario lors de la macabre découverte : « Depuis 2006, il est strictement illégal de chasser un orignal à prédominance blanche dans cette région », a déclaré Jolanta Kowlaski, chargée de communication du Ministère des richesses naturelles et des forêts (MRNF). Cette protection s’explique par la volonté, non seulement, de reconnaître l’importance culturelle et spirituelle [de l’orignal] pour les communautés des Premières Nations, mais aussi, d’améliorer l’observation de la faune dans la région ».  Dans le reste du Canada, des  élans blancs sillonnent quelques autres provinces, comme au Manitoba, en Saskatchewan ou en Colombie-Britannique. Mais seule la péninsule de Port-au-Port (Terre-Neuve-et-Labrador) interdit leur destruction depuis 2002.

Sacrés pour les communautés autochtones

Alors que les agents du MRNF ont ouvert une enquête pour retrouver les braconniers, les tribus autochtones se mobilisent, elles aussi, pour aider les autorités à appréhender ces coupables. Troy Woodhouse, membre de la communauté du Flying Post s’est engagé – à l’instar d’une entreprise locale – à offrir une récompense de 1 000 dollars canadiens (645 €) pour toute information utile à la réussite de l’enquête.

«Tout le monde est indigné et triste, déplore le chef Murray Ray, de la Première Nation Flying Post (The Guardian, 15/11/2020). Laissez les orignaux blancs tranquilles ! ». Et pour cause, chez les peuples autochtones, les animaux blancs sont considérés comme sacrés. Plus particulièrement, « Les originaux blancs ont une importance culturelle et spirituelle pour les Premières Nations », confie Marco Festa-Bianchet, directeur du département de biologie de l’Université de Sherbrooke, contacté par 30millionsdamis.fr. « Cela m'attriste que quelqu'un prenne un si bel animal, s’émeut de son côté T. Woodhouse. La perte d'un seul orignal spirituel est une de trop ».

« Chaque année, au Canada, les agents de police et les agents de protection de la faune réussissent à appréhender des contrevenants, rassure J. Prescott. Ils mènent, en outre, des campagnes de lutte contre le braconnage ». Ce qui n’empêche malheureusement pas des dérives : « Un autre élan blanc a été tué près de Folyet, en novembre dernier », déplore un photographe animalier de la région, Mark Clement, joint par 30millionsdamis.fr.

Albinos ou leuciques, les orignaux blancs appartiennent à l’espèce commune… elle-même en déclin

 

Les orignaux blancs ne sont pas une espèce distincte : leur couleur est issue d’une mutation génétique. 

M. Festa-Bianchet - Biologiste 

Si les originaux blancs sont rares, ils ne constituent pas, pour autant, une espèce distincte puisqu’ils tirent leur couleur d’un gène récessif. En effet, la majorité des 827 000 originaux du Canada ont le dos presque noir, les épaules poivre et sel, le ventre brun ; mais une très faible proportion de cette population a le pelage totalement ou partiellement blanc crème. « Leur couleur est issue d’une simple mutation génétique, explique M. Festa-Bianchet. On en trouve chez la plupart des espèces de mammifères (incluant les humains) et d'oiseaux ». « Il s’agit d’animaux albinos ou leuciques, précise J. Prescott. Les animaux albinos ont l’iris des yeux rouge et le pelage entièrement blanc. Les animaux leuciques ont l’iris brun plus pâle que la normale et le pelage partiellement ou entièrement blanc en raison d’un déficit des cellules pigmentaires ».

Malheureusement, les orignaux, bruns ou blancs, ont vu leurs effectifs diminuer ces dernières années. En cause ? La prolifération de certains parasites et l’apparition de maladies associées au changement climatique. La lutte contre le braconnage de cette espèce s’avère donc, plus que jamais, nécessaire. A cet égard, une piste pourrait être explorée : celle actuellement expérimentée au Kenya où des membres du conservatoire « Ishaqbini Hirola » ont équipé d’une balise GPS la seule girafe blanche connue au monde !