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Covid-19

Des chiens entraînés à détecter « l’odeur » du coronavirus... à suivre !

L'odorat du chien est particulièrement développé, d'où son intérêt dans la détection. ©Medical Detection Dogs /capture d'écran Youtube

Une association et deux instituts de recherche britanniques ont lancé un programme pour dresser des chiens à repérer les patients atteints par le Covid-19. 30millionsdamis.fr, qui a contacté l’ONG responsable de l’opération, rappelle toutefois que le domaine de la détection médicale par les chiens concerne d'autres domaines comme certains types de cancers, et fait toujours l'objet d'études.

Le flair de l’espoir ? Au Royaume-Uni, l’association Medical Detection Dogs va collaborer avec l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres et l'université de Durham pour entraîner des chiens à diagnostiquer le Covid-19. Formés à signaler la présence du virus dans des échantillons, les canidés pourraient être déployés dans des lieux stratégiques. « Si la recherche réussit, nous pourrions utiliser des chiens pour détecter le Covid-19 dans les aéroports à la fin de l'épidémie pour identifier rapidement les personnes porteuses du virus, explique le professeur Steve Lindsay, de l'Université de Durham. Cela aiderait à prévenir la réapparition de la maladie après avoir maîtrisé l'épidémie actuelle. »

Des chiens ''opérationnels'' en 6 à 8 semaines...

 

On pense qu’il est totalement sans danger pour les chiens de réaliser cette tâche.
Gemma Butlin, Medical Detection Dogs

Parmi les interrogations que soulèvent cette démarche inédite, la sécurité des animaux impliqués dans l’expérience constitue bien évidemment un point clé. « Nous resterons en contact permanent avec des scientifiques et des vétérinaires pour confirmer cela, mais on pense qu’il est totalement sans danger pour les chiens de réaliser cette tâche, rassure Gemma Butlin, responsable des relations presse de Medical Detection Dogs, contactée par 30millionsdamis.fr. Malgré le fait que le Covid-19 soit un nouveau virus originaire d’animaux puis transmis aux humains, les chiens ne peuvent pas contracter la maladie. Les chiens seront entraînés avec des échantillons non infectieux et n’auront pas besoin d’entrer en contact avec les individus qu’ils dépistent ».

Le projet devrait se dérouler par étapes. « La phase initiale verra 6 chiens de bio-détection suivre une formation intense afin d’être prêts dans 6-8 semaines, précise Gemma Butlin. Après cela, nous passerons ensuite à une seconde phase où nous entraînerons un nombre supplémentaire de chiens ». Mais comment s’assurer de la fiabilité du procédé une fois en application sur le terrain, dans les aéroports par exemple ? Interrogée par 30millionsdamis.fr, la responsable n’a pas souhaité préciser si les diagnostics réalisés par les chiens devront être confirmés par d’autres tests. Une incertitude qui pose question, puisque la « détection médicale par les animaux » reste, aujourd’hui encore, un domaine scientifique en phase de recherche, et parfois controversé.

... mais un domaine scientifique controversé

Un groupe de chiens est entraîné à détecter le cancer du poumon en Allemagne (2012). ©30 Millions d'Amis

 

Dans ces études, les composés responsables des odeurs ne sont pas identifiés.
Peter Lipson, médecin

Alors que l’aptitude des chiens héros à repérer l’odeur de la drogue, celle d’une personne disparue ou encore d’une fuite de gaz s’avère incontestable depuis des décennies, la détection de maladies par nos compagnons canins n’est, en revanche, devenue un véritable sujet de recherche que dans les années 2000-2010. Ainsi, en 2011, des chercheurs allemands entraînaient 4 chiens à discriminer l’haleine de patients atteints de cancer du poumon, tandis que des scientifiques français apprenaient à un Berger belge à reconnaître l’urine de patients atteints de cancer de la prostate. Par la suite, en 2015, une étude israélienne concluait que 2 Bergers belges parvenaient à différencier les cellules cancéreuses (sein, peau et poumon) de cellules saines en laboratoire. Plus récemment, en 2019, la société américaine BioScentDx aurait démontré la capacité de 3 Beagles à identifier le sang de patients atteints de cancer du poumon. Des travaux qui, s’ils s’avéraient certes prometteurs, ont néanmoins tous fait débat.

« Dans ces études, les composés [responsables des odeurs] ne sont pas identifiés, ne font pas l’objet de test, ne sont pas nommés, regrette le médecin Peter Lipson sur son site d’analyse critique. Dans le peu d’échantillons utilisés, il peut y avoir d’autres différences détectées par les chiens ». Le stress ressenti par la personne dont proviennent les cellules présentées aux canidés pourrait, par exemple, fausser les résultats. Pour conclure de façon robuste que nos toutous détectent bien les maladies, la communauté scientifique réclame donc des études à plus large échelle. Ainsi, l’Institut Curie prépare actuellement un essai clinique sur 450 femmes dans le cadre du « projet K-dog », afin de vérifier si les chiens sont capables de déceler le cancer du sein à travers la sueur. Toutefois, 2 ans seront nécessaires avant d’obtenir les résultats. Tout comme les performances de leurs aïeux « renifleurs de cancer », celles des chiens « renifleurs de coronavirus » seront donc à prendre... avec du recul !