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Coup de coeur

La vie intime de l’ours filmée… par lui-même (Vidéo)

Le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse (31) a filmé un ours slovène pendant un mois dans son environnement naturel, grâce à une caméra fixée sur l’animal. Des séquences inédites et riches en enseignements, que vous explique 30millionsdamis.fr.

Se mettre dans la peau de l’ours grâce aux nouvelles technologies, c’est désormais possible. Un ours brun slovène a filmé lui-même son quotidien grâce à une caméra embarquée. A raison de cinq minutes de tournage par heure, 12 heures par jour, ce sont 20 heures d'images qui ont été stockées puis minutieusement étudiées par des spécialistes du plantigrade. « C’est la première fois qu’un ours sauvage est ainsi filmé en Europe, explique Henri Cap, éthologue et gestionnaire des collections de zoologie au Muséum d’histoire naturelle de Toulouse. L’expérience a déjà été menée en Amérique du Nord, sur des grizzlis. Mais elle était destinée aux chercheurs afin de recenser le nombre d’ours dans la région » explique-t-il. Ce projet, issu d'une collaboration entre le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse et le réalisateur animalier Michel Tonelli, répond avant tout à une exigence : populariser l’ours auprès du grand public. « Ces vidéos accompagnent l’exposition "Ours, Mythes et Réalités*" actuellement au Muséum, poursuit Henri Cap. Le but de ce projet a été dès le départ de faire mieux connaître les comportements de l’ours brun d’Europe en se mettant à sa place, en pénétrant dans la boîte noire de l’animal, dans l’umwelt, c’est-à-dire l’univers propre spécifique de l'espèce. »

Point de vue de l’animal

Sur ces images, on peut voir le plantigrade, nommé Tolosa, mangeant des larves, ronflant allongée sur le côté ou encore secouant des arbres… Des séquences qui, en montrant le point de vue de l’ours, apportent des informations qui complètent les connaissances accumulées par les scientifiques, ou qui les corroborent : « Leur régime alimentaire est majoritairement végétivore avec quelques larves d'insectes, précise le scientifique. Avant, on analysait leur alimentation en étudiant les excréments. Grâce à ce projet, on voit l’ours se dresser sur ses pattes pour accéder à la nourriture ». Autre séquence qui restera dans les esprits : à la vue d’une cabane, Tolosa tourne la tête et déguerpit rapidement. « Elle y a manifestement vécu une mauvaise expérience et elle s’en souvient » analyse Henri Cap. Une preuve supplémentaire de l’intelligence de l’ours pour le chercheur.

Mais le projet, initié à l’automne 2013, ne s’est pas fait sans difficulté. Tolosa a été sélectionnée selon des critères précis, en Slovénie, véritable nurserie de réintroduction des ours en Europe : « Nous devions trouver une femelle à tout prix, car les mâles se battent fréquemment et cela aurait pu endommager la caméra. Mais il fallait également trouver une femelle sans oursons, pour ne pas mettre la vie de ses petits en danger ». Un collier muni d’une caméra, d’un GPS et d’une fréquence VHS - pour améliorer la géolocalisation du matériel - est alors posé sur une belle femelle âgée de 4 ou 5 ans, capturée le temps nécessaire pour l’équiper puis relâchée. Tolosa, prénommée ainsi en l’honneur de la cité toulousaine, portera la caméra pendant un mois, avant que l’appareil ne se détache de lui-même… et ne soit récupéré par l’équipe scientifique.

« Animaux très intelligents et sensibles »

Au-delà de leur aspect insolite, ces vidéos apportent un autre regard sur les ours en général : « Ce sont des animaux très intelligents et sensibles, qui se montrent plutôt méfiants vis-à-vis de l'homme » analyse Henri Cap. Dans le contexte très particulier du plan ours, qui suscite depuis des années un débat passionné entre pro et anti dans les Pyrénées, ces images sont précieuses : « Les anti-ours disent que ce ne sont pas des ours adaptés à la montagne à cause de la chute de Palouma**, poursuit Henri Cap. Or plusieurs séquences montrent au contraire que les ours slovènes sont très à l'aise sur les falaises rocheuses ». L’autre intérêt de cette aventure aura été de tisser des liens entre des hommes et Tolosa, représentante d’une espèce « encore trop méconnue par les populations au moment même où une circulaire ministérielle interrogeait sur l’utilité de l’ours au sein de la biodiversité pyrénéenne » conclut l’éthologue. Une compilation réalisée à partir des images les plus intéressantes est également visible au Muséum et sur le site du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.

Infos pratiques

*Exposition « Ours, Mythes et Réalités »
Jusqu’au 29 juin 2014 au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse
35 Allée Jules Guesde 31000 Toulouse
Renseignements au 05 67 73 84 84 ou sur www.museum.toulouse.fr 

**Palouma, femelle ourse de souche slovène introduite le 25 avril 2006 dans les Pyrénées et retrouvée morte le 1er septembre 2006 après une chute.

Photo : © Michel Tonelli-Blizzard Productions