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Urgence

Pourquoi des milliers d’oiseaux s'échouent sur la côte atlantique ?

Pourquoi des milliers d’oiseaux s'échouent sur la côte atlantique ?

Photo : © Volée de Piafs

Poussés par les vents violents, des milliers de cadavres d’animaux sont actuellement recueillis dans les centres de sauvegarde de l’Ouest de la France. La Fondation 30 Millions d’Amis fait le point.

Les tempêtes Petra et Qumaira font également des victimes parmi les oiseaux, qui s’échouent par milliers sur les plages du littoral atlantique. Pourquoi une telle hécatombe ? Les tempêtes de ces derniers jours - qui ont mis trente-six départements français en alerte - ont frappé de plein fouet des populations aviaires déjà fragilisées. « Les vents violents ont commencé il y a plusieurs semaines au Nord de l’Europe, explique Mickaël Potard, coordinateur au sein de la LPO* Pays de la Loire. Pour des oiseaux, cela équivaut à être placé dans un tambour de machine à laver… Ils en ressortent profondément épuisés ». Les principales victimes collatérales des récentes intempéries sont les macareux moines, qui représentent selon la LPO les 2/3 des oiseaux échoués, aux côtés des guillemots de Troll et des pingouins torda. Alors qu’on les trouve habituellement à cette période de l’année vers les côtes de la Mer d’Irlande, la puissance du vent les a déplacés vers la côte atlantique.

Epuisement et dénutrition

C’est donc la fatigue, mais aussi la raréfaction de l’alimentation, qui explique les milliers de cadavres d’oiseaux échoués depuis plusieurs jours. « Lorsqu’une tempête se produit, le vent décolle les sédiments présents au fond de l’eau, poursuit Mickaël Potard. Celle-ci devient trouble et il est très difficile de trouver des poissons ». Les macareux moines ne sont pas seulement épuisés. Ils sont en état de dénutrition avancée, et pèsent environ 200 grammes… « alors qu’ils devraient en peser le double, entre 360 et 480 grammes » explique l’expert.

Mais un autre facteur aggraverait cette situation déjà critique : les plumages de certains oiseaux sont maculés de boulettes de mazout. « Leur origine n’a pas encore été déterminée, mais il est certain que cela contribue à augmenter le nombre de cadavres » nuance M. Potard. Certains gros bateaux ont-ils profité des avaries pour dégazer sauvagement ou ces plaques proviennent-elles d’anciennes épaves ? Pour Marie Sillières, cofondatrice du centre de sauvegarde de Languidic (56), « le doute n’est pas permis, car le fait que certains oiseaux soient couverts d’huile de moteur indique qu’il s’agit de bateaux actuellement en train de naviguer ». Des analyses par les experts du CEDRE** sont toujours en cours pour confirmer cette hypothèse.

Gestes d’urgence

Selon les premiers chiffres avancés par la LPO, 5 000 oiseaux se seraient échoués sur les plages françaises ces derniers jours. Pour la seule région des Pays de la Loire, 900 volatiles - parmi lesquels 668 macareux moines - ont été retrouvés morts. « Nous soignons actuellement une dizaine d’oiseaux, déplore Mickaël Potard. Les autres sont trop faibles pour que nous parvenions à les sauver. » Un constat malheureusement partagé par Marie Sillières : « Sur les 140 oiseaux que nous avons récupérés, 82 sont morts » déplore la jeune femme.

La Fondation 30 Millions d’Amis rappelle les bons gestes à effectuer en cas d’urgence : si vous trouvez un oiseau vivant, veillez à ne pas l’effrayer. Placez-le à l’intérieur d’un carton muni de rabat, et tapissé d’une serviette. Fixez à l’intérieur une bouillotte ou une bouteille d’eau chaude. « Il faut garder l’animal dans un endroit calme et chaud, précise Marie, et contacter le centre de sauvegarde le plus proche ».

*Ligue pour la Protection des Oiseaux
 **Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux