Fondation 30 Millions d'Amis

Fondation 30 Millions d'Amis
Faites un donFaire un don

Refuge "la Tuilerie" un havre de paix pour les animaux sortis de l'enfer


 €

Votre don ne vous coûte que
XXX après réduction fiscale

Biodiversité

L’Europe épingle la France pour ses méthodes de chasse contre les oiseaux !

La Commission européenne s'inquiète de la chasse à l'oie cendrée pendant sa migration. / ©Pixabay.com

La Commission européenne met en demeure la France pour sa réglementation sur les méthodes de chasse contre les oiseaux (25/07/2019). Depuis plusieurs années, la Fondation 30 Millions d’Amis se mobilise, aux côtés de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, contre ces pratiques.

Chasse à la glu et au filet, chasse à l’oie cendrée lors de sa migration, chasse à la tourterelle … ces pratiques actuellement autorisées en France sont contraires au droit européen selon Bruxelles. L’Etat Français va-t-il enfin  prendre ses responsabilités et mettre un terme à ces méthodes cruelles et illégales ?! Il devra donner une réponse satisfaisante dans un délai de deux mois, au risque de se voir sanctionné devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Des méthodes de chasse cruelles et non sélectives

En décembre 2018, la Fondation 30 Millions d’Amis s’indignait de la validation, par le Conseil d’Etat, de l’arrêté autorisant l’emploi de gluaux pour la capture d’oiseaux dans cinq départements français. La chasse à la glu consiste à capturer des oiseaux à l’aide de tiges en bois enduites de colle ultra-forte posées sur des arbres ou buissons. Les oiseaux pris au piège sont alors décollés après des heures de souffrances, « nettoyés » et enfermés dans une cage jusqu’à la fin de saison de chasse, pour attirer de leurs cris, d’autres oiseaux qui seront tués au fusil...

Mais l’Union européenne vient de donner tort à la plus haute juridiction administrative française ! Selon elle, les pratiques de chasse non sélectives, comme la chasse à la glu et au filet, « ne sont pas conformes aux exigences de la directive Oiseaux » sur la conservation des oiseaux sauvages et de leur habitat. Il est vrai que, contrairement à ce que prévoit la directive, ces méthodes de chasse ne sont pas « sélectives » puisqu’il arrive souvent que des espèces autres que celles visées par la réglementation soient chassées. Lors de contrôles inopinés, la LPO a déjà pu constater le piégeage de plusieurs espèces protégées (gros-becs, mésanges bleues, faucon crécerelle…). Par ailleurs, si le droit français prévoit le « nettoyage » des oiseaux, en réalité la remise en liberté n’est pas sans séquelles. Lésions de plumes, contaminations par la glu et atteintes métaboliques viennent menacer la survie des espèces prises au piège. Certains oiseaux n’y survivent pas.

Des pratiques de chasse contre des espèces migratoires ou vulnérables

Par un arrêté du 30 janvier 2019, le gouvernement avait prolongé la chasse à l'oie cendrée alors qu’elle avait déjà commencé sa migration vers ses sites de reproduction. Or, comme vient de le rappeler la Commission européenne, la directive Oiseaux interdit explicitement la chasse des oiseaux migrateurs. Le Conseil d'Etat lui-même a souvent rappelé la nécessité de fermer la chasse aux oies sauvages au 31 janvier pour permettre leur migration.

Enfin, l’Union européenne s’inquiète de la chasse à la tourterelle, « autrefois très courante en milieu agricole, mais désormais menacée ». L’espèce est effectivement classée comme « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Or, le gouvernement français s’apprête justement à autoriser la chasse de 30 000 tourterelles des bois pour la saison 2019-2020 !

« L'Union européenne rappelle à la France ses devoirs et engagements »

Selon le Président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, par cette mise en demeure « l’Union européenne vient utilement rappeler à la France ses devoirs et engagements. Il est temps que la France arrête de se mentir et de mentir aux Français : à ce jour les mesures les plus élémentaires pour stopper l’effondrement de la biodiversité ne sont pas prises ».

La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce ces pratiques barbares qui entraînent une souffrance animale intolérable. Elles sont d’autant plus inacceptables et condamnables que la population d’oiseaux des champs a chuté de 30% en une vingtaine d’années, selon une étude menée par le CNRS et le MNHN en 2018.