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Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


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Covid-19

Les chimpanzés et leurs défenseurs face à la menace du Covid-19

Portant des masques réutilisables contre le Covid-19, les équipes de P-WAC veillent sur le chimpanzé Elonga comme sur tous les singes du centre de réhabilitation. ©P-WAC.org

Flambée des prix des produits essentiels à l’alimentation et au soin des animaux ; confinement des soigneurs et des éco-gardes ; risque de contagion des singes par le Covid-19... le centre de réhabilitation de l’association P-WAC, qui recueille des primates sauvés de la captivité et du trafic de faune sauvage avec le soutien de la Fondation 30 Millions d’Amis, affronte depuis 2 mois les terribles conséquences de la pandémie sur le continent africain.

« Nos pensionnaires semblent les plus heureux du monde ! » L’insouciance des chimpanzés, en pleine séance de jeu dans les branchages, pourrait laisser croire à une quiétude sans faille. En réalité, l’heure est grave. « En République Démocratique du Congo, notre province est la deuxième plus touchée par le Covid-19 après celle de Kinshasa, la capitale », s’alarme Amandine Renaud, présidente-fondatrice de l’association P-WAC. Au total, le pays compte près de 1100 cas ainsi qu’une quarantaine de décès, des statistiques probablement sous-estimées. Si la région est malheureusement habituée à la survenue d’épidémies telles que le choléra, la typhoïde ou encore la rougeole, la situation actuelle – inédite – suscite la plus grande inquiétude, y compris celle des protecteurs des animaux.

Matériel et aliments pourraient venir à manquer

 

Si l’épidémie éclate et que les livraisons sont interrompues, je ne sais pas comment on va pouvoir gérer.
Amandine Renaud, P-WAC

L’une des craintes les plus aiguës concerne le risque de pénurie alimentaire. « Nous avons fait des provisions, notamment un stock de lait maternisé [destiné aux jeunes singes orphelins, NDLR] », confie Amandine Renaud. Tout aussi indispensable à l’alimentation des primates du centre de réhabilitation, l’approvisionnement local en fruits frais est pour l’instant maintenu, bien que réduit à une seule livraison par semaine. « Mais si l’épidémie éclate et que les livraisons sont interrompues, je ne sais pas comment on va pouvoir gérer », s’inquiète la primatologue. Les produits d’importation font, quant à eux, l’objet d’une dramatique flambée des prix... y compris le matériel essentiel au soin des animaux. « Entre les nourrissages, le nettoyage des locaux et celui des aliments destinés aux singes, nous utilisons une dizaine de paires de gants chaque jour », énumère la fondatrice de P-WAC, qui a dû faire fabriquer plusieurs masques réutilisables afin d’équiper les sept soigneurs et éco-gardes.

« Les humains et les primates sont de la même famille, et il y a donc un risque de leur transmettre des pathogènes, explique A. Renaud. Or, un petit rhume chez nous peut se transformer en pneumonie chez eux ! ». Déjà rompus aux précautions d’ordre sanitaire, les soigneurs de P-WAC redoublent aujourd’hui de vigilance afin d’éviter une contamination des animaux par le Covid-19. En effet, si aucun cas de transmission du SARS-Cov2 de l’Homme vers un primate ne s’est produit à ce jour, cette éventualité ne peut toutefois pas être exclue. En mars 2020, les autorités du Gabon avaient, pour cette raison, interdit les randonnées touristiques de rencontres avec les gorilles. Le risque de transmettre le Covid-19 concerne également les chimpanzés en milieu naturel, menacés par le contact avec les populations humaines lié à la recrudescence du braconnage. « Si la nourriture de base n’est plus disponible, les gens vont se tourner vers la viande de brousse », avertit la primatologue.

« Notre priorité, c’est de survivre »

 

Un petit rhume chez nous peut se transformer en pneumonie chez les singes.
Amandine Renaud, P-WAC

Face à la menace du Covid-19, les primates rescapés de l’enfer peuvent malgré tout compter sur une équipe soudée. « Au départ, les travailleurs voulaient se confiner chez eux avec leurs familles, explique Amandine Renaud. Finalement, ils ont choisi de rester sur place en permanence, et cela fait maintenant 2 mois que nous sommes ensemble. » Les restrictions de déplacements imposées par le contexte sanitaire privent toutefois le centre de réhabilitation d’un renfort précieux, celui d’une vétérinaire censée arriver prochainement. En outre, plusieurs projets importants ont dû être interrompus, à l’instar du reboisement de la savane avec les femmes du village ; de la construction d’un enclos supplémentaire pour un petit singe cercopithèque devant être isolé de ses congénères ; ou encore, de l’intégration du jeune Elonga – sauvé du trafic de faune sauvage à l’âge de 5 mois – dans le groupe des chimpanzés vivant en semi-liberté. « Notre priorité, à présent, c’est de survivre », conclut la primatologue.