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Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


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Culture

« Ensemble, on aboie en silence » de Gringe : une ode subtile aux animaux !

Guillaume Tranchant et son frère Thibault sont, depuis toujours, de grands amoureux des animaux. En témoignent quelques extraits poignants du livre "Ensemble, on aboie en silence". ©Gringe

Le rappeur, acteur et désormais écrivain Gringe (de son nom Guillaume Tranchant) livre, aux côtés de son frère Thibault, atteint de schizophrénie depuis 2001, son combat contre les clichés et maux que recouvre cette maladie (« Ensemble, on aboie en silence », Harper Collins, Wagram livres). Au cœur de cette bataille, les animaux apparaissent comme un rempart contre la douleur. 30millionsdamis.fr a recueilli les confidences de cet artiste engagé.

Déclaration d’amour fraternel contre le fardeau de la schizophrénie, « Ensemble, on aboie en silence » dévoile plus subtilement une ode aux animaux, domestiques comme sauvages. Dans leur combat contre la maladie, Guillaume et Thibault saluent le pouvoir salvateur de ces êtres sensibles et fragiles qu’ils affectionnent depuis toujours. « Nous sommes d’inconditionnels amoureux des animaux puisque nos parents nous ont élevés à leur contact depuis tout petits, se remémore Gringe. Des chiens, des chats, parfois même abandonnés ou simplement perdus que l’on recueillait chez nous. J’ai le souvenir qu’enfant, Thibault adorait se glisser sous les tables des restaurants pour jouer avec les chiens de nos voisins ! »

Un vibrant plaidoyer contre l'abandon

 

L’adoption est une responsabilité que je voudrais être sûr de pouvoir assumer.

Gringe - Ecrivain, rappeur et acteur

Au cœur de son récit, la voix de Thibault dénonce la détresse des animaux de compagnie à travers le douloureux fléau de l’abandon : chiens errants dans les rues de Barcelone, chiots livrés à eux-mêmes à Bucarest, ou encore, chiens de refuge en France. Par les termes saisissants employés pour décrire le refuge - « cage », « gardien », « geôle », « codétenus » - le frère cadet du rappeur livre un véritable plaidoyer contre l’abandon, qu’il concrétisera par l’adoption d’un de ces rescapés. « Je soupçonne parfois mon frère de préférer la compagnie des chiens à celles des Hommes et, connaissant sa sensibilité, en matière d’adoption, je sais qu’il préférera toujours se tourner vers des animaux seuls, abandonnés ou maltraités, peut-être en écho à la solitude qu’il a pu vivre et que je raconte dans le livre, confie Guillaume. L’adoption est une responsabilité que je voudrais être sûr de pouvoir assumer. C’est l’option que je choisirais, moi aussi, si je décidais de vivre avec un chien ».

L'adoption, une démarche responsable...

Une démarche raisonnée, donc ! En témoignent, d’ailleurs, les hésitations quant au choix du prénom de ce « fidèle ami solitaire ». L’idée de le nommer « Quinquin » - en référence à l’hymne aux petites gens du Nord, ensuite reprise par des soldats - illustre les raisons ayant conduit Thibault à adopter un animal : « offrir une voix à ce qu’on bâillonne » et faire « acte de résistance ». Le nom « Anubis » - dieu de l’Egypte Antique représenté par un grand canidé noir - n’aurait pas moins révélé sa dévotion pour son compagnon sur pattes. Mais c’est finalement « James » qui désignera le croisé à la robe sable, pour son air « maladroit » teinté d’une certaine « élégance », à l’instar de l’acteur américain James Steward. En montrant que ce baptême a été le fruit d’une longue réflexion et parce que le patronyme est la genèse de l’identité, T. Tranchant semble ainsi souligner son souhait d’attribuer à son chien une véritable personnalité.

... pour un sauvetage mutuel

"Un binôme indéfectible".

A la différence du nom, l’être, quant à lui, s’est imposé telle une évidence : « C’était le seul, gueule tournée contre mur, à ne pas aboyer. Et puis, un silencieux qui s’agite dans le vacarme, j’y ai sûrement vu un peu de mon reflet ». Vient alors la délivrance ! Pour l’un, comme pour l’autre. « S’il m’est difficile de me libérer de ma cage, j’avais à cet instant le pouvoir de le libérer de la sienne, donc je l’ai fait ». De là est né un amour réciproque, inconditionnel et bienveillant, dénué de tout jugement. Loyal, patient et affectueux, James fournit à Thibault un « cadre » d’autant plus indispensable dans son combat quotidien contre la maladie. Un sauvetage mutuel, en somme : « Vous savez ce je crois, quand on dit des chiens qu’ils s’éduquent à l’intelligence de l’Homme ? Que l’Homme s’éduque aussi à leur sensibilité, et que leur compagnie renforce notre humanité ». Depuis cette rencontre, leur complicité n’a cessé de grandir : « Aujourd’hui, ils forment un binôme indéfectible ! » se réjouit Guillaume.

Emerveillement et apaisement face à la faune sauvage

 

Nous sommes d’inconditionnels amoureux des animaux.

Gringe

C’est lors d’un voyage en Islande que les deux frères saisissent la beauté, la fragilité et la bienfaisance des animaux sauvages. Avant même de l’apercevoir, Guillaume imagine la faune sauvage comme l’un des éléments à même de sauver, l’espace d’un instant, son jeune frère. « Je pense à ces décors qu’il nous reste à découvrir et qui pourraient, c’est ce que je souhaite, me le ramener. Les yeux fermés, j’imagine les geysers, la faune sauvage, les volcans en activité qui surplombent les océans déchaînés (…) ». Et pour cause : ce sera bien de la nature - et des animaux qu’elle abrite - qu’émergera l’apaisement tant espéré : « Soudain, juste sous nos yeux, une orque surgit de sous la coque, recrachant l’eau par son évent, collée au flanc par son petit. Le visage de Thibault se relâche enfin. Moment de grâce que l’on partage à travers le même regard émerveillé ». Le pouvoir salvateur des animaux sauvages ne fait, selon Gringe, aucun doute et la cruauté perpétrée à leur égard est d’autant plus insoutenable. « Chaque forme de maltraitance animale me révolte, fustige l'écrivain. A terme, je souhaiterais m'engager davantage pour sensibiliser mon public à toutes les causes animales ».

Cette belle histoire nous rappelle – s’il le fallait ! – à quel point nos 30 millions d’amis sont d'indispensables compagnons de vie. Par chance, certains d’entre eux croisent sur leur chemin des âmes bienveillantes, comme celles de Guillaume et Thibault, qui leur offrent, en retour, un amour sincère.