Avec le printemps, les chenilles processionnaires sont de retour. Soyez très vigilants lorsque vos animaux sont à l’extérieur, car ces insectes menacent leur bien-être. Pour 30millionsdamis.fr, les Dr vétérinaires Gilbert Gault et Laetitia Barlerin alertent sur les dangers encourus par nos 30 millions d’amis.
Au printemps, gare aux chenilles processionnaires ! Chats, chiens, chevaux ou bovins… aucun animal domestique n’est épargné par le danger de leurs poils urticants. Parfois même dès le mois de février. Ouvrez l’œil et protégez vos compagnons !
Chenilles du pin ou du chêne ?
Il faut avant tout distinguer la chenille processionnaire du pin de celle du chêne. Se faufilant sur l’entièreté du tronc jusqu’aux racines, les premières peuvent entrer en contact avec votre animal. C’est à partir du mois de février qu’elles sont le plus à craindre, lorsqu’elles quittent leur cocon. Dès que les températures atteignent les 10°C, ces dernières mangent les aiguilles des arbres, puis descendent en file indienne. « Elles forment une sorte de bâton orangé qui se déplace sur l’arbre, ce qui intrigue les animaux et surtout les chiens », explique le Dr vétérinaire Laetitia Barlerin, auteure de « Boostez votre énergie grâce à votre animal » (Fayard, 2026). Prudence donc, lorsque votre animal s’approche de ces arbres.
Quant aux chenilles processionnaires du chêne, elles restent perchées au sommet de l’arbre. « Seuls les chats, en montant aux arbres peuvent tomber nez-à-nez avec ces insectes, précise le Dr vétérinaire Gilbert Gault, joint par 30millionsdamis.fr. Il en est de même pour les chevaux et bovins lorsque les chenilles tombent des arbres et atterrissent dans leur foin. »
« La douleur est comparable à une brûlure à la soude caustique. »
Mais qu’est-ce qui rend ces chenilles processionnaires si dangereuses ? C’est leur capacité à lâcher leurs « poils » lorsqu’elles se sentent menacées. « Ils contiennent un poison pouvant avoir de graves conséquences en cas de contact », affirme le Dr L. Barlerin. « Ces ‘poils’ sont en réalité des soies urticantes », précise G. Gault, spécialisé dans les toxines naturelles. Selon les animaux, les risques diffèrent : « Les chats sont plus méfiants, ils ne vont pas ingérer de chenilles, mais plutôt leur donner des coups de pattes. » En revanche, les chiens ont tendance à renifler, voire lécher ces insectes. Ils sont par conséquent touchés au niveau de la bouche. D’après une étude du Centre Antipoison, parmi les victimes des chenilles processionnaires, 92 % sont des chiens contre seulement 7 % de chats.
Chien ayant une lésion sur la langue provoquée par un contact avec des chenilles processionnaires. / © Dr Christel JOUBERT
En cas de contact avec les poils des chenilles processionnaires, « l’animal souffre tellement qu’il hurle de douleur, court dans tous les sens, bave, et parfois même vomit… », déclare Laetitia Barlerin. « La douleur est comparable à une brûlure à la soude caustique », confirme G. Gault. Mais les effets néfastes ne s’arrêtent pas là ! « Le contact des chenilles sur la peau est moins grave que sur les muqueuses », ajoute l’expert. Lorsque la langue est atteinte et qu’elle se nécrose, alors aucun retour en arrière n’est possible : l’animal perd un morceau, voire sa langue entière. « Il ne peut plus se nourrir et devra donc être euthanasié », conclut L. Barlerin, vétérinaire.
Les bons gestes à adopter !
Mieux vaut prévenir que guérir… Lorsque vous promenez votre chien, « tenez-le en laisse courte et surveillez bien les endroits qu’il renifle », conseille la praticienne. Pour les particuliers qui ont un jardin, il est recommandé de « mettre des colliers pièges autour des arbres afin de bloquer le passage aux chenilles, préconise-t-elle. Il faudra toutefois attendre l’automne pour détruire les cocons. » La présence de mésanges dans un jardin est également un bon moyen d’éliminer ces insectes : « Elles sont immunisées et les mangent », affirme le Dr Barlerin.
Les chenilles « forment une sorte de bâton orangé qui se déplace sur l’arbre ». / © AdobeStock
Si votre animal entre en contact avec les chenilles, « c’est une urgence vétérinaire ! », affirme G. Gault. Surtout ne jamais frotter la zone touchée, car « les poils urticants seraient davantage étalés, prévient à son tour L. Barlerin. Il faut rincer abondamment, avant de l’amener chez le vétérinaire ». N’oubliez pas que les chenilles processionnaires entraînent également des démangeaisons chez les humains, « pensez donc à couvrir votre compagnon d’une serviette au cas où il aurait frotté son corps aux chenilles », rappelle-t-elle.
« Malheureusement, aucun antidote n’existe. »
Une fois les premiers gestes réalisés, l’animal doit être hospitalisé en urgence. Sa langue et ses babines sont rouges et gonflées, « parfois au point de créer un œdème au niveau du pharynx et d’engendrer des difficultés à respirer, met en garde L. Barlerin. Malheureusement, aucun antidote n’existe. » Il faudra attendre près d’une semaine que les tissus soient tombés avant de pouvoir effectuer des soins sur la zone touchée. En attendant, l’animal est alimenté à l’aide d’une perfusion. « C’est un événement vraiment choquant et douloureux pour l’animal », confie Laetitia Barlerin. La vigilance est, encore une fois, de mise et la meilleure des protections !
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